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Le personnel soignant de la Providence en grève depuis le 11 septembre a débrayé ce mardi, à l'appel de l'intersyndicale CGT/CFDT/SMPS.

 

L'établissement compte 79 résidents. Le personnel soignant est réparti comme suit : 10 aide-soignants.es le matin et 3 le soir avec 2 infirmiers.ères le matin, et 1 le soir. Le week-end, 5 aide-soignants et 3 le soir avec un seul infirmier.

Le personnel a alerté la presse sur la dégradation des conditions de travail et ses conséquences sur les résidents. « Nous sommes mal traitants malgré nous » déplore Catherine, aide-soignante « mais de toutes façons, nous ne sommes pas entendus par la direction, nous l'avons vu avec l'ARS. Il nous faut des moyens. Nous accueillons des personnes âgées de plus en plus dépendantes. »

« C'est la galère. Il y a beaucoup trop de toilettes et nous ne sommes pas assez nombreuses ! On ne peut pas faire des soins de qualité. Il faudrait une personne supplémentaire le matin et une le soir, ainsi qu'un infirmier de plus le week-end » poursuit sa collègue Pauline, également aide-soignante. « Il faudrait titulariser le personnel au lieu de le laisser en contractuel alors qu'il effectue le même travail. »

Pour Caroline, « il y a un manque flagrant d'effectif. Les remplaçants ne sont pas systématiquement formés. Il nous faut prendre le temps de bien les former, et comme on ne l'a pas, ils se découragent et partent. Cette situation est récurrente. »

« Pour la branche ASH, nous manquons aussi d'effectif. Il faudrait que l'on soit quatre, la semaine » ajoute Assunta (agent de service hospitalier).

« Tous les corps de métiers sont impactés », précise Caroline. « On ne peut pas continuer comme cela. Ce n'est pas respectueux pour les résidents ni pour nous. Nous sommes toutes solidaires et nous disons stop à l'unissons ! Nous sommes très soutenues par les familles. Il n'y a plus d'humanité dans notre travail. On ne devrait pas parler de temps mais de qualité de soins, d'autonomie, de respect de la personne. » 

Pour Myriam, infirmière, « nous voulons une renégociation tri-partite entre l'ARS et le Conseil départemental pour revaloriser les moyens financiers que l'on met en face de la dépendance. Actuellement, le GIR moyen pondéré est à 770. Le Groupe Iso Ressource permet de qualifier la dépendance. Le GIR 6 qualifie des gens autonomes alors que le GIR désigne des gens entièrement dépendants. L'année dernière, le GIR moyen pondéré était à 728. Cela signifie qu'en un an, la dépendance a augmenté et nous n'avons pas les moyens humains de donner des soins de qualité. Nous souhaitons également du personnel formé afin d'encadrer, dans les meilleures conditions, les résidents pour qu'ils soient en sécurité. »

Selon Eve Comtet Sorabella, infirmière syndicaliste, « la convention serait actuellement en renégociation. En fonction du positionnement de l'ARS et du Département, nous aurons ou pas un réajustement des effectifs. Nous sommes totalement dépendants de ces décisions là. Il faut que les deux instances prennent la mesure des besoins dans les maisons de retraite en terme d'effectifs soignant. C'est là où le bas blesse ! L'accompagnement des résidents doit progresser en fonction de leur dépendance et c'est ce qui ne se fait pas. C'est un choix politique de décider de mettre de l'argent dans les maisons de retraite. Les familles payent cher l'hébergement et en regard de cela, elles doivent avoir un service à la hauteur. Nous attendons de voir à quelle sauce nous, personnel, nous allons continuer de pouvoir exercer et eux résidents de continuer d'être hébergés. »

M.A.

 

 

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Photos : M.A.

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