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Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes, le réseau Violences Intra-Familiales (VIF) de Mâconnais-Beaujolais Agglomération a proposé ce lundi une journée de sensibilisation et d'échanges.

Le moment central de cette journée fut le colloque consacré aux professionnels du réseau VIF du département sur la thématique des auteurs de violences intrafamiliales.

 

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« Nous avons invité les spécialistes d’une association proposant des stages de responsabilisation des auteurs de violence, à la demande de la justice. Nous écouterons également le point de vue du procureur de la République Eric Jallet (Parquet de Mâcon), ainsi que de policiers et gendarmes sur leur travail d’enquête lors de violences intrafamiliales. Chaque année, nous organisons un colloque sur des sujets liés à cette thématique. Depuis 2006, nous n’avions plus traité du sujet des auteurs. Cela nous paraissait donc important de le faire de nouveau étant donnée l’augmentation des féminicides au niveau national » - Nathalie Bonnot, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité.

Florie Demortière, directrice, et Manon Boudin, psychologue clinicienne au sein de l’Association Enquête Médiation 71, ont présenté les mécanismes à l'oeuvre entre auteurs et victimes dans des situations de violences intrafamiliales, ainsi que le profil psychologique des auteurs. Avec une antenne à Chalon et à Mâcon, l'association AEM 71 travaille uniquement sous mandat judiciaire, civile et pénal, via des stages de responsabilisation et un centre de soins destinés aux auteurs de violences. Les spécialistes de l’association prennent en charge une centaine de personnes par an dans tout le département.

L'un des moments forts du colloque fut le témoignage de plusieurs enquêteurs policiers et gendarmes, référents du réseau Violences Intrafamiliales. Ils ont tenté d'expliquer, à travers des exemples, leur manière de prendre en charge les victimes et les auteurs, ainsi que les contraintes institutionnelles et juridiques auxquelles ils sont exposés pendant les enquêtes et les gardes-à-vue des auteurs, et la difficulté de convaincre les victimes de porter plainte.

Ils sont treize référents VIF parmi les gendarmes sur le département, six dans la police nationale, dont deux à Mâcon.

Eric Jallet, procureur chef du Parquet du tribunal de grande instance de Mâcon, a souligné, à son tour, l’importance du traitement des preuves dans les classements sans suite de certains cas de violence, ainsi que les possibilités de protéger les victimes dans ces situations quand elles acceptent de reconnaître leur statut de victimes via l’encadrement des faits dans la catégorie des harcèlements (avec possibilité d’éloigner l’auteur, des mesures d’éducation et l'utilisation du téléphone danger). « Le réseau VIF est un outil formidable pour faciliter la plainte et la prise en charge », a précisé le procureur.

Myriam Akkari, commissaire divisionnaire, directrice de la sécurité publique de Saône-et-Loire, a parlé de l’importance du travail en partenariat pour la police afin de faire face aux cas de violences intrafamiliales, et leur besoin des compétences d’autres acteurs, dont les réseaux VIF, pour l’accompagnement des victimes. Elle a insisté sur la bienveillance de la police dans le traitement des cas de ce type, mais aussi la complexité des situations où les policiers interviennent dans l’intimité des couples et des familles.

Quant à Nicolas Mattheos, commandant du groupement de gendarmerie départementale de la Saône-et-Loire, il a avoué la difficulté de hiérarchiser les priorités face aux divers défis et urgences, tout en rassurant l’auditoire sur le fait que la lutte contre les violences intra-conjugales reste une priorité. Il a fait le lien entre l’augmentation récente des cas de violences intrafamiliales et le climat de fracturation et d’augmentation des violences dans la société : « Nous n’avons peut-être pas toujours la réponse la plus adaptée, d’où l’importance que nous nous remettions en question en tant que forces de l'ordre. Ce n'est pas forcément par méconnaissance des procédures et des règles, mais parce que ces situations sont complexes et demandent un savoir-faire pénal et une approche psychologique. »

En France, une femme décède tous les trois jours et un homme tous les quinze jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.

En Saône-et-Loire, 756 actes de violence ont été enregistrés par les forces de l’ordre en 2018. Le réseau VIF du Mâconnais a enregistré cette année 172 nuitées pour des victimes qui devaient quitter leur maison et qui ont été prises en charge dans les deux appartements d’hébergement du réseau.

Cristian Todea

 

 

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Serge Gaulias, vice-président de MBA

en charge de la prévention de la délinquance

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Florence Battard, Conseillère départementale en charge des services publics

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David-Anthony Delavoet, secrétaire général de la préfecture de Saône-et-Loire

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Florie Demortiere, directrice, et Manon Boudin,

psychologue clinicienne au sein de l’Association Enquête Médiation 71

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Myriam Akkari, commissaire divisionnaire,

directrice de la sécurité publique

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Nicolas Mattheos,

commandant du groupement de gendarmerie de Saône-et-Loire

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Eric Jallet, procureur chef du Parquet de Mâcon

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Alexandrine Borgeaud, directrice fonctionnelle du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Saône-et-Loire