L'expression "travailleur pauvre" ne devrait pas exister, et nous ne devrions pas nous y habituer, pour autant elle désigne les personnes qui bien qu'ayant du travail, vivent en dessous du seuil de pauvreté, et en réalité, il n'est pas difficile de se trouver dans cette situation...

 

...il suffit de percevoir des revenus annuels inférieurs au salaire minimum, sans autres rentrées d'argent, ou de travailler à temps partiel, ou quelques mois, ou... toutes les situations dites de précarité sont concernées. "Précarité", un autre mot passé dans le langage habituel.
La fameuse journée des droits de la femme, qui devient facilement ici ou là, la journée de la femme, se profilant, on rappelle qu'en dessous du SMIC, on trouve 80 % de femmes. Le SMIC correspond à 1466.62 € brut par mois (en enlever environ 20 % pour avoir le net).

Ce phénomène social ne cesse de prendre de l'ampleur, et le ressenti d'une injustice sans nom s'accroît aussi : dans un pays riche comme la France, qui revendique la valeur "travail", le fait d'exercer un emploi ne garantit plus de sortir de la pauvreté... C'est ce que pointe le journal La Croix, qui fait l'analyse d'un sondage CSA qu'il avait demandé. 

L'observatoire des inégalités évaluait, en fin d'année 2015, à 1 million le nombre de personnes vivotant avec à peine plus de 800 € par mois : "Ce phénomène de travailleur pauvre résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternance de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité." ,  "un million de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l’emploi, allocations logement, etc.) ou intégré les revenus de leurs conjoints, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté."  

Cela génère, d'après le journal La Croix, "une défiance horizontale, qui oppose les travailleurs pauvres aux chômeurs ou aux immigrés"... Pour Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, ce ressenti très pessimiste est surtout lié au contexte politique : l'écart entre les discours publics et les actes n'est plus tenable. C'est selon l'édito l'aspect le plus inquiétant qui ressort du sondage, et le moins étonnant.

 

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