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Le documentaire réalisé par la journaliste Emilie Thérond sur son ancien instituteur a toutes les chances d’être une des plus émouvantes rencontres pour le public mâconnais en 2016. Le maître et son ancienne élève était à Mâcon ce lundi. Rencontre.

 

La réalisatrice et l’enseignant se sont arrêtés à Mâcon deux jours avant la sortie nationale du film ce mercredi, pour une projection au Cinémarivaux.
Jean-Michel Burel, instituteur et maître d’école depuis 1972 jusqu’en 2012 à Saint-Just-et-Vacquières (un village de 250 habitants dans le département du Gard) s’est mué en symbole le jour où son ancien élève, Emilie Thérond, a décidé de lui dédier un film. Elle l’a suivi chaque mois pendant sa dernière année d’activité au milieu de sa classe, jusqu’au moment émouvant de sa retraite. Le résultat est le témoignage sensible et personnel autour d’un instituteur et d’une école presque intemporelle, une belle histoire de vie, mais aussi une réflexion sur le rôle essentiel de l’école dans la vie d’un enfant.

 

« Ce film est une déclaration d’amour. J’ai voulu garder, préserver ,marquer ce que Jean-Michel Burel m’avait donné, ce qu’il avait donné au cours de ses 40 années dans l’enseignement, et je voulais que ça reste. Je voulais transmettre à mon tour les valeurs qu’il m’avait transmises, la manière surtout dont il l’avait fait.
J’ai voulu aussi rendre hommage à la profession car je me suis rendue compte, en faisant ce film, que je n’étais pas la seule adulte à se souvenir d’un instituteur ou d’une institutrice qui nous a marqué. On a tous quelqu’un qui a changé notre vie à qui on voudrait dire merci.
C’est le regard personnel d’une ancienne élève qui cherche à retrouver ce qu’elle a aimé, ce qui était important pour elle dans cet enseignement et, en même temps, l’histoire d’un homme qui se prépare à quitter son métier, sa passion. On est dans l’intimité de cet affection entre des élèves et leur instituteur », avouait la réalisatrice.

D’ailleurs, Emilie Thérond ne tarit pas d'élige quand il s’agit de parler de son ancien instituteur : « J’étais heureuse dans cette salle de classe avec lui, avec mes camarades. Et puis c’est toutes les valeurs humanistes qui nous faisait passer : ses poésies qu’il aimait, la manière dont il était avec nous, dont il enseignait l’histoire. Moi, j’ai été marquée par ses cours sur la Shoah par exemple. La condition humaine était au centre de son enseignement. »

 

Quant à Jean-Michel Burel, il est toujours aux côtés des enfants de son village : « Je suis toujours en contact avec les élèves, je suis toujours maire et la mairie est dans le même bâtiment que l’école. J’en avais besoin. Couper les ponts, rester chez moi, ça aurait été vraiment difficile. Et j’ai voulu être réélu maire pour ça. Il y a beaucoup d’anciens élèves qui viennent me voir aussi. »

Il admet que le projet du film a bousculé un peu sa vie : « J’étais le premier surpris, je ne m’attendais pas du tout à ça, mais je le prends très sereinement. Je sais que c’est un feu de pailles, ça ne durera pas. Je ne suis pas acteur professionnel, mais c’est très agréable se faire chuchoter, recevoir des compliments  parce que, pour l’instant, on n’a que des compliments pour le film. Je dois reconnaître que, quand je l’ai vu pour la première fois, Emilie m’a espanté, comme on dit dans le Midi. »

 

Jean-Michel Burel avait toujours assumé une façon d’enseigner très libre dans une école à classe unique où le même espace était partagé par des écoliers de différentes âges. Pendant plusieurs années, il a été même maître formateur et l’inspection académique a apprécié sa méthode qui alternait l’enseignement classique avec des sorties en nature. Une liberté d’enseignement qui n’existe presque plus. Il reste ce film, « Mon maître d’école », qui sortira dans les salles à Cinémarivaux à partir de mercredi 13 janvier.

Crisitan Todéa

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