jeudi 18 avril 2019

NAOUR.jpg

 

Invité de la Ville de Charnay-Lès-Mâcon, le Docteur en histoire, spécialiste de la première guerre mondiale et de l’histoire du XXe siècle, Jean-Yves Le Naour est venu samedi à la Verchère présenter ses travaux sur le sujet encore douloureux des fusillés de la Grande Guerre.

 

A l’invitation de Jean-Louis Andrès, maire de Charnay-Lès-Mâcon, l’assistance s’est levée afin de respecter une minute de silence en mémoire des victimes de Paris.

« Parler d’histoire nous permet aussi de comprendre le monde d’où l’on vient, qui l’on est et, peut-être, où l’on va… » C’est par ces mots que Jean-Yves Le Naour introduisit son propos : Les fusillés de 14/18 et le débat sur la réhabilitation de ces fusillés.

Ce fut un magistral exposé qui a captivé une centaine de personnes, venus malgré les évènements, qui nous a appris, notamment, qu’il y a eu 11 fusillés en Saône-et-Loire sur les 2300 condamnés à mort dont 1000 furent effectivement fusillés après les grâces Présidentielles (150 pour des délits de droits commun et le reste pour des faits de désobéissance, de refus d’obéissance, abandon de poste, en présence de l’ennemi… )

 

Justice militaire : suppression, amendement ? Un vieux débat !

 

Le refus d’obéissance était passible du conseil de guerre et conduisait à coup sûr au peloton d’exécution ! La justification communément admise par le commandement était : si l’on n’est pas sévère, les hommes ne tiendront pas … Ces exécutions induiront la démoralisation : Horrifiés, dégoutés… des français tuent des français ! Déjà, avant la guerre, le débat, avec l’affaire Dreyfus, avait déjà commencé sur les Conseils de Guerre. Les Radicaux socialistes, depuis 1899, s’interrogent sur la justice militaire : suppression, amendement ? Mais les projets contradictoires feront échouer tout changement et la France rentrera en guerre avec un règlement de discipline générale datant de 1857.

Mais il y avait déjà tout ce débat avant-guerre : pourquoi la justice militaire doit-elle exister ? Pourquoi les citoyens ne seraient-ils pas justiciables devant les mêmes tribunaux ? Pourquoi un militaire ayant commis une faute n’irai pas devant la justice civile comme tous les citoyens ? Anatole France disait : « Il y a longtemps que le code militaire devrait se trouver au musée des horreurs ! »

 

1914 : L’abdication des civils devant les militaires

 

La loi sur l’état de siège octroie tous les pouvoirs à l’Armée sur l’ensemble du territoire. Le Général Joffre est détenteur d’un pouvoir supérieur à celui du gouvernement… à l’époque on pensait que la guerre serait courte ! Il est donc « normal » de confier tous les moyens au Général en chef de la France. Le gouvernement, replié à Bordeaux, ne contrôle plus rien et Joffre a la justice dans ses mains. Mais Joffre trouve que cette justice est trop lente car l’homme a encore le droit de faire appel. Il demande la suppression de l’appel, obtenu les 10 et 17 aout. Reste encore la grâce présidentielle, mais là encore Joffre demande à Alexandre Millerand un décret pour suspendre le droit de grâce! Et c’est un fait acquit le 1er aout 1914.

Mais ce n’est pas encore assez ! Joffre trouve que c’est encore trop lent, il y a encore des débats, des instructions de dossiers, faire des enquêtes, rechercher des témoins… Tout cela prend trop de temps ! Il demande donc des procédures d’exception pour juger plus rapidement et obtient, à nouveau par un décret du 6 septembre 1914, la création de la cour martiale spéciale de 3 juges (jugement à 2 contre 1) qui pourra statuer sans instruction, sans enquête. C’est la porte ouverte à l’arbitraire, aux erreurs judiciaires. Dans l’esprit du décret, cette cour ne devait statuer que dans des cas de flagrants délits, sauf que dans la pratique, on ne réunit plus les conseils de guerre mais les cours martiales spéciales. Dans l’esprit d’efficacité, les droits de la défense sont bafoués… Reste l’avocat… Mais au début de la guerre on nomme n’importe qui comme avocat. Ça peut être, un sous-officier, l’aumônier… Ce ne sera plus le cas vers la fin de la guerre. Sévérité, violence, loi d’exception, toutes ces histoires arrivent aux oreilles des parlementaires et le 10 décembre 1915 ils vont abroger toutes les lois d’exception. Avec la loi d’avril 1916 la grâce présidentielle est largement accordée et dès 1918 interviennent les premières réhabilitations.

 

Il faudra attendre 1928 la proposition de loi de Sabinus Volaire, de la SFIO, instituant un tribunal exceptionnel d’anciens combattants votée a l’unanimité de la chambre, mais il va falloir attendre encore jusqu’en 1933 pour que ce soit effectif ! L’Union Nationale des Combattants (UNC) est très investie. Entre 1933 et 1935, 61 dossiers sont traités, mais des bruits de bottes se font entendre de l’autre côté du Rhin, et les fusillés tombent dans l’oubli… Un soubresaut en 1957 avec le film « les sentiers de la gloire » qui, à l’époque est considéré comme une atteinte à l’armée française. La première diffusion aura lieu en 1989, à la TV, en deuxième partie de soirée ! Mais ce sujet revient à partir de 1990 avec de nombreux livres, pièces de théâtre… Expositions… La Grande Guerre a fait un grand retour dans notre mémoire et les fusillés, avec.

Mutineries, mutilations volontaires, désobéissance collective, l’affaire des 4 caporaux, les psychonévrosés considérés comme des simulateurs, Vingré, Firé, Souain, Etc. Etc… Jean-Yves Le Naour évoque tous les sujets avec force de détails et d’images, Des dates précises jalonnent l’exposé.

 

Des morts « inapaisés »

 

…Effectivement, numériquement, ces morts (650) ne sont peut-être rien par rapport à l’immensité du sacrifice (1 400 000 morts) dira le conférencier, mais ils ne sont pas morts comme les autres, ils sont tombés sous des balles françaises, c’est ça qu’on ne « digère » pas, ce sont des morts « inapaisés » et comme tous les morts inapaisés, ce sont des fantômes qui viennent nous « tirer par les pieds », parce qu’ils ne sont pas enterrés avec les autres ! Devant la grande fosse commune où Français et Allemands réconciliés se tiennent la main comme François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun, les fusillés crient : ET NOUS, ET NOUS !...

Et donc la question est : (et l’on voit bien que c’est la dernière question qui soit conflictuelle, c’est un débat politique !) Faut-il réhabiliter ou non les fusillés ? Mais tant que l’on n’aura pas tranché ce débat, le consensus autour de la Grande Guerre et son aspect fédérateur ne sera vain. Tant que l’on n’aura pas reconnu ces hommes, comme les autres, des victimes d’un passé de violence et d’horreur, ils continueront à planer et perturber ce caractère consensuel et fédérateur de notre souvenir.

La question des fusillés tomberait- elle dans l’oubli après les commémorations ? Pourtant l’enjeu n’est pas mince car ce serait se réconcilier tous autour de la même tombe…

Après ce brillant exposé, de nombreuses questions furent posées à l’historien : La condition des familles de fusillés ?… Comment les soldats ont été choisis lors des mutineries ?... Le sort des veuves ?... Etc.

 

Quelques échanges avec le Maire

 

Jean-Louis Andrés : Une conférence très instructive, en tous cas qui aborde des problèmes humains à travers un certain nombre d’évènements et un problème aussi de justice humaine à travers des contingences extérieures et j’aimerai que cette conférence soit complétée par une conférence sur la justice, en globalité, et puis aussi sur l’engagement de l’ensemble des personnes de ce conflit mondial.

GL : Quel parallèle pouvez-vous faire sur les derniers évènements à la lueur de cet exposé ?

JLA : Je n’ai pas envie de faire de parallèle en ce sens que les évènements sont tellement différents… D’un côté la barbarie est le résultat d’un état de droit qui est la guerre et, qu’on le veuille ou non, il y a les conventions de Genève qui règlent la guerre. Là, on est dans un état de barbarie et d’agression. Egalement, je voudrai dire que ces évènements nous poussent à réfléchir sur l’organisation du monde et sur les moyens d’interventions de l’ONU. Il ne faudrait pas que l’ONU ressemble à la SDN (la Société Des Nations)…

Gilles Lalaque

 

NAOUR2.jpg

 

NAOUR3.jpg

 

NAOUR4.jpg

 

NAOUR5.jpg

 

NAOUR6.jpg

 

NAOUR7.jpg

 

NAOUR8.jpg

MÂCON : La formation baby-sitting continue d’attirer les jeunes

formation baby-sitting.jpg
Mise en place chaque année par le Point Information Jeunesse de la mairie de Mâcon, la formation baby-sitting accueille cette semaine une dizaine de jeunes.

FEU VERT MÂCON - Roulez gagnant ! Jusqu'à 100€ offerts pour l'achat de pneus de grandes marques

100€ OFFERTS PNEU FEUVERT MACON6.jpg
Publi-information - A VOIR AUSSI, LE PACK BONNE ROUTE ET LE STUDIO FEU VERT...

MÂCON : La messe chrismale au lendemain de l'incendie de Notre-Dame de Paris

MESSE CHRISMALE MACON - 28.jpg
Une messe donnée par Monseigneur Rivière, évêques d'Autun.

GASTRONOMIE : La meilleure terrine mâconnaise est...

concours meilleure terrine Mâcon (37).JPG
La 1ère édition du concours de cuisine dédié à la terrine faite maison par les restaurateurs du centre-ville de Mâcon s'est déroulée ce mardi à l’hôtel de vill,e à l’initiative de l’association des commerçants du centre-ville, « Mâcon tendance ».

LYCEE LAMARTINE - Concours POTEs : Des lycéens engagés pour la transition énergétique

LYCEE LAMARTINE_ CONCOURS POTES9.JPG
Organisé par la Région Bourgogne-Franche-Conté, POTEs (Pionniers Ordinaires de la Transition Energétique) est un concours dans lequel les établissements participants doivent imaginer leur lycée de demain. Un lycée qui aurait réussi sa transition écologique, un lycée autonome... le lycée parfait !

LYCEE LAMARTINE : Des élèves de 1ère élaborent une exposition collective sur le quotidien de la 2de Guerre mondiale

LYCEE LAMARTINE _ EXPO ELEVES PREMIERE _ 02.jpg
La cohésion d’une classe, c’est comme la motivation : il s’agit d’une construction, entre différences et ressemblances. En travaillant autrement certains points particuliers du programme d’histoire de Première, deux classes du lycée Lamartine ont déroulé le fil conducteur qui lui a permis d’élaborer un projet commun.

MACON : Le siège de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie de Saône-et-Loire a fait peau neuve

inauguration siège UMIH 71.jpg
Le résultat de plusieurs mois de travaux de restructuration des locaux de l’UMIH 71 a été inauguré ce lundi.

LEYNES - Biojoleynes : Du bio et nature, du gourmand, du local...

SALON DU BIO _ BIOJOLEYNES10.jpg
Pour cette 10e édition de la Fête du Vin et de la Bio, organisée ce week-end, l’association Biojoleynes avait une nouvelle fois invité vignerons en bio et nature et producteurs locaux à venir défendre leurs valeurs et leurs démarches.

MACONNAIS-BEAUJOLAIS AGGLOMÉRATION - Budget Transport en commun : Un excédent de plus de 4 millions d’€ qui trouble l’opposition

Elle avait saisi le préfet l'été dernier. ACTUALISÉ : Le montant des investissements en 2019

MÂCON : Le Fashion show s'invite en centre-ville

MACON street fashion show 1.jpg
Après le beau spectacle offert la veille à la médiathèque devant plus de 400 personnes, Mâcon Tendance et les commerçants organisaient samedi après-midi un nouveau défilé dans le centre-ville.

PRISSE : Record de participation pour la 5ème Rando-Tangos !

Prissé_Rando_Tangos_14042019_0012.jpg
La randonnée pédestre et VTT organisée par l'ESPM avait lieu ce dimanche à Prissé.

MÂCON : La communauté turque en fête

kermesse turques Mâcon 2019.jpg
Pour la première fois, la traditionnelle kermesse de l’association culturelle turque de Mâcon et la fête des enfants sont organisées ce weekend en même temps.

MÂCON : Le Grand Chariv’Handi en images

printemps handicap Macon 2019.jpg
L’Espace Carnot et la place Saint Pierre ont accueilli ce samedi, à Mâcon, les animations et les concerts de l’évènement phare de l’édition 2019 du « Printemps du handicap », organisé par l’association A.M.I 71.

MÂCON : Le Rotary offre la musique aux résidents de l’Hôtel Dieu

MACON rotary musique 5.jpg
L’inauguration d’une borne musicale, financée par les rotariens, a eu lieu ce jeudi en fin d’après-midi.

SPA MÂCON : Un regain d'adoptions en 2018 et un soutien croissant

SPAG19 (1).JPG
La SPA de Mâcon a tenu son assemblée générale ce samedi à la Grisière.

IGÉ : Pleins feux sur le premier marché gourmand des Vignerons d'Igé

IGE marche gourmand 2019 23.jpg
Les Vignerons d'Igé organisent leur premier marché gourmand ce samedi jusqu'à 19 h dans leur chai. Quatorze exposants sont au rendez-vous pour vous faire déguster et découvrir leurs produits…

MÂCON : C'est parti pour le Printemps des boutiques !

PRINTEMPS BOUTIQUES MACON 2019.jpg
Publi-information - TOUT SUR LE PRINTEMPS DES BOUTIQUES 2019

MÂCON : Le Fashion show défile à la médiathèque

MACON show mediatheque 29.jpg
À l'occasion du Printemps des boutiques, l'association des commerçants du centre-ville Mâcon Tendance organisait ce vendredi soir un défilé dans les locaux de la médiathèque. Plus de 400 personnes étaient invités à cet évènement mode…

CHARNAY-LÈS-MACON : Clap de fin pour le 41e échange scolaire

Charnay_fin_échange_scolaire_Brackenheim_13042019_0008.jpg
Le 41ème échange scolaire entre Charnay et Brackenheim a pris fin ce samedi matin avec le départ des 29 jeunes allemands et de leur professeur de français Wolfgang Brunstein.

MÂCON : Vernissage de la fresque du nouveau foyer des Saugeraies

foyerSaug (5).JPG
La ville de Mâcon a inauguré une fresque réalisée par des jeunes du quartier des Saugeraies.