vendredi 22 février 2019

tb.jpg

Il comparait pour « inéxécution d'un travail d'intérêt général » de 90 heures... Une peine prononcée il y a 3 ans (!) par le Tribunal pour Enfants. Le prévenu a 21 ans, et quittera la salle en gratifiant le Procureur d'un doigt d'honneur...

 

Dimitri est en prison depuis 18 mois, et pour encore 18 mois, en raison du cumul de nombreuses peines, parfois très courtes, d'autres moins.

21 ans, bientôt 22, et 16 fois condamné, Dimitri. Pour usage de stupéfiant, conduite sans permis, vols, port d'arme, dégradations, et puis, évidemment, évidemment, des faits de rébellion, outrage et violences contre des policiers, en 2014 à Montpellier : comparution immédiate, 18 mois.

 

Un chat sauvage qui ne veut plus de son passé

 

Il y a parfois des histoires comme celle-ci qui évoquent le broyage, quelque chose de l'ordre d'une mécanique qui va accomplir son œuvre, de façon systématique, une condamnation en appelant une autre, et ce chat sauvage, frondeur, insolent, provocateur, qui se débat sans personne autour de lui que son avocate et sa conseillère pénitentiaire de probation et insertion (CPIP), finit par alimenter la machine, chaque blessure provoquant une réponse violente, et ainsi de suite.

Personne ? Son père est décédé, sa mère n'a plus aucune relation avec lui. Du reste il n'a aucun soutien dans la salle. Personne, donc.

Mais Dimitri interdit à son avocate d'exposer des éléments de son histoire au Tribunal, il ne veut pas de contexte, pas de son histoire, il ne veut plus. C'est comme s'il n'avait plus de passé. Seulement un présent. En prison. Il a juste exprimé sa peur de mal tourner en prison, de devenir un petit caïd. Alors Maître Charrier, de Chalon-sur-Saône, a relayé cette peur.

 

Peur de « mal tourner »

 

Peur de « mal tourner », on pourrait penser que c'est déjà fait : grand délinquant si jeune, n'est-ce pas avoir « mal tourné » ? Du point de vue de Dimitri, non : mal tourner, pour lui, c'est sentir qu'il risque de devenir un homme forgé par la prison, sans autre choix, en être le produit. Et ça l'effraie.

Justement le Président l'interroge à cet endroit : pourquoi, alors qu'une possibilité de faire les heures de travail d'intérêt général aux Jardins de Cocagne, se présentait, en 2014, pourquoi n'est-il tout simplement pas allé à l'entretien préalable avec la directrice des Jardins ? Et pourquoi n'avoir pas prévenu de sa défection ?

« Parce que c'est trop loin », « parce que j'avais pas de crédit dans mon téléphone ». Réponses d'un gosse qui fait la forte tête.

Plus on le questionne, plus Dimitri est nerveux. Le Président insiste : le TIG est une peine subsidiaire, qui évite la prison, pourquoi n'avoir pas tout mis en œuvre pour faire les 90 heures ?

« Vous n'essayez pas de comprendre ! » lance le jeune homme.

 

Une cuillère de mépris

 

Dans la foulée le Président demande au Procureur s'il a des questions à poser au prévenu. Le Procureur jette avec un ton de grande lassitude « Oh non ! » et termine : « Surtout pour ce genre de réponses ! ».

Penser que compte tenu des places occupées par les magistrats, qui sont surélevés (concrètement et symboliquement) par rapport à la salle, quand ça tombe, ça tombe de haut, et ça pèse plus lourd.

Dans ces conditions la lassitude teintée de mépris est écrasante. Dimitri claque de sa main le bord du box, et prend la salle à témoin, la cherchant pendant 2 secondes avec l'expression qui veut dire : « Vous voyez !, vous voyez qu'ils ne cherchent pas à comprendre, qu'ils ne cherchent pas à me comprendre, qu'ils me cassent, qu'ils me jettent. »

 

Une logique destructrice

 

Que quelque chose se joue, soit joué, dans les provocations du garçon est une chose. Que ça marche en est une autre. Il a 21 ans. Voilà 18 mois qu'il est en prison, et pour 18 mois encore, sans compter la dernière peine, de début décembre, d'1 an. Son avocate avait fait une demande d'aménagement de peine, qui a été rejetée. C'est dans la logique des choses, certainement, le rejet suscitant le rejet. Du coup, et alors que son comportement était « exemplaire », Dimitri a provoqué deux incidents disciplinaires récemment, dont insultes à un surveillant. Avec ça il a fait appel du rejet d'aménagement, et s'expose donc à un nouveau rejet, et à faire une nouvelle fois la démonstration que la Justice provoque sa chute au lieu de la barrer. On lui a également, en punition, retiré son crédit de réduction de peine de 29 jours.

 

Un doigt d'honneur au ministère public

 

Pour les 90 heures de TIG non exécutées, Le Parquet requiert 4 mois fermes.
La nervosité de Dimitri grandit encore, il mange son poing droit avec sa main gauche.

Le Tribunal le condamne à 4 mois fermes.

Dimitri se dresse, son corps fin et longiligne se creuse en arc, son buste franchit la limite du box, l'escorte (deux hommes) le contient, le retient, doucement. Quatre mains posées sur lui, qui l'entourent.

Et Dimitri répond au mépris. Il fait un doigt d'honneur en direction du Procureur, le regardant dans les yeux. Le magistrat ne cille pas, ses lèvres dessinent une moue, du genre « Ben dis donc, si tu n'as que ça à dire »... Le jeune homme est menotté.

 

« Seulement c'est malheureux qu'ils demeurent si vaches avec tant d'amour en réserve, les gens. »

 

Les deux gendarmes vont le remmener au centre pénitencier. Ils lui parlent, ils essaient de lui dire quelque chose qui ait un effet un peu constructif, ils trament ce qui visiblement manque à ce garçon, quelque chose de l'ordre de l'humanité qui est la sienne et qu'il a peur de perdre en prison. Les gendarmes le ramènent un peu plus parmi nous, et c'est touchant. Très. Car il ne suffit jamais de se frotter à la loi pour qu'elle prenne du sens, et dans le présent de Dimitri, tout ce qui nous est donné à voir c'est un gosse qui pressent que sa vie entière risque d'être laminée par l'incarcération.

On laisse une conclusion possible à Louis Ferdinand Céline, dans Voyage au bout de la nuit : « Je l'avais bien senti, bien des fois, l'amour en réserve. Y'en a énormément. On peut pas dire le contraire. Seulement c'est malheureux qu'ils demeurent si vaches avec tant d'amour en réserve, les gens. Ça ne sort pas, voilà tout. C'est pris en dedans, ça reste en dedans, ça leur sert à rien. Ils en crèvent en dedans, d'amour. »

 

Quand c'est « pris en dedans », au point de ne plus vouloir le savoir, au point de se démerder avec des fuck au représentant de l'autorité publique, laquelle répond avec sa force, parfois assortie de mépris, on peut en crever, c'est vrai. Et « mal tourner ».

 

Florence Saint-Arroman

MÂCON-LOCHÉ : Suicide sur les voies du TGV

L'accident est survenu ce début d'après-midi sur les voies de la ligne TGV, allant de Mâcon à Lyon.

TRIBUNAL DE MÂCON : Contrôlé deux fois en une semaine au volant alors qu’il n’avait pas le permis

TGI_MACON.jpg
A 64 ans, Patrick est bien connu des services de police : 24 mentions au casier judiciaire !

TRIBUNAL DE MÂCON : Fou de jalousie, il frappe, insulte et crache sur tout ce qui passe

PALAIS DE JUSTICE MACON - 1.jpg
Kevin C., 31 ans, comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences commis le 10 décembre à Mâcon.

PONT-DE-VEYLE : Une maison en feu dans la grande rue

Feu_habitation_Pdv_161218 (5).jpg
ACTUALISÉ LUNDI 14H : Un appel urgent à une aide vestimentaire est lancé.

MÂCON : Une blessée grave dans une collision avec délit de fuite

ACCIDENT MACON RUE BIGONNET 0912 - 5.jpg
ACTUALISÉ : Un appel à témoins est lancé.

SAÔNE-ET-LOIRE : 3 morts dans un crash d'avion près de Charolles

Crash avion.jpg
Après des recherches par hélicoptère, l'avion a été localisé vers 14h dans le bois de Beaubery. Les trois occupants, pilote et passagers, sont morts carbonisés. ACTUALISÉ : Le procureur Eric Jaillet, qui s'est rendu place, a donné les 1eres informations en milieu d'après-midi.

TRIBUNAL DE MÂCON – Violences conjugales : jusqu'à la plaie et l'hématome au visage

VIOLENCE CONJUGALE MACON.jpg
Elle était là, assise en face de la juge, le visage marqué par les blessures. Son homme était à quelques mètres, dans le box des accusés, escortés par les gendarmes. Le couple s'est battu dans la nuit de mercredi à jeudi...

CHARNAY : Ivre au volant, il provoque un accident et fait 2 blessés

ALCOOL AUVOLANT A CHARNAY.jpg
ACTUALISÉ : Le verdict du tribunal de Mâcon

MÂCON : Embardées sur la route, sous l'emprise de la drogue et de l'alcool, et plus encore...

C'est au volant, peu après 21h, et pourtant interdit de séjour en Saône-et-Loire (sauf pour travailler) que Frédéric, 47 ans, commet cet acte délictueux ce dimanche soir place Gardon. ACTUALISÉ : La juge a décidé de son incarcération.

TRIBUNAL DE MÂCON : Ivre au volant, il avait percuté la voiture des gendarmes

TGI_MACON.jpg
Les faits se sont déroulés samedi à 00h40 à Tournus.