Communiqué :

Tir sur un loup en Saône-et-Loire : les écologistes appellent à un dialogue pacifié pour construire une politique de cohabitation entre les troupeaux et une espèce protégée

Vendredi soir, dans le cadre d’une opération de tir de prélèvement autorisé par les services de l’État, un loup a été tué en Saône-et-Loire. Repérée en 2019, la présence du loup s’est confirmée cet été, après quasiment un siècle d'absence.
Rappelons que chaque espèce animale joue un rôle dans l’équilibre écologique. Au sommet de la chaîne alimentaire, le loup en régulant les herbivores sauvages favorise le développement des arbres. De plus, il joue un rôle sanitaire lorsqu’il régule les cheptels de bêtes malades et blessées évitant ainsi la propagation d’épidémies.

S’il est un élément d’équilibre, il représente en effet une menace pour les activités liées à l’élevage. Néanmoins, si l’agriculture et l’élevage en particulier vont très mal, le loup ne peut pas servir de bouc émissaire au désarroi des éleveur-e-s. Les causes de la crise sont ailleurs : la concurrence internationale est l’une des principales causes qui mettent en péril le pastoralisme traditionnel.

Alors qu’aucune information transparente démontrant que les agressions décrites sont susceptibles d’être rattachées à une attaque de loup, la méthode qui consiste à autoriser un tir défensif, sans évaluation transparente des mesures préalables visant à concilier la viabilité de l’espèce et la protection des troupeaux conformément au Plan Loup, nous nous interrogeons.

C’est pourquoi les écologistes demandent l’ouverture d’une large concertation entre les services de l’État, les éleveurs, les associations de protection de la nature pour d’une part évaluer de façon transparente les mesures de protection des troupeaux mises en œuvre et travailler à une véritable politique de cohabitation entre éleveurs et loup sur notre territoire d’autre part.
Il va falloir rapidement dépasser les débats « pour ou contre » le loup qui n’ont aucun sens. Si nous voulons enrayer le déclin de la biodiversité sur laquelle reposent 40 % des échanges économiques mondiaux, nous devons apprendre à cohabiter avec le vivant. Nous devons être réalistes et pragmatiques : l’éradication du loup est impossible. Il se disperse sur le territoire, petit à petit, et ce mouvement est irréversible. C’est de plus un signal positif alors que la biodiversité s’effondre.

Certains éleveurs, en Savoie et en Italie, ont choisi la cohabitation plutôt que l'affrontement avec le loup. Le renforcement des clôtures électriques, le recours aux chiens de protection, l’installation de caméras automatiques pour vérifier l’efficacité de l’installation protectrice ont fait disparaître les attaques.
Notre département et notre Région, auprès des éleveurs, doivent anticiper ce phénomène et s’adapter à l’installation du loup pour protéger les troupeaux.

Seul un dialogue pacifié avec celles et ceux qui le souhaitent, de véritables moyens accordés aux éleveurs par l’intermédiaire des mesures du Plan Loup, et une gestion « adaptative » des loups présents, comme le demandent les scientifiques, avec un développement des recherches de terrain
sur des protocoles divers à tester permettront de trouver un équilibre entre reconquête de la biodiversité et sécurisation des troupeaux. La conciliation est possible, elle est surtout souhaitable.

Claire Mallard, secrétaire régionale EELV Bourgogne
Fabien Robert, responsable régionale de l’Alliance Ecologiste Indépendante