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A l’approche de la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre prochain, les Femmes Solidaires de Mâcon ont publié la semaine dernière un article sur le harcèlement que subissent les femmes en télétravail.

Il s’agissait de montrer que, même en ces temps de crise sanitaire, les violences faites aux femmes ne se réduisent pas, mais qu’au contraire elles s’amplifient : on sait aujourd’hui, par exemple, que les violences conjugales contre les femmes ont augmenté pendant le premier confinement, et que de nouvelles formes de violences se développent : les faits de harcèlement moral contre les femmes se sont sensiblement multipliés à distance.

Cette semaine, les Femmes Solidaires de Mâcon voudraient signaler que le confinement, loin d’arrêter le harcèlement de rue, renforce l'insécurité des femmes dans l’espace public.

Nombreuses sont celles qui témoignent de l’augmentation des attitudes agressives. Elles subissent davantage de commentaires déplacés, d’insultes ou d’attouchements. Comme si, en raison de la situation actuelle, ces violences étaient légitimées et facilitées. Facilitées, parce que les transports en commun sont désertés, qu’il y a moins de monde dans la rue donc moins de témoins et de personnes éventuellement capables d’intervenir, et aucun lieu ouvert pour se réfugier. L’anthropologue Chris Blache explique que la période de confinement offre « un précipité de ce qu'on connaît d'habitude en matière de domination des hommes dans l'espace public ». Il est en effet plus facile de jouer au chat et à la souris dans des espaces désertés.

Légitimées, parce que la période de confinement offre un sentiment d’« impunité/immunité » aux hommes qui auraient besoin de se défouler et donc de passer leurs nerfs sur les femmes. Face à ce phénomène, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a même jugé utile de souligner, en avril dernier, que le harcèlement de rue restait « évidemment interdit pendant le confinement » !

Les Femmes Solidaires de Mâcon rappellent que pour distinguer la séduction du harcèlement, il faut prendre en compte la notion de consentement. Sans consentement, on bascule dans le harcèlement. Or, depuis 2018, le droit pénal reconnaît le harcèlement de rue comme nuisible et donc comme une nouvelle infraction, passible d’amende. Veillons à ce que cet acquis soit respecté.