Communiqué :

Depuis plusieurs jours, une loi dite « sécurité globale » est débattue à l’Assemblée Nationale.

Portée par l’ancien patron du Raid, et Député LREM, Jean-Michel Fauverge, cette loi, si elle devait être adoptée, porterait atteinte de manière extrêmement grave à notre état de droit.

En effet afin de répondre aux exigences de certains syndicats de police, corporatistes et violents, le gouvernement entend, entre autres, interdire la diffusion d’images de policiers, généraliser l’usage de drones, privatiser des pans entiers de notre sécurité et sanctionner de peines de prison l’occupation de facultés lors de mobilisations !

Une des dispositions du texte, il s’agit de l’article 20-bis, prévoit, même, d’élargir la transmission des images de vidéosurveillance dans les immeubles d’habitation aux forces de l’ordre.

En interdisant la diffusion d’images d’interventions policières, notamment en direct, cette loi porte atteinte à la liberté de la presse, mais plus largement à toutes celles et ceux qui lors des manifestations utilisent leur téléphone portable pour filmer les forces de l’ordre.

Combien de violences policières auraient échappé au contrôle démocratique avec cette loi en vigueur ? Combien d’Alexandre Bennala pourrait agir demain en toute impunité ? Combien de Geneviève Legay, d’Adama Traoré ou de Cédric Chouviat ?

Les violences policières existent dans ce pays, et elles doivent pouvoir être filmées pour être dénoncées et sanctionnées.

Nous ne voulons pas d’un système où l’impunité est la norme, comme tente de nous l’imposer Gérald Darmanin.

Cette loi s’inscrit dans un processus dangereux qui depuis des années empile les lois sécuritaires et liberticides en entravant les libertés individuelles, et singulièrement lors des manifestations.

La police ne peut pas vivre en dehors des règles républicaines, et la question du maintien de l’ordre par les forces de l’ordre, donc du contrôle de leurs actions par la diffusion d’images, est une question démocratique légitime.

La Confédération Nationale du Logement ne veut pas d’un monde de surveillance généralisée.

Pour retisser le lien, indispensable, entre la police et les citoyens nous avons besoin de démocratie et de transparence, mais aussi de plus de moyens humains pour des forces de l’ordre présurées par des années de politiques d’austérité.

Ne laissons pas graver dans le marbre la constitution d’un État policier qui veut mettre au pas des contre-pouvoirs en les rendant aveugle.

Alors que de très nombreuses organisations, dont l’ONU, la LDH, le Syndicats des avocats de France, le Syndicat National des Journalistes, ou ATTAC dénoncent de la dangerosité de ce texte, la Confédération Nationale du Logement, et toute la rédaction du journal Logement et Famille.