mercredi 24 avril 2019

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Ça fait cher la gifle, d’ailleurs Sefai, 19 ans, en pleure : comment imaginer qu’il soit possible d’être incarcéré pour 4 mois, à cause d’une gifle dont il a gratifié un ex-pote il y a déjà 2 semaines.

Même la mère de l’ex-pote ne comprend pas : « ça fait trop ! » s’exclame-t-elle. Elle avait déjà trouvé dur de voir Sefai menotté au moment de son interpellation, mais là…

La mère de Sefai est tout simplement hébétée. Elle est venue assister à l’audience, pensant que les Juges lui donneraient la parole, mais son fils est majeur, alors il doit se débrouiller. Elle a même été rappelée à l’ordre pendant l’audience, parce que sa fille lui traduisait tout, et que ça gênait les débats. La famille est d’origine turque, Sefai, lui, est né à Mâcon, scolarisé jusqu’en seconde. Il est parti ensuite en Turquie pour étudier dans une école coranique, mais « c’était trop difficile ». Quatre mois plus tard il revenait. Depuis, il travaille en interim, quand ça se présente.

Pour comprendre quelque chose à ce verdict, il faut remonter dans le temps, et camper la toile de fond. Sans elle, c’est incompréhensible. Avec elle on a des éléments, du moins on le suppose. Ça n’est pas satisfaisant mais c’est ainsi.

 

Le contexte

Des jeunes gens sont entendus dans le cadre d’une enquête de police en cours pour trafic de stupéfiants, du cannabis, a priori. D’après la mère de l’ex-pote giflé, la police serait arrivée jusque dans son local à vélo, boulevard des Etats-Unis, pour un recel de vol : une moto. Dans le local, les enquêteurs auraient trouvé un couteau comportant des traces de résine de cannabis, le local est alors fouillé de fond en comble et, bingo !

A partir de là, son fils est entendu, et il dit avoir passé les clés à Sefai, ainsi désigné comme coupable. Sefai est placé en garde à vue pendant 24 heures, du 17 au 18 novembre dernier. Il sort du commissariat avant 14 heures. Son retour à la maison est violent : ses parents sont choqués, le traitent en délinquant, son père le frappe. Très en colère, le jeune homme croise en début de soirée son ancien ami, il veut discuter avec lui « qu’il prenne conscience de ce qu’il avait fait, dit, et des conséquences sur ma famille », mais il finit par craquer et lui balance une gifle « forte ».
Le giflé va porter plainte le soir même.

 

Un « petit caïd des quartiers » ?

Le Parquet décide de le poursuivre il y a 2 jours, soit 2 semaines plus tard. Sefai est arrêté, placé à nouveau en garde à vue, et ça ne se passe pas bien : hier soir, il se plaint d’avoir mal au ventre parce qu’il a faim. Il avait refusé le repas de midi. On lui donne le choix entre deux menus : un repas végétarien ou du bœuf aux carottes. Sefai s’énerve, il ne mange pas de porc, il veut du thon, il tutoie le policier et le menace : « Tu fais le malin, tu joues au cow-boy, mais quand tu seras à Auchan avec ta famille, tu feras moins le malin. »

Sefai n’est pas poursuivi pour cela, mais le Président veut donner les éléments, à charge, de contexte, pour montrer la logique à l’œuvre, selon lui, celle d’un « petit caïd des quartiers » qui ne supporte pas la frustration et qui n’a « rien appris » de ses antécédents : 2 condamnations par le Tribunal pour enfants, pour recels de vols, et un stage de formation civique en 2014 suite à des violences. Une joue, déjà, dont l’état avait nécessité 5 points de suture. Il a aussi 400 € d’amende pour conduite sans permis, toujours pas réglés.

 

Sefai se plaint d’avoir eu « une longue garde à vue », d’avoir été accusé d’un tas de choses pour lesquelles il n’a rien fait, le Procureur de la République va lui répondre. Sa garde à vue n’a pas duré 24 heures, et tant qu’à se comporter comme « un voyou », eh bien qu’il menace le Parquet puisque celui-ci envisage d’engager des poursuites contre lui pour trafic de stupéfiants, attendu que plusieurs témoins le désignent. Il requiert 3 mois de prison ferme.

On croit assister à un bras de fer, et c’est assez étrange, autour d’enjeux qui excèdent la gifle.

 

De « justes proportions » ?

Maître Bordignon, avocate de la défense, va plaider pour Sefai en s’en tenant à la prévention : si son client a commis d’autres infractions, qu’on le poursuive pour cela, mais qu’on le juge aujourd’hui pour des faits précis. Elle demande la requalification de « violences sur un témoin pour l’influencer ou par représailles » en violences simples, puisque Sefai n’est pas allé trouver son ancien copain dans l’intention de le frapper, mais pour discuter. Elle rappelle ce qu’elle sait de la famille : des parents présents qui n’ont rien de laxistes. Et elle lit le certificat médical établi par un médecin de ville suite à la gifle qui fait état d’une « éruption cutanée sur la joue », oui, mais « pouvant être une infection cutanée », en français courant : des boutons. Sefai persiste à dire qu’il n’est pas coupable de ce dont on l’accuse, en matière de stupéfiants, et il portera plainte pour dénonciation calomnieuse. Elle demande au Tribunal de sanctionner la gifle dans de « justes proportions ».

Verdict : coupable.

Sanction : 4 mois fermes, mandat de dépôt.

Florence Saint-Arroman

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