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A l'occasion de la plénière du Conseil local de santé mentale qui s'est tenue à la MJC de l'Héritan vendredi dernier, Roland Salvi, directeur de la Maison d'accueil spécialisée de Bergesserin, a développé un concept original pour le bien des malades : la déambulation sociale. Explications.

Déambuler, chacun.e sait ce que cela signifie. Mais lorsqu'on accole au substantif le terme « sociale », la déambulation prend une dimension symbolique que Roland Salvi a présenté comme pouvant être salvatrice si tant est qu'elle trouve une traduction concrête dans la vie de tous les jours des malades.

 

« Quand nous rentrons du travail, nous retrouvons un univers familial qui nous permet de déconnecter, de nous ressourcer ; au travail, nous passons parfois d'un service à un autre, nous rencontrons alors des personnes différentes, aux compétences et aux approches différentes ; quand nous partons en vacances, nous trouvons d'autres univers. Nous pratiquons une déambulation sociale régulièrement et sans le savoir. Cette déambulation sociale est nécessaire à la santé mentale. C'est à mon sens ce que nous devons développer au sein de nos institutions, pour nos malades, afin de passer de la gestion et du traitement de la crise après-coup, à la clinique de l'anticipation. »

 

Roland Salvi évoquait-là l'anticipation de la crise grâce notamment à l'organisation de séjours en dehors des cadres habituels du patient, de la patiente, satisfaisant ainsi un « désir de déambulation » que tout un chacun.e nourrit. « Nous pourrions alors partir du pressenti du soignant, de la soignante, et du ressenti de la personne. Certes, il nous faut accepter, nous soignants.tes, d'être dépossédés.es un temps de la personne que nous avons en charge, mais il me semble que c'est nécessaire.

La déambulation sociale n'est, à mon sens, pas suffisamment étudiée. Nous avons besoin de créer une sémiologie de la crise pour mieux l'appréhender, l'anticiper. Ce concept peut participer à cette nouvelle manière de voir et de faire. L'idée est bien de faire changer de situation géographique et culturelle le malade, la malade.

Organiser des séjours hors du cadre habituel permet de donner un répis, créer une rupture et favoriserait l'observation. Tout cela au service de la clinique de l'anticipation. »

 

Cette réflexion est menée au sein de la commission technique d'étude et de régulation du CLSM du Mâconnais Sud Bourgogne, qui poursuit cinq objectifs : facilité la coopération, personnaliser les parcours, limiter la répétition et s'enrichir des autres.

En 2018, la commission organisait 49 séjours et 642 journées ; en 2019, 75 séjours et 1 028 journées. De 10 structures accueillantes en 2017, il en existe 22 aujourd'hui sur le territoire.

Rodolphe Bretin