dimanche 17 février 2019

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 C’est l’histoire d’un mec contrôlé le 9 septembre dernier avec plus de 2 grammes d’alcool par litre de sang. Il venait de griller un feu rouge.

Il conduisait une voiture sans permis, parce que son permis lui avait été retiré, parce qu’il conduisait en ayant bu, etc. Il se trouvait en état de récidive légale, condamné en juin 2014 pour la même raison. C’est l’histoire d’un mec qui boit trop, c’est l’histoire d’un alcoolique. (notre 1er article).

 

Ça devient donc l’histoire d’un mec qui sort de 15 jours passés en prison, parce qu’il avait demandé un délai pour préparer sa défense. Et la prison : dure, trop dure. Il a peur d’y retourner, parce qu’il pressent qu’avec toutes ses condamnations antérieures, et tout ce qui a été essayé, et qui n’a servi à rien, il en court le risque.

 

Deux semaines après la comparution immédiate, en présence d’un homme à jeun cette fois-ci, le Tribunal cherche à nouveau à comprendre. Mais Pierre P., 62 ans, n’a guère avancé sur la question, il essaie même de convaincre les juges qu’il n’est pas dépendant de l’alcool.
« Monsieur, le 9 septembre, vous avez cassé la croûte à 9h30 le matin…ça veut dire quoi, ‘casser la croûte’ ?
- J’étais avec deux copains. Y en a un qui s’appelle Alain, et c’était la Saint Alain, alors on a fêté ça, avec deux-trois canons de vin blanc.
- A 9h30 ? Vous n’êtes pas très café, en effet. »
Bref il va de bar en bar, la journée se passe, et se finit mal pour lui.
Il est dans l’œil du cyclone et semble de bonne volonté, malgré sa mauvaise foi. Mais il ne percute pas sur ce qu’on lui demande : pourquoi boit-il ? Pourquoi les mises à l’épreuve n’ont pas eu les effets escomptés ? Pourquoi on le retrouve au volant alors que c’était interdit ? Pourquoi…
« Des choses à dire, des éléments à apporter sur votre personnalité, Monsieur ?
- Ben… Ma personnalité… Moi je pense que je suis un brave mec, sans prétention. 
- On ne dit pas le contraire, Monsieur, on veut que vous arrêtiez de boire. »

 

C’est donc l’histoire d’un brave mec, qui a divorcé en 99, qui a toujours travaillé, qui est à la retraite depuis 2 ans, qui a « 1000 copains », deux enfants dont il est fier et qu’il aidait à construire leurs maisons, mais aussi un dossier de surendettement, et qui boit des canons en guise de tasse.
Les enfants sont dans la salle, et des potes visiblement souvent imbibés aussi, imbibés mais présents, et aimants. Et en souci, car Pierre P. risque la prison, ce que confirme la Procureur de la République : « Monsieur est peut-être un brave mec, mais je ne me situe pas sur ce plan là. Mon problème, c’est qu’il boit et prend un véhicule alors qu’il n’est pas en état d’assurer sa sécurité et celle des autres. Il ne voit même pas qu’il grille un feu rouge. Il ne se rend pas compte du danger. En 2014 il a été condamné et prévenu, mais il ne s’est pas engagé dans des soins. Il ne se rend pas compte qu’il est alcoolique. Moi, mon rôle, c’est de garantir la sécurité des autres usagers de la route, et des piétons. » Elle requiert 8 mois de prison assortis d’un mandat de dépôt, une révocation partielle du sursis de 2014, la confiscation du véhicule et 100 € d’amende.

 

A sa suite, l’avocat de la défense, va reprendre cette triste histoire, dans l’espoir d’en infléchir le cours : « C’est l’histoire d’un brave mec qui ne comprend pas. Il faudrait le mettre 8 mois en prison pour qu’il comprenne…en comprendra-t-il quelque chose ? La sanction n’a pas toujours un effet curatif égal à ce qu’on en voudrait. »
Et de dresser le portrait d’un pauvre mec : « Il a perdu sa femme, il ne travaille plus, il n’a plus d’utilité sociale, il n’a plus de parents (sic), bientôt plus de voiture, et il va aller en prison ? » Maître Braillon ne craint pas le mélange des genres, mais il n’est pas encore au bout de son raisonnement : « Il n’y a pas de solution qui permette de lui faire comprendre les choses. Il ne fait que noyer sa solitude. Il en a conscience le matin, et plus le soir. » L’avocat propose une mesure de contrainte pénale, accompagnée d’interdictions et d’obligations spécifiques, obligeant Pierre P. à se confronter à des limites au sein de son milieu de vie, et non coupé de tout derrière des barreaux, car « cela garantirait la sécurité pendant 8 mois, et après ? »

 

C’est finalement sur des préventions qui paraissent mineures au regard d’affaires plus retentissantes comme des trafics de drogue, ou des casses, que l’on a l’histoire d’une audience exemplaire sur les différentes lectures du cas de Monsieur P., selon la fonction de chacun dans le tribunal. Exemplaire aussi du point de vue de la difficulté à voir revenir des dossiers, à essuyer les échecs des mises à l’épreuve, mais à y croire encore : condamner, sanctionner, mais dans des conditions qui visent à obtenir enfin un résultat. « On veut que vous arrêtiez de boire. » « Je veux que Monsieur comprenne qu’il est dangereux pour les autres. » « Si vous le condamnez à de la prison, ne décernez pas de mandat de dépôt, qu’il aille d’abord en cure. »

 

 

Verdict
Coupable, Pierre P. est condamné à 6 mois de prison ferme, 3 mois avec sursis et une mise à l’épreuve pendant 2 ans. Obligation de soins, interdiction de fréquenter les débits de boisson, interdiction de conduire, obligation de s’acquitter d’une amende de 100 €, le tout avec exécution provisoire, ce qui veut dire « immédiate ». Le véhicule est confisqué. Pas de mandat de dépôt : il ne retourne pas en prison, mais gare à toute récidive.
Les enfants de Pierre qui étaient déjà à organiser son départ pour des mois à Varennes n’y croient pas, sa fille pleure, les copains, eux, n’ont pas compris le verdict, le coupable n’a pas tout compris non plus. Il n’empêche que Pierre P. est sans aucun doute un brave mec.

 

Florence Saint-Arroman

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