samedi 21 septembre 2019

Avec des accents rappelant ceux de Raffarin, alors Premier ministre de Chirac, qui déclarait en 2003 lors des mobilisations contre la contre-réforme des retraites « Le Parlement doit décider, la rue doit défiler, mais ce n’est pas la rue qui gouverne », Myriam El Khomri s’en va, répétant qu’elle ne cédera pas à la rue et ne retirera pas la loi travail...

Elle se sent malgré tout obligée de rappeler qu’elle est « une femme de gauche » et d’ajouter : « la rue, j’y ai suffisamment manifesté pour en entendre et en accepter aujourd’hui l’écho »...

 

Qui décide ?

Sa justification n’en est que plus explicite : El Khomri entend la rue, peut-être, mais elle la méprise encore beaucoup plus sûrement : «  Bien sûr, nous aurions pu renoncer et choisir le confort de l’inertie, la popularité du silence. Réformer n’est jamais simple. Renoncer est plus confortable. Mais mieux vaut être jugée sur une audace que sur une posture. » Elle exprime tranquillement toute la morgue des gouvernants, de ceux qui décident à notre place. De leur côté, l’« audace » et la réforme ; du côté de la rue, donc du nôtre, le « confort de l’inertie » et du renoncement... Elle fait ainsi écho à la rengaine des directions d’entreprise sur les fameuses « résistances au changement » des salariéEs... à chaque fois que ces dernierEs s’opposent aux licenciements, restructurations, dégradations des conditions de travail...

Derrière tout cela, il y a une seule et même idée fondamentale : les patrons, les gouvernants sauraient ce qui est bon et juste, donc ils pourraient et devraient décider, contre l’avis des premierEs concernéEs qui eux n’en seraient pas capables, trop englués dans – au choix – les habitudes, les égoïsmes, les visions à court terme...

 

Un système illégitime qui marche au pas

Au-delà de l’exigence du retrait de la loi travail, la question de qui est légitime pour décider est posée largement. Contre-réforme après contre-réforme, les gouvernements successifs imposent la destruction de la protection sociale, des services publics, et aujourd’hui du Code du travail, tout cela au nom du « c’est pour votre bien » et sur l’air de « faites nous confiance et ça ira mieux demain »... Pourtant, leur bilan est sans appel : ils n’ont aucune légitimité pour nous imposer de nouvelles régressions.

S’y ajoute la révélation des différents scandales – Panama Papers, salaires exorbitants des grands patrons, détournement des fonds sociaux par les grands groupes capitalistes... –, le constat chaque jour plus évident des ravages du productivisme sur le climat, la biodiversité, la santé...

Dans ce panorama, la répression occupe une place centrale, depuis l’état d’urgence en passant par le racisme d’État et aujourd’hui les violences policières contre les manifestantEs... Après le coup d’État de la troïka contre le peuple grec, tous ces éléments concourent à mettre en évidence combien illégitimité et violence extrême de ce système marchent d’un même pas cadencé.

 

Les censurer dans la rue

La question de la démocratie est au cœur de la révolte actuelle « contre la loi travail et son monde ». Alors que le débat s’est ouvert mardi 3 mai à l’Assemblée nationale sur ce projet de loi, le gouvernement a décidé de passer en force, d’utiliser la méthode du coup d’État, en recourant à l’article 49-3 de la Constitution pour faire adopter la loi travail sans vote. Le divorce est aveuglant entre d’une part ces institutions et de l’autre l’immense majorité de celles et ceux qui verraient leurs conditions de vie et de travail aggravées. C’est donc peu dire qu’« ils ne nous représentent pas ! »

 

L’enjeu des prochains jours est là : il s’agit de renvoyer comme un boomerang à ce gouvernement son acharnement à passer en force, qui use et abuse des institutions antidémocratiques et de la violence d’État. Dans la foulée de l’état d’urgence, il pensait pouvoir tout se permettre, mais ça ne passe pas, le refus est majoritaire, même si son expression reste encore à construire. Le gouvernement est aujourd’hui en mauvaise posture, le PS est dans une crise profonde. Cela offre au mouvement social une possibilité de gagner, d’enregistrer enfin une victoire !

 

Plus que jamais, l’épreuve de force est donc engagée : ce gouvernement n’est plus légitime ni pour la population ni chez les travailleurs ni à gauche. Sans aucune hésitation, dégageons-le et pour cela amplifions les mobilisations. Dans ce cadre, la journée du 12 mai prend une autre dimension : elle doit être une vraie journée de grève interprofessionnelle pour commencer à bloquer le pays pour censurer le gouvernement et sa loi. Dans la foulée, occupons les places pour décider ensemble des suites de la mobilisation.

 

Le mouvement actuel ne porte pas seulement la contestation radicale du système politique actuel, en particulier avec Nuit debout, il cherche à construire lui-même ses propres réponses sociales, démocratiques, écologiques, à dessiner une autre société à partir des luttes et résistances. Alors que depuis trop longtemps, l’absence de représentation politique des exploitéEs et des oppriméEs laisse le champ libre à la désespérance et aux réponses autoritaires de l’extrême droite, c’est aussi cette possibilité de « nous représenter nous-mêmes », de construire nos propres outils politiques, qui peut avancer.

 

Le NPA 71 (Nouveau Parti Anticapitaliste)

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