vendredi 26 avril 2019

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C'était en juin. Ce lundi, Alexandre P. était jugé pour ce fait. A lire aussi, notre article du 29 juin dernier suite à la comparution immédiate.

 

Lors de sa première comparution fin juin, Alexandre P., 34 ans, avait laissé une impression de malaise liée à ses propos un peu en orbite : il sous-entendait être victime d’une conjonction de forces liguées contre lui, et le Tribunal ordonnait une expertise psychiatrique à la demande de Maître Gemma.

Jugé ce lundi, c’est « un autre homme », dira Maître Gemma, son avocate, qui se présente. Un homme malgré tout bien embarrassé pour expliquer son geste.

Le 28 juin, en pleine nuit, il passait, ivre, devant le commissariat de Mâcon, et jetait une cannette de bière sur un capitaine qui raccompagnait alors des personnes. Un équipage le poursuivait et le ramenait au commissariat, il lançait des insultes comme « fils de pute », parlant de baiser la pute en question. Dégrisement. Tristesse.

 

Triste, Alexandre l’est, visiblement. Il n’a aucun souvenir de cette nuit là. Quant à expliquer son comportement, il n’est, au premier abord, guère plus avancé qu’il y a deux mois et demi :

« C’est compliqué, c’est compliqué, de me justifier. J’ai 34 ans, j’ai mis beaucoup de temps pour mûrir, j’étais torturé. Beaucoup de questions, peu de réponses. Quand je bois un coup, j’oublie un peu la difficulté. »

L’expertise psychiatrique pointe essentiellement le problème de l’alcoolisme, qui le rend dangereux. Alexandre n’a jusqu’ici pas mis de soins en route.

« Moi, je ne voulais blesser personne, répète-t-il, secouant la tête, accablé. Mais quand j’ai bu deux bières, je ne vois plus rien.

- Ça peut vous conduire…, commence le Président

- Ah oui, dans la Saône, complète le prévenu, dans l’évidence du risque qu’il court.

- …en prison, Monsieur, termine le juge. »

Mais Alexandre, cependant, va mieux, il l’affirme :

« Tout va bien depuis le 5 juillet. C’est comme s’il était écrit que jusqu’en juillet 2015 il ne m’arriverait que des choses difficiles mais depuis, ça va, les gens ne me parlent plus pareil.

- Il y a des psychologues en France, Monsieur.

- Oui mais il faut qu’ils voient à quel point vous souffrez. Je dis « je souffre », on me répond « tout le monde souffre ».

- Je ne suis pas sur que ça soit le discours des thérapeutes.

- C’est compliqué, c’est compliqué. »

 

En fait, Alexandre a bénéficié d’une consultation au CSAPA, le centre d’addictologie. Il y a rencontré une femme qui lui a expliqué « des choses extrêmement intéressantes », « je suis émotionnellement instable ». Est-ce ce regard porté sur lui qui lui permet d’accrocher autrement à ses réalités ? Lui qui disait en juin : « Quand j’aurai l’impression d’être aimé, ça ira mieux. » On ne sait pas, mais on constate qu’en effet, l’homme a changé de position, bien que tout cela reste « compliqué ».

Maître Gemma, pour sa défense, insistera sur cette « évolution positive » que le Ministère Public lui-même a remarqué : « Il n’est jamais trop tard pour prendre conscience de ses difficultés, les prendre à bras le corps et y faire face. Aujourd’hui, c’est un autre homme. »

 

Déjà sous le coup d’un suivi mise à l’épreuve qui semble enfin devenir opératoire, Alexandre P. est condamné à 140 heures de travaux d’intérêt général, à défaut il pourrait faire 4 mois de prison. Il indemnisera le capitaine de police à hauteur de 200 € et 500 € de frais de procédure.

 

Florence Saint-Arroman

 

 

Notre article du 29 juin

 

« Quand j’aurai l’impression d’être aimé, ça ira mieux »

Il est connu des services de police pour faire « n’importe quoi », aussi son éclat devant le commissariat n’a-t-il surpris personne. Alexandre P., 34 ans, célibataire sans enfants est domicilié chez son père. Il est saisonnier dans la restauration, et boit beaucoup.

Cette nuit, il passe devant le commissariat alors qu’un officier de police raccompagne quelqu’un sur le perron. Il a bu et lui lance qu’il va baiser sa mère, en rajoutant « enculé » pour faire bonne mesure. Dans le même élan, il jette une cannette de bière sur le perron, elle se brise : éclats et coupures légères pour les personnes présentes. Alexandre est placé en garde à vue : il se réveille ce matin sans souvenir de ce qui s’est passé hier…

Sur conseil de son avocate il demande un renvoi : Maître Gemme souhaite une expertise psychiatrique.

Le Tribunal doit décider de son sort en attendant le jugement, et le Président cherche à comprendre un peu pourquoi cet homme encore jeune, plutôt aimable, fait « n’importe quoi ». Il a 6 condamnations pour vols, usage de stupéfiants, outrage.

« Vous êtes saisonnier, vous n’avez jamais réussi à vous stabiliser ?

- Je n’y arrive pas parce qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Quand ils ont quelqu’un de gentil sous la main, qui dit oui à tout, ils sont contents, ils en profitent.

- Vous avez une addiction à l’alcool…

- Ah non pas du tout ! C’est quand je suis content. Et ça m’arrive si souvent (il est amer), que quand ça arrive j’ai l’impression d’avoir gagné au loto, alors… J’ai pas de problème avec l’alcool : c’est purement émotionnel. »

Le Président s’intéresse au rapport du SPIP qui spécifie qu’Alexandre « évoque une machination ». De quelle sorte ? Le visage d’Alexandre se fend d’un sourire qui semble dire « je suis sûr de ce que je dis, mais je sais que vous ne me croirez pas » :

« En fait c’est bizarre, je le vis depuis longtemps. C’est comme si tout ça – sa main désigne ce qui l’entoure – était irréel. »

De fait sa déclaration n’emporte pas l’adhésion : « Le centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, Monsieur, est tout sauf irréel. »

Alexandre en convient et attend la suite, qui ne tarde pas :

« Pour l’alcool, vous allez faire quelque chose ?

- Quand j’aurai l’impression d’être aimé, ça ira mieux, mais pour l’instant… »

Qu’est-ce qu’un Tribunal peut entendre de cela ?

« La société n’a pas à subir ça, Monsieur, et nous n’avons pas de solution affective à vous proposer. »

Le Parquet trouve son profil psychologique « un peu inquiétant » et demande qu’il soit placé en détention provisoire, et après ses propos en effet bien déconnectés de l’audience, ne s’oppose pas à une nouvelle expertise (la dernière date de mars dernier, mais fut faite dans la précipitation).

Maître Gemma va argumenter sur sa domiciliation, et les moyens possibles pour le contenir autrement qu’en l’incarcérant, en attendant le jugement.

Le Tribunal décide de placer Alexandre P. sous contrôle judiciaire, avec deux pointages hebdomadaires et l’obligation d’engager des soins. Il aura une expertise psychiatrique. Il repart avec son père.

 

F. Saint-Arroman

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