samedi 24 octobre 2020
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Communiqué

L’Education Nationale est-elle totalement abêtie par l’emprise d’un management gestionnaire emprunté aux grandes multinationales ? Ou assiste-t-on à l’application méthodique d’un programme de démantèlement de l’école publique et républicaine ?

Difficile de ne pas se poser la question, alors que dans certains départements des dizaines de postes ont été supprimés le premier jour de la rentrée. La raison invoquée par les autorités académiques : l'écart constaté entre le nombre d'élèves prévus en fin d'année dernière et le nombre d'élèves réellement présents à la rentrée. Décision particulièrement surprenante en pleine crise sanitaire….

Cette fragilisation de l'école publique entretient une rupture de plus en plus manifeste de la confiance entre les familles et les dispositifs institutionnels porteurs du vivre-ensemble, dont l’école est l’un des piliers les plus évident - l’ampleur du décrochage scolaire, la « mode » de la scolarisation à domicile, en étaient déjà des symptômes préalables. D’autre part, on ne peut que constater une forme de négligence ou d’indifférence politique à l’égard de cette situation potentiellement problématique. Certaines orientations tendraient même à accentuer cette possibilité de désaffection : démantèlement de l’école publique, privatisation galopante de l’offre éducative, externalisation…Qui semble se soucier réellement de tous ces enfants en risque de déscolarisation et de désocialisation ?

Plutôt que de s’inquiéter de cette tendance très préoccupante, de comprendre et d'anticiper les enjeux d'une éventuelle désaffection, ou d’essayer prioritairement d’y remédier, les services académiques semblent surtout se mobiliser pour restreindre davantage les moyens d’accueil, et aggraver les causes de cette possible désertion…

L' « argent magique » coule pourtant à flot pour sauver l'économie et la finance, et on ferme des classes à tour de bras, on abandonne des enfants vulnérables...Quelles sont donc nos priorités collectives?

D'un côté on mobilise des gendarmes armés pour faire respecter le port du masque au collège, et de l'autre, on continue à déconstruire méthodiquement l'école publique en restreignant les moyens humains, relationnels, pédagogiques, etc.

Il devient effectivement difficile de ne pas penser qu’en arrière-plan, il y a une volonté délibérée d’achever ce qui reste encore de l’Ecole républicaine…. C’est-à-dire, externaliser, privatiser, numériser, "innover", inclure –même si on est en train de perdre les élèves les plus précaires, et qu’on s’en fout royalement…L’important, c'est le discours, l’ambition, la prétention. La réalité n’a qu’à bien se tenir.

Pour des raisons organisationnelles, pédagogiques, cognitives et relationnelles, il est désormais démontré, dans les suites du confinement, que l’enseignement à distance, désincarné, fragilise les enfants les plus vulnérables sur le plan sociologique. De fait, l’externalisation du travail scolaire sur les familles et des prestataires privés aggrave les inégalités et le risque de décrochage. Par ailleurs, l’école est un milieu où se déploient de nombreuses dimensions essentielles au développement infantile, sur le plan relationnel, social, linguistique, affectif…mais aussi sur le plan du vivre-ensemble, de la tolérance, de l’ouverture…Là se constituent les germes du faire-société, d’un sentiment d'appartenance à un collectif partagé.

Cet abandon délibéré va immanquablement laisser sur le banc une proportion de plus en plus importante d’enfants. Ceux-ci seront non seulement privés d’apprentissage et de formation, mais auront en plus à subir une forme de relégation sociale et d'exclusion du collectif. Dès lors, quel devenir imaginer pour cette jeunesse sacrifiée ?...

Manifestement, l’Education Nationale a décidé de se dédouaner de sa responsabilité à l’égard de ces décrocheurs, en accentuant des principes de compétitions qui éliminent les réfractaires. 

La situation épidémique va-t-elle devenir une nouvelle opportunité pour démanteler l'école publique, en douce, pour faire peser sur nos enfants le poids de décisions politiques iniques ? Après tout, le confinement a bien prouvé qu'on pouvait dématérialiser l'école, du jour au lendemain, alors pourquoi s'en priver ? Un écran, des cours en lignes, et hop, le tour est joué.

Et puis, au vu de l'avenir que l'on réserve à nos enfants, franchement, ce n'est pas une scolarisation de qualité qui va les sauver. Perdus pour perdus, autant s'y préparer...

Dès lors, il est de notre devoir de dénoncer l’inacceptable : crions à travers nos masques, ne tombons pas dans le piège de la résignation dans lequel ils veulent nous confiner !

 

Jean-Guy Trintignac NPA 71 (Nouveau Parti Anticapitaliste)

 

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