samedi 6 juin 2020
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Comme tous les enfants le savent, « les petits poissons, dans l'eau, nagent, nagent, nagent... aussi bien que les gros », ceux-ci, appelons-les Youness et Riad, se sont faits pêcher le 27 avril par la police en intervention sur la Chanaye, dans « un salon de thé dans lequel on ne vend pas que du thé ».

 Du thé, dans le salon de thé, mais aussi 1,6 kg de drogue,
et des lunettes de marque provenant de vols

« Opération coup de poing », lit-on dans un procès verbal. A 17 heures les policiers débarquent dans les 3 cafés de la Chanaye en même temps. Dans celui qui se trouve place Salvador Allende, ils observent, à leur arrivée, deux jeunes hommes qui se déplacent à toute vitesse pour s'asseoir dans la salle.

Riad, 26 ans, au chômage, divorcé et père d'un enfant, se présente comme un client lambda, mais il ne l'est pas, il a la charge de cette partie du café, la « partie arabe » comme dit son propriétaire qui a scindé l'établissement en deux. Les turcs d'un côté, les arabes, toutes nationalités ou origines confondues, de l'autre. Le charme de la cohabitation.

Ce monsieur possède les deux cafés de la Chanaye, et dira avoir embauché Riad il y a peu, lui avoir confié les clés du commerce, sa gestion, et avoir demandé un loyer de 2000 € par mois.

 

Mais Riad n'est pas déclaré et n'a jamais payé de loyer. En revanche il a les clés, et assure les courses pour le café. Le salon de thé, plutôt. Le propriétaire tient à cette appellation. On y sert du thé, sans aucun doute, et puis on pouvait y acheter également des lunettes de marque, encore munies de leurs antivols. La police trouve un cahier de comptes des ventes de lunettes.

 

La responsabilité en reviendrait à Youness, 28 ans, en rupture de CDI après plusieurs années d'usine, qui lui aussi s'est agité à la vue des bleus, et qui, à coups de talons, planquait en vitesse un paquet sous une banquette. De la drogue, du cannabis. Pour un total d'1 kg 600. La police en retrouve dans le comptoir, dans un bonnet, dans un sac de pharmacie, etc.

 

On leur reproche de s'être concertés, alors qu'on les a placés dans la même cellule...

 

Le 29 avril dernier, à l'issue de leur première comparution, les jeunes hommes étaient placés en détention provisoire, entre autres pour éviter « une concertation frauduleuse ». Et, en toute logique, les hommes passent un peu plus de deux mois ...dans la même cellule.

Aujourd'hui à l'audience, Youness va prendre tout sur lui : toute la drogue, et les lunettes. Rebondissement inattendu, y compris pour son avocat. Riad, lui, réexplique, comme il l'a toujours fait, qu'il est innocent.

Les magistrats en doutent : qui peut ignorer qu'au minimum un trafic a lieu dans le « salon de thé » quand des plaquettes de drogue sont rangées sous le comptoir du bar ?

 

Le Parquet va affirmer que ces aveux inattendus sont le fruit d'une concertation, et d'un arrangement entre les deux, puisque Riad est en état de récidive légale, il encourt une peine plus lourde. La procureur requiert 18 mois de prison dont 6 mois avec sursis et un SME contre Youness, et 24 mois de prison contre Riad, et puis des amendes et le maintien en détention des deux poissons, dont à ce stade on ne sait plus s'ils sont petits, ou moyens, ou les dupes d'un marché passé avec des gros.

 

La famille et les proches, partagés entre la douleur, le chagrin, et le déni

 

L'ambiance dans la salle est tranquille, familiale. La mère de Riad va encaisser avec douleur la lecture des faits, confrontée crûment à la réalité du bain dans lequel nage son fils, sans que rien de plus ne vienne prouver le degré d'implication de celui-ci. Mais un bain est un bain, et une audience est un révélateur sans concession des réalités qui sont à la maison maquillées et travesties pour rester supportables, justement. Pour la fiancée de Youness il en va autrement, ce sont des hommes gentils, on les aime, et de toute façon « ça trafique dans tous les quartiers de Mâcon », alors pour savoir la vérité...

 

« Un coup de filet mais pas un coup de maître », deux petits poissons, c'est peu,
et qu'en est-il du propriétaire de ces cafés ?

 

Les avocats par contre, en voient d'autres, et ne vont pas laisser passer la lecture de la « concertation » quand celle-ci est littéralement provoquée par la mise en détention. Ironique et incisif, Maître Charle, du barreau de Lyon, plaide la relaxe de son client, Riad, faute de preuves pour le condamner, et met en cause le propriétaire, qui semble se laver les mains bien rapidement et à peu de frais, sur le dos de Riad, d'un trafic qui se déroule chez lui.

« Cette opération menée sur les 3 cafés en même temps sent le tuyau à plein nez, elle a été déclenchée sur dénonciation c'est évident. Et puis on n'a pas fait le moindre relevé d'empreintes. » 

 

Maître Braillon intervient pour Youness, qui vient donc de prendre sur lui une partie des charges : il gardait toute cette drogue pour rendre service à « une connaissance » qui « avait appris que les flics tournaient sur la Chanaye » et se délestait de son produit... Les deux jeunes hommes ne sont pas réellement crédibles, mais pour la défense il reste inacceptable de les avoir incarcérés ensemble puis de se servir de ça contre eux.
« On obtient des résultats à la hauteur des moyens qu'on met en œuvre : on favorise la concertation, on a une enquête indigente, sans vérifications, et on compose une histoire avec des éléments disparates. On a fait un coup de filet, et attrapé deux poissons, ce n'est pas un coup de maître. Le café a été fermé 15 jours... ça a gêné un trafic qui a dû attendre un peu avant de reprendre, mais rien ne démontre le niveau d'implication de mon client dans ce trafic, il ne reconnaît pas d'acquisition. On a arrêté deux lampistes. »

 

Verdict

 

Les juges relaxent Youness et Riad des délits d'offre et de cession de stupéfiants, mais les déclarent coupables du reste de la prévention, et les condamnent chacun à 18 mois de prison ferme, et à des amendes de 1500 €.
Maintien en détention, direction Varennes.
Les petits poissons peuvent prendre gros.

F. Saint-Arroman

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