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L'union locale CGT a tenu ce vendredi une réunion de travail avec une vingtaine de militants CGT locale à l'occasion des 75 ans de la Sécurité sociale.

 

La dame est née le 4 octobre 1945, mise au monde par Ambroise Croizat, député communiste et ministre du Travail du 21 novembre 1945 au 4 mai 1947.

« L'objectif n'était pas de tenir une commémoration, même si nous continuons à saluer sa création comme la plus grande conquête sociale de l'histoire du monde du travail. Nous avons retracé l'historique de sa création en relevant que sa genèse est issue des travaux du Conseil National de la Résistance sous le nom des Jours heureux avant de présenter nos propositions pour une refonte de notre système de santé », a expliqué Michel Maillet, membre de la commission exécutive de la CGT Saône et Loire et membre du collectif de protection sociale départementale.

Un peu d'histoire

En 1936, au moment où se réalise l'unité syndicale, Ambroise Croizat devient secrétaire général de la Fédération unique des métallurgistes CGT, regroupant alors 20 % des effectifs de la CGT.

Il est chargé d'améliorer le système de protection sociale (assurance maladie, système de retraites, allocations familiales), d'organiser la Sécurité sociale en application des ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, émanation directe du Conseil National de la Résistance.

Il contribue également à l'amélioration du Droit du travail français, avec les comités d'entreprises, l'organisation et la généralisation de la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, le statut des mineurs.

Le ministre de l'époque a toujours voulu que la Sécurité sociale soit un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l'exclusion.

Principes fondamentaux

Ces mots résonnent encore plus aujourd'hui pour la CGT qui rappelle que les quatre principes fondamentaux de sa création n'ont pas cessé d'être mis en cause : Protéger les travailleurs des aléas de la vie ; Faire que cette protection soit accordée sur des bases équitables ; Faire que le financement soit assis sur un prélèvement sur les richesse crées ; Créer les conditions pour que sa gestion soit entre les mains de ceux qui la financent, les salariés et les entreprises.

Selon la CGT, la Sécurité sociale doit être refondée en l'élargissant aux risques nouveaux apparaissant dans la société d'aujourd'hui : la perte d'autonomie et le chômage.

Propositions de la CGT

La Sécurité sociale intégrale avec une prise en charge à 100% des risques : maladie, soins médicaux de toute nature. Tous ces risques devant être exclusivement gérés par l'assurance maladie et sortis du champ de la mutualité.

5 défis à relever : unité et universalité - Se dégager des règles d'aujourd'hui - Reconquérir une gestion démocratique - Transfert vers la Sécurité sociale des complémentaires santé - Les moyens : augmentation des salaires, suppressions des exonérations de cotisations patronales, modifications des cotisations des entreprises pour développer l'emploi et taxer les profits financiers, et nouveau rôle de l'assurance maladie pour développer la prévention.

Une refonte profonde du système de santé

Quelques principes :

La santé n'est pas que le soin, prendre en compte les besoins sociaux et psychologiques.

Le soin ne peut être privé. Création d'un véritable service public de la santé avec des centres de santé pluridisciplinaires de proximité reposant sur des praticiens salariés.

Abrogation de la loi Bachelot qui a introduit la tarification à l'activité. Suppression des ARS.

Nouveau rôle des médecins : les décharger de la gestion administrative, ils deviennent salariés d'un service public de la santé.

Exercer un véritable contrôle sur l'industrie pharmaceutique et du médicament. Une relocalisation des productions s'impose, de même qu'un meilleur contrôle des autorisations de mise sur le marché.

Introduire la prise en charge des risques nouveaux liés à l'évolution de la société : l'aide à l'autonomie. La CGT est fermement opposée à la création d'une 5ème branche qui conduirait à sortir ce risque de la Sécurité sociale et de son financement par les cotisations sociales.

Enfin, élargir la conception de protection sociale avec la création d'une sécurité sociale professionnelle qui considère la perte d'emploi comme une transition pour aller vers un autre emploi. Le salarié continuerait à percevoir son salaire pendant la période. Elle vise aussi à rattacher les droits acquis à sa personne et non plus au poste de travail comme c'est le cas aujourd'hui.

 M. A.

 

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