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« Un cri de ralliement français », selon l’édition internationale du New York Times. Le film arrivait hier soir à Mâcon.

Le film réalisé par François Ruffin et ses collègues journalistes du journal satirique Fakir sur Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, a été projeté, en première à Mâcon, jeudi soir, à Cinémarivaux, en présence de plus de 300 personnes.

« Merci, patron ! » c’est l’histoire de Jocelyne et Serge Klur, un couple de quinquagénaires chômeurs suite à la fermeture de leur usine par Bernard Arnault pour délocaliser en Pologne la production de vêtements hauts de gamme. Le journaliste François Ruffin les aide à demander en compensation de l’argent au patron de LVMH qui, à travers ses intermédiaires (un ancien commissaire divisionnaire des renseignements généraux), était d’accord pour éviter la publicité négative. L’aventure, digne d’un film de fiction, est filmée à l’insu des gens du groupe de luxe et deviendra le film qui a été déjà vu par plus de 260 000 personnes dans toute la France et, désormais à Mâcon.

Sylvain Laporte, journaliste à Fakir, était l’invité de la projection de jeudi soir au Cinémarivaux pour parler de la réalisation du film et de ce qui s’est passé, après l’issue du film avec les protagonistes. Le but initial était de faire des reportages sur la situation sociale des anciens ouvriers de l’usine fermée, mais la façon de réagir de LVMH les a convaincus de faire un film : « On voulait faire un film populaire, rythmé avec de l’action et où on se marre un peu à partir de la situation des ouvriers qui ont été licenciés par LVMH à Poix-du-Nord. On ne voulait pas que ça soit avec des économistes, des historiens, des intellectuels qui nous disent où on est avec le capitalisme et que la lutte de classe continue. On voulait quelque chose qui parle aux gens. »   

La concrétisation du projet est due aux gens qui ont fait confiance aux journalistes de Fakir : « On doit remercier à Marie Hélène Bourlard, déléguée syndicale CGT de l'entreprise textile ECCE ( Poix-du-Nord). C’est grâce à elle, c’est par elle, la confiance qu’elle a en nous, que vous avez pu voir la famille Klur s’épanouir à l’écran ce soir. Sans elle il n’y aurait pas d’histoire. Car, ce qui fait peur à LVMH ce n’est pas Fakir, mais le mouvement ouvrier organisé, incarné par Marie Hélène Bourlard. Les Klur n’auraient pas gagné sans tout ça. (…) Ce n’est pas autant la question  de l’argent, qui leur à permis de garder leur maison, c’est plutôt la dignité qu’ils ont retrouvée dans cette affaire là, retrouver du travail. »  

Sylvain Laporte dit que, depuis la sortie du film, le groupe LVMH (Louis Vuitton Möet Hennessy) ou Bernard Arnault n’ont pas réagi et ont laissé tranquilles Jocelyne et Serge Klur, mais aussi les réalisateurs du film, car il y aurait le risque de faire parler de nouveau publiquement des pratiques économiques et sociales au sein du groupe de luxe.

Le film, qui marque le début cinématographique pour François Ruffin, a été considéré par le New York Times comme un documentaire en style guérilla, et comparé avec les documentaires du réalisateur l’américain Michel Moore.

Cristian Todea

« Merci Patron » sera sur les écrans de Cinémarivaux samedi (16 avril), dimanche (17 avril) et lundi (18 avril) à partir de 18h00.

(photo d'accueil : Sylvain Laporte, journaliste à Fakir)

 ATTAC Mâcon à l'origine de la venue du film à Mâcon