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Le secteur sportif est une des grandes victimes du couvre-feu instauré dans le département. Les salles de sport fitness ont appris la fermeture pour un mois de leurs établissements. macon-infos a rencontré Clément, gérant de Gym&Coach à Chaintré, qui ne cache pas son désarroi et sa colère…

 

Comment avez vous accueilli cette annonce ?

On se sent vraiment lésés. On nous dit de fermer et on ne comprend pas pourquoi on sanctionne le sport alors qu’on laisse des magasins ouverts, c’est aberrant ! Aller acheter une paire de chaussures aujourd’hui, ce n’est ni vital, ni prioritaire, alors que le sport ça l’est parfois pour certains.

Des adhérents viennent 5/6 fois par semaine et ça fait partie de leur vie qu’ils soient cadres, ouvriers, étudiants, retraités ou fonctionnaires. Ils aiment venir, se retrouver, discuter et créer un lien social. Ils créent ici un échange qu’ils n’auraient peut-être pas eu ailleurs. Une salle de fitness, ce n’est pas qu’un lieu de sport, c’est aussi un lieu social. C’est autant pour le bien-être physique que mental. En plus, personne ne nous a avertis en amont. Il y a douze salles de sport sur Mâcon, on aurait pu être prévenus plutôt que d’apprendre la mesure dans la presse.

On vous sent très en colère…

Ce qui me met en rogne, c’est de nous faire fermer alors que, comme les restaurants et les bars, on nous a imposé des règles sanitaires que l’on a respectées : le port du masque, le gel hydro alcoolique, le savon, j’ai changé aussi tous les produits de nettoyage ce qui me coûte cher au quotidien, je nettoie quotidiennement mes machines, on a mis en place un protocole avec mon équipe…

Les adhérents nettoient les machines après utilisation, comme ils le font depuis notre ouverture il y a trois ans et demi. On a limité les places dans la salle de cours collectifs et dans la salle de RPM. On a joué le jeu, on a tout respecté, mais on nous fait fermer alors qu’on laisse ouverts des magasins de prêt-à-porter ou d’électroménager.  D’accord on veut limiter la propagation du virus, alors dans ce cas, soit on ferme tout le monde, soit personne.

On a été traités comme des parias, comme si ce qui arrive était de notre faute. On a quand même moins de risque d’attraper la maladie dans une salle de sport qu’en allant se balader dans un grand magasin où on touche tous les articles. À ma connaissance, il n’y a aucun cluster qui a été créé dans les salles de Mâcon. Ce qu’on ressent, c’est de l’injustice par rapport à ça !

Comment expliquez-vous cela ?

En France, dans les esprits, le sport n’est pas quelque chose de primordial alors que ça aide à se sentir mieux, à garder la forme au quotidien. Aujourd’hui tout le monde ne l’a pas compris et ne veut pas le comprendre. Je dis ça pour la salle de sport, mais aussi pour tous les autres sports que les gamins ne pourront pas pratiquer pendant un mois.

Le sport permet de se sentir bien autant que je comprends une personne qui a besoin d’aller au théâtre ou à la bibliothèque. C’est vital pour des centaines de milliers de personnes en France. D’ailleurs, s’il y a autant de salles de fitness, c’est qu’il y a une réelle demande et de personnes de tout âge.

Notre plus vieil adhérent a 82 ans et vient quatre fois par semaine. Il n’a jamais été aussi en forme. Si demain il ne peut plus venir, c’est là qu’il y a le plus de risque. Il a besoin de s’entretenir, ça le fait sortir de chez lui, il voit des gens tous les jours dans une vie de retraité c’est bien, et il maintient sa forme physique. C’est autant bénéfique pour sa tête que pour son corps.

Comment s’était passée la reprise après le confinement ?

Les gens sont revenus timidement. Les restrictions font peur, ils ont du mal à se remotiver après deux à trois mois sans sport. Septembre qui est un gros mois pour le fitness a été moins important que les années précédentes. Ça commençait quand même à repartir. Je le voyais sur la fréquentation de mes cours collectifs. J’ai un système de réservation et quotidiennement je sais combien j’ai de personnes dans la salle. Bref, on commençait à sortir la tête du bouillon et là, du jour au lendemain, on nous dit de fermer. Sans solution de repli.

On va devoir une fois encore se débrouiller, on a des salariés à temps plein qui vont être au chômage partiel, des auto-entrepreneurs qui ne seront pas payés faute de cours, des apprentis qui vont perdre des mois de formation et tous les prestataires que je ne vais pas faire travailler.

Il va y avoir de la casse dans le secteur du fitness en France. Des clubs, indépendants ou groupes, vont fermer avec cette deuxième fermeture imposée en quelques mois. En plus on a aucune visibilité à long terme, on sait juste que c’est pour un mois, mais ça va durer. Je ne suis pas optimiste pour une réouverture avant janvier.

Qu’est-ce que vous prévoyez pour vos adhérents pendant la fermeture ?

À partir de la semaine prochaine, on va mettre en place des accès à notre plateforme numérique Mywellness avec des contenus de qualité, des cours vidéos, des séances et des coachings par le biais d’application ou de notre chaine Youtube. On ne va pas laisser les gens sans séance, il faut qu’ils gardent la forme et qu’on garde le lien. On aurait souhaité faire des cours en extérieur, mais c’est extrêmement compliqué à mettre en place.

Propos recueillis par Delphine Cresson

 

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