BakerFils (1).JPG

Dans le cadre de l'option Littérature et Société au collège, Mohamed Bouabane, professeur de Lettres à Bréart a accueilli ce lundi, l'un des fils de Joséphine Baker.

L'objectif de cette option est d'éveiller la réflexion des élèves de 4e et 5e sur l'actualité en lien avec le programme. Monsieur Bouabane aborde plusieurs thématiques comme les stéréotypes raciaux, la discrimination.

« L'idée est vraiment de travailler à partir de Joséphine Baker et nous avons la chance de recevoir l'un de ses enfants de la Tribu Arc-en-Ciel, sur la discrimination et le racisme afin de sensibiliser mes élèves et activer leur citoyenneté. Nous allons travailler sur plusieurs actions mises en place à partir de cette femme engagée. Les élèves vont également participer à un concours national sur la traite négrière. Nous allons inviter un groupe de Gospel, définir l'esclavage moderne avec Artisans du Monde et parler de Lamartine avec l'un de ses descendants  », a expliqué Mohamed Bouabane.

Brahim Bouillon Baker, Algérien d'origine, est le septième enfant adopté par Joséphine Baker. Cette grande artiste de music-hall de l'avant-guerre, avait eu l'idée dans les années 50, d'adopter des enfants de différents continents. La famille internationale baptisée la Tribu Arc-en-Ciel comprend 12 enfants d'origines et de religions différentes.

Comédien de théâtre et de doublage, Brahim Baker est aussi auteur de nouvelles et de scénarios. Il a également écrit un livre sur sa maman.

Ma mère voulait démontrer à sa façon que l'on peut élever des enfants de toutes origines et religions dans la fraternité universelle. C'était son idéal de fraternité. Persuadée que les enfants en grandissant pourraient s'entendre, être solidaires et avoir des relations de paix et de fraternité ce qui n'est toujours pas le cas sur la planète. Nous nous voyons régulièrement. Nous sommes très souvent réunis en famille, parfois il en manque un ou deux parce qu'il y en a qui vit en Argentine, un autre à New York. J'ai aussi une sœur à Venise, deux frères à Monaco, un du côté de Saint Etienne et nous sommes cinq en région parisienne.

Je vais relater aux élèves mon expérience, le vécu avec la tribu et avec ma mère et leur parler de tout ce que nous avons reçu en héritage. Notre mère nous a donné des valeurs de fraternité. Les mots qu'elle employait le plus souvent étaient idéal, fraternité et universel, c'étaient son moteur dans la deuxième partie de sa vie après-guerre. Avant, elle menait sa vie d'artiste. Pendant la guerre elle a été résistante et ensuite, elle a combattu auprès de Martin Luther King pour les droits civiques.

C'est une expérience extraordinaire et réussie puisque nous restons toujours très unis. Le pari de ma mère est gagné. Elle a été précurseur.

Brahim Baker

 

M.A.

BakerFils (2).JPG

Photos : M.A.

BakerFils (3).JPG

BakerFils (4).JPG

BakerFils (6).JPG

BakerFils (7).JPG

BakerFils (5).JPG

BakerFils (8).JPG