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Comparution immédiate pour une rixe au 115 de Bourbon Lancy.

« Dans les 115 on se prend toujours le bec avec quelqu’un. » Le « 115 » c’est le numéro d’urgence sociale. C’est le bout du bout du bout, quand plus aucun tiers, famille, amis, ne peut vous héberger. Le 115 c’est un lieu encadré, par des salariés, et pas mal de bénévoles. Le numéro est départemental : les gens sont orientés en fonction des places disponibles au plus près de l’endroit où ils se trouvent.

« Fils de pute, ferme ta gueule ou je te pointe. »

Jeudi soir, sur le site de Bourbon Lancy, les chemins de Marc et d’Abdelatif se sont heurtés.

Marc vient d’arriver, il voudrait passer la nuit puis repartir. Marc est né en Corée (du sud), c’est un nomade. Il sillonne la France et les pays limitrophes depuis bien longtemps. Abdelatif, lui, est du coin. Il fut entrepreneur dans le bâtiment. S’est endetté pour monter son entreprise, et a coulé. Il voudrait remonter, s’extraire de la vase qui colle fort aux chaussures quand on a tout perdu, jusqu’à un logement.

Ce soir-là, Marc est en cuisine. Abdelatif rentre de sa journée, et trouve les lieux « dans un état pitoyable ». Il y en a de partout, c’est vraiment crade, et Marc-le-cuisinier a de surcroît un clope au bec, et une bière en route. Or le règlement interdit non seulement de fumer à l’intérieur, mais aussi toute consommation d’alcool.

Abdelatif raconte : « Je ne voulais qu’une chose : qu’on respecte l’endroit. Moi je fume, mais je fume dehors. J’ai juste dit à Monsieur de ne pas fumer ni boire à l’intérieur, et je lui ai dit qu’il fallait nettoyer la cuisine. Il a crié : ‘Tu te prends pour un français ? Fils de pute, ferme ta gueule ou je te pointe.’ Il est sorti de la cuisine, j’ai commencé à nettoyer, il est revenu avec un opinel ouvert. Je l’ai bloqué, il insultait sans cesse, il m’a frappé. J’ai fini par appeler les gendarmes. »

Les gendarmes arrivent pour entendre Marc lancer à Abdelatif qu’il va « le crever », qu’il ne « passera pas la nuit ». Garde à vue, puis incarcération en attendant le jugement.

 

Une vie d’abandons

Marc, lui, a oublié une grosse partie de la scène. Il avait bu. Pas à son maximum cependant, puisqu’il dit pouvoir absorber jusqu’à 4 bouteilles de Whisky en une journée. Il a oublié, il est calme, posé, et s’exprime bien. Pas de délires à l’audience, comme il arrive souvent avec des SDF patentés.

« Ça fait 30 ans que je voyage (il a 45 ans). C’est pas une excuse, mais ça fait 6 mois que je n’ai presque pas dormi et que je ne mange pas assez. Je suis arrivé très stressé. Je ne comptais pas rester. Mon monde (celui des SDF) est très violent, vous le savez. »

« 30 ans qu’il voyage », c’est ainsi qu’il le voit. Marc est arrivé de son pays natal pour être adopté ici, à l’âge de 9 ans. Il en a 15 quand sa mère adoptive se suicide, et 16 quand il quitte le domicile. Ça se passait mal, ça n’allait pas. Il part. Il aura une compagne, et une fille avec celle-ci. Sa fille est majeure, il n’a aucun contact avec elle. Faut croire qu’il est parti à nouveau, et depuis il ne cesse plus de bouger, d’itinérer, en France et à l’étranger. Il a quitté l’école trop tôt pour passer le moindre diplôme, mais il parle cinq langues. Cet homme est intelligent, poli et respectueux sans être pour autant soumis, il en a vu d’autres, et il a fait des choix, par défaut peut-être au départ, mais il les assume : aucune envie de « s’insérer », comme on dit. Il a bossé au black partout où l’occasion s’en présentait, il perçoit 500 € de RSA, quand il peut, parce que sans domicile fixe ce n’est pas simple. Il doit se domicilier dans une association, mais il circule beaucoup et n’y pense pas toujours.

 

Deux hommes atypiques

Marc tranche parmi les différents profils de SDF ou d’alcooliques que l’on peut croiser au Tribunal : il ne vocifère pas, ne revendique rien, il n’est pas mutique non plus, il sait parler, il parle un peu. On pourrait en sous-estimer la profonde souffrance qui est la sienne, avec laquelle il a négocié au début avec des drogues dures, et qu’il endort plus ou moins depuis 20 ans en buvant, beaucoup.

Abdelatif, lui, n’a pas renoncé à s’en sortir, mais sa souffrance est visible, dans ses yeux, son visage douloureux, et dans ce qu’il dit, la difficulté à retrouver un logement, à décrocher une mission d’intérim, ceci entraînant souvent cela, alors il faut tenir, le temps que, le temps que.

Les deux hommes ne s’en veulent pas. Ne sont pas en colère. Ne cherchent aucune vengeance. C’est comme ça. Il fallait appeler les gendarmes parce que Marc était hors de lui, mais « la prison ne résoudrait rien, je ne crois pas qu’il faille le mettre en prison », répète Abdelatif. L’avocate de Marc est de cet avis, surtout pour des faits sans blessures apparentes, sans suites, pour un homme qui n’est pas réputé dangereux. Mais il est sans domicile fixe, et du coup, les peines subsidiaires sont impossibles à mettre en place.

 

Bouger, coûte que coûte

Les deux hommes essaient de se maintenir à flot, et ça passe par le 115, pour pouvoir se doucher, bénéficier d’un repas, et dormir, quand c’est possible. Mais chacun d’eux véhicule un monde différent. Les raisons de leur exclusion sociale n’ont rien de commun, et leurs visées non plus. Car ils ont des visées, cela aussi les distingue de bien des SDF, malgré le lot de souffrances qu’ils ont forcément en partage, et cette vase épaisse qui colle aux semelles, augmente le poids de la vie, et vous met au contact quotidien de violences inévitables avec lesquelles il faut apprendre à se débrouiller.

Marc est condamné à 3 mois de prison ferme, le Tribunal décerne un mandat de dépôt, il sera incarcéré le soir même. Son projet, ensuite : quitter la France et rejoindre l’un des pays Scandinaves. Il a tout laissé tomber, ça l’a rendu fataliste, mais le goût des langues lui tient au corps.

Florence Saint-Arroman

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