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Ce dimanche, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Jérôme Gutton, préfet de Saône-et-Loire, recevait à la Préfecture 10 femmes de tous horizons qui, par leur action et leur parcours, contribuent au rayonnement de la Saône-et-Loire.

Etaient invitées :

  • Marie-Céline Bernard, coach de rugby féminin,
  • Bénédicte Brochot, lieutenant au Service Départemental d’Incendie et de Secours,
  • Hélène Doussot, présidente du comité des agricultrices FNSEA,
  • Ané Fourie, créatrice de l’agence de communication SOCO,
  • Laura Guillou, médecin, membre du réseau de lutte contre les violences intrafamiliales de Saône-et-Loire,
  • Magali Haudegond, capitaine de gendarmerie (Louhans), référente de la lutte contre les violences intrafamiliales de Saône-et-Loire,
  • Valérie Kosica, ancienne cheffe de la brigade de sûreté urbaine de Montceau-les-Mines,
  • Mélanie Rougemont, créatrice du centre de formation de soudure FMS3D,
  • Annie Ruget, historienne, vice-présidente de l’écomusée de la Bresse,
  • Célia Taillandier, artisane joaillier.

 

Mâcon-Infos vous présente le parcours de trois d’entre elles :

 

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Bénédicte Brochot, lieutenant au Service Départemental d’Incendie et de Secours

Je suis sapeur-pompier professionnelle depuis 2012, affectée au SDIS de Saône-et-Loire et cheffe du service de formation.
Le corps des sapeurs-pompiers reste encore assez masculin, mais on note quand même une tendance à la féminisation. Nous avons de plus en plus de femmes dans les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et chaque année on voit cette évolution. Comme dans toute profession qui est assez marquée en genre, que ce soit homme ou femme, bien évidemment ce n’est pas si simple de s’intégrer et en même temps ça dépend tellement de chacun et de sa facilité à communiquer. A titre personnel, je n’ai jamais rencontré de difficultés. Il faut faire ses preuves comme dans tout milieu.
Ce que je dirais à une jeune fille qui rêve d’entrer chez les sapeurs-pompiers ? Qu’elle fonce ! C’est ce que j’ai fait à 11 ans quand je suis entrée dans une section de Jeunes Sapeurs-Pompiers. Je ne me suis pas mis de barrières. Ensuite j’ai voulu être pompier volontaire, j’ai été pompier volontaire ; j’ai voulu passer le concours de sapeur-pompier professionnel, je l’ai passé. Quand on a des rêves, il faut tout faire pour les réaliser !

 

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Marie-Céline Bernard, coach de rugby féminin

J’ai découvert le rugby incidemment lorsque les dirigeants de Tournus ont voulu monter une équipe. Je faisais de l’athlétisme à l’époque, ils sont venus me demander de jouer. Je ne savais pas trop ce que c’était, mais j’ai vraiment pris plaisir à jouer. L’entraîneur m’a dit “Tu vas être capitaine, tu vas jouer 10 et tu vas botter”. C’est parti comme ça !
Ensuite, vu les difficultés que nous avions pour trouver des entraîneurs – entraîner des femmes c’était dévalorisant – je suis allée voir le président de la fédération pour demander à devenir entraîneur. Il a dit oui et en 1976 j’ai été la première femme entraîneur à la fédération française de rugby. Ça a déclenché la curiosité des médias nationaux sur le ton : “Si les femmes s’en mêlent, où allons-nous ? C’est la mort du rugby, et caetera, et caetera…”. Heureusement au niveau local, les gens étaient très fiers de nous, car nous étions la seule équipe féminine de Saône-et-Loire. Je n’ai jamais vraiment connu de misogynie par rapport au sport que je pratiquais, au contraire j’ai toujours été très aidée par les hommes.
Les choses ont énormément évolué depuis : la fédération a reconnu le rugby féminin, les filles pratiquent à haut niveau, c’est devenu sport olympique. Et quand un sport devient olympique, toutes les nations veulent des médailles et au niveau des politiques cela évolue très vite : il y a une demande de formations pour que les filles brillent !

 

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Magali Haudegond, capitaine de gendarmerie (Louhans),

référente de la lutte contre les violences intrafamiliales de Saône-et-Loire

Je suis commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Louhans et je suis également référente Violences Intrafamiliales au niveau du département pour la gendarmerie.
La gendarmerie s’est ouverte dans les années 80 à toutes les femmes. Je n’ai pas ressenti de difficultés à monter les échelons ; nous sommes plus traités comme étant militaires, qu’homme ou femme. Nous sommes payés à égalité et nous sommes plus perçus au niveau de nos grades qu’au niveau de notre personne. C’est facilitant en gendarmerie.
Ma qualité de référente Violences Intrafamiliales n’est pas une prédestination liée à mon genre. J’ai été mise à ce poste parce que j’étais dans le réseau intrafamilial de Louhans et que j’ai eu beaucoup d’idées. Le groupement a remarqué que j’étais innovatrice dans ce sens-là. Et preuve que ce n’est pas une prédestination : en dessous de moi j’ai des référents dans toutes les brigades et il y a beaucoup d’hommes.
Il y a une augmentation du nombre de femmes victimes de violences qui osent venir porter plainte. Ce n’est pas seulement lié au mouvement “Me Too”, c’est aussi une conséquence du Grenelle des Violences faites aux femmes qui a fait qu’à force de faire beaucoup de bruit dans les médias, les femmes se sentent plus en confiance. Plus on en parle, plus la parole se libère et tant mieux !

 

David Delecroix