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Adam Jacek Winkler est mort en 2002, lors d'une ascension solitaire du Mont Blanc. Sa fille, présente à la projection, a répondu à Mâcon Infos : « Etre juste avec soi même, avec le monde, trouver sa place, être cohérent. »

 

L’Embobiné avait programmé mardi 19 janvier « La montagne magique », film animé réalisé par Anca Damian (Roumanie) sur la vie de Adam Jacek Winkler, d’après un scénario écrit avec la fille de celui-ci, Ania ; Ania, qui était d’ailleurs présente pour la rencontre avec le public mâconnais.


Le film, d’une beauté visuelle remarquable , réalisé en plusieurs techniques d’animation, demandait la présence d’Ania Winkler pour assurer le spectateur que l’histoire qu’il vênait de voir et d’écouter était vraie : l’aventure de ce Polonais incroyable qui avait décidé de lutter à côté des Afghans contre les Soviétiques dans les années 80.


Ania Winkler a accordé une interview pour les lecteurs de Mâcon Infos :


Qu’avez-vous pensé quand une réalisatrice roumaine, Anca Damian, vous a proposé de faire un film sur la vie de votre père qui n’est pas un personnage très connu en dehors de son pays ?
AW : J’étais intriguée par qui était cette personne parce qu’en fait j’ai voulu moi-même faire un film (Ania Winkler est photographe et réalisatrice de films aussi). J’ai porté ce projet pendant 5 ans à peu près avant que Anca Damian me contacte. Ca n’a pas été simple pour moi, mais, après avoir vu ce qu’elle avait fait auparavant j’ai fini par lui confier mon histoire.


Etes-vous contente du résultat ?
AW : En général je suis assez contente. Esthétiquement je trouve que c’est très fort. Je trouve que la réalisatrice a réussi à comprendre un petit peu ce que j’ai essayé de lui transmettre elle a réussi à orchestrer les choses pas si mal parce que ce n’était pas simple.


Votre père, avait-il un message pour le monde et que ce film porterait ?
AW : Je ne sais pas s’il faisait les choses en pensant avoir un message. Il faisait les choses en étant cohérent avec sa vie, avec ses pensées, avec un engagement profond et avec un chemin qu’il a fait. Chemin qui a notamment évolué avec les afghans qui lui ont transmis une sorte de sagesse et qui l’a touché. Et je pense que ça existe dans le film, effectivement. Après je ne suis pas sûre qu’on comprenne toujours ses motivations mais je pense qu’on comprend un lien entre  l’absolu et l’humain, qu’on est là et n'avons pas à rester juste assis. Allons jusqu’au bout de ce qu’on est, de ce qu’on pense. On est comme des étoiles dans tout ça et je pense que ça se ressent dans le film. Il ne me l’avait jamais dit comme ça qu’il avait un message. Peut-être d’être juste avec soi même, avec le monde, trouver sa place, être cohérent.


C’est un film fort esthétiquement. Et ça estompe un peu l’histoire, le personnage…
AW : Quand j’ai commencé à travailler avec Anca Damian je lui ai beaucoup parlé du fond, de l’âme, de l’histoire mais aussi de l’esthétique. Je lui disais aussi à quel point tout était lié. Mon père c’était quelqu’un passionné d’art il a fait l’histoire de l’art et on était assez complices. Et j’ai beaucoup transmis de l’univers visuel de mon père. J’espère que c’est le mélange des deux qui parle aux gens.


Votre père est connu en Pologne même s’il a quitté son pays pour la France en première phase, et puis pour l'Afghanistan. Mais son âme est resté finalement près des Afghans...
AW : Il y avait des gens qui ont voulu faire des films sur lui, écrire des livres sur lui. Il a toujours refusé. Il m’a dit que je fasse un film plutôt sur l’Afghanistan. J’ai dit non, il y a plein de spécialistes je veux parler de toi. Et il disait qu’il avait fait ce qu’il avait à faire et basta ! Mais finalement il a fini par accepter. Il a beaucoup regretté de n’avoir pas pu s’engager plus. Il aurait aimé ouvrir une école en Afghanistan. Il a fait une grande exposition photo à Cracovie en 2000 et il voulait faire réagir les gens sur l’Afghanistan. Il avait des regrets que tout partait en vrille dans ce pays là à cause des talibans qui ont tué un de ses compagnons de guerre contre les Soviétiques, le commandant Massoud. (qui a été tué en 2001, deux jours avant l’attaque sur les tours jumelles de World Trade Center à New York qui ont entraîné les représailles américaines en Afghanistan, ndlr) .

 

Le film La Montagne Magique sorti en décembre 2015 dans les cinémas a déjà reçu une mention spéciale au festival International de Karlovy Vary et celui d’Ottawa, a été choisi pour la sélection officielle au festival d’Annecy et a reçu le grand prix « Licorne d’or » au festival de film d’Amiens, tout comme le prix spécial du jury au festival Budapest Anilogue.

Cristian Todea

 

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Ania Winckler, grand témoin de ce que son père voulait transmettre de l'Afghanistan

 

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Adam Jacek Winckler et le commandant Massoud

 

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Ania Winckler et l'équipe de l'Embobiné

 

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...avec Hélène Truc, présidente de l'Embobiné

 

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...avec Karine Miralles, professionnelle des techniques d'animation à Labodanim, installé à Mâcon