dimanche 21 juillet 2019
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Actualisé

En grève depuis 40 jours pour crier haut et fort le manque de personnel, les soignants.tes des Urgences pédiatriques ont vécu une nouvelle nuit d'angoisse du 5 au 6 juillet : une urgence vitale s'est présentée alors que l'effectif infirmier.ère était insuffisant. Une infirmière est restée 2h de plus pour aider sa collègue à faire face à cette situation.

Selon les informations portées à la connaissance de macon-infos, un CHSCT extra-ordinaire (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) a été demandé par les représentants syndicaux pour mise en danger, des soignants comme des patients. « Le CHSCT extra-ordinaire s'est tenu lundi matin. Nous avons obtenu un poste d'auxiliaire de nuit à compter de lundi prochain » indiquait une des soignantes. « Mais il faut savoir que la direction fait appel au personnel du serve néo-natalité pour palier le manque d'effectif aux urgences pédiatriques... » précisait-elle.

Et d'ajouter : « Nous sommes évidemment loin du compte. La grève continue. »

R. B.

 

L'équipe des urgences pédiatriques communique :

L’équipe des urgences pédiatriques est en grève depuis le 28 mai pour dénoncer des conditions de travail non sécuritaires. En effet, en dehors de la période des épidémies hivernales, il n’y a qu’une seule et unique infirmière de nuit pour prendre en charge tous les enfants qui se présentent aux urgences de la partie administrative jusqu’aux soins en comprenant l’évaluation d’accueil et le brancardage voire même le ménage si besoin.

C’est pourquoi nous demandons un poste d’infirmière d’accueil 24h/24, un poste d’auxiliaire de puériculture la nuit pour permettre la réalisation des soins en binôme et un poste de secrétaire pour gérer l’ensemble de l’accueil administratif. Actuellement, l’équipe se trouve en grande difficulté compte tenu d’arrêts maladie qui ne sont pas remplacés. En effet, étant déjà en sous effectif la nuit (une seule infirmière aux urgences pédiatriques de 23 h à 7 h 30) lorsqu’il y a un arrêt et que personne ne peut revenir c’est une infirmière de jour qui passe en nuit. Du coup il n’y a plus qu’une seule infirmière en secteur d’hospitalisation sur la journée !

Finalement, nous avons demandé un CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) extraordinaire qui a eu lieu lundi 8 juillet au matin pour mise en danger des patients et des soignants. Nous demandons des postes supplémentaires afin d’assurer des soins de qualité et dans la sécurité pour les patients et au lieu de ça on nous enlève encore des postes soit disant pour le bien être des patients qui ont le droit d’être pris en charge au sein de l’établissement. Ce CHSCT aurait pu se faire vendredi 5 au matin, mais la direction a jugé que ça pouvait attendre lundi qu’il n’y avait pas d’urgence.

Cependant, alors qu’un arrêt était déjà connu depuis une semaine, vendredi 5 juillet, il n’y avait qu’une seule infirmière de nuit pour le secteur d’hospitalisation et les urgences pédiatriques soit la moitié de l’effectif. N’ayant pas de solution de remplacement la première solution était que l’infirmière des urgences pédiatriques en poste de jour reste pour faire le poste de nuit soit 24 h en continu avec la possibilité d’avoir une pause de 19 h 30 à 23 h car il y avait une infirmière en poste jusqu’à 23 h. Ayant refusé car elle ne pouvait travailler de façon optimale et sécuritaire pour les patients en faisant 24 h de suite en prenant le risque de faire une erreur de prise en charge qui aurait pu mettre en danger de mort les enfants. Devant son refus, la solution a été de laisser l’infirmière seule pour les deux services avec la possibilité de demander de l’aide aux collègues du service de néonatalogie qui se trouve juste à côté de la pédiatrie et l’arrêt des hospitalisations à compter de 23 h, heure à laquelle l’infirmière se retrouvait seule.

Cependant, la réalité fût toute autre car une urgence vitale s’est présentée dans la nuit et a nécessité l’aide d’une infirmière de néonatalogie. La décision d’arrêter les hospitalisations n’a pas été respectée car cet enfant est resté hospitalisé avec une surveillance paramédicale rapprochée, augmentant de façon considérable la charge de travail de la seule infirmière du service.

Le week-end fût également compliqué car deux nouveaux arrêts infirmiers entraînant l’absence d’infirmier aux urgences pédiatriques les deux nuits. La nuit de samedi a été assurée par une infirmière de néonatalogie (en faisant revenir sur son jour de repos un infirmier en poste de nuit en néonatalogie), mais le dimanche, aucune solution n’étant trouvée, le directeur a pris la décision de fermer cinq lits de néonatalogie, permettant ainsi de transférer une infirmière de néonatalogie de nuit aux urgences pédiatriques de nuit sans faire revenir de personnels sur leurs repos. En contrepartie, quatre prématurés ont été transférés de la néonatalogie en pédiatrie, augmentant ainsi nettement la charge de travail et faisant encourir un risque infectieux majeur pour ces bébés qui sont fragiles. Dans la législation, pour la prise en charge des enfants en néonatalogie, il faut une infirmière pour cinq enfants.

Finalement, en pédiatrie, à de nombreuses reprises de jour et toutes les nuits, l’infirmière s’est retrouvée seule pour 4 prématurés et une dizaine d’enfants de pédiatrie, respectant à la lettre le cadre législatif ! Tout au long de la semaine, la situation a perduré, avec le maintien de la fermeture de lits en néonatalogie jusqu’au 15/07 au matin pour le moment. Les infirmières de néonatalogie continuent à venir faire certains postes de nuit en pédiatrie.

Mardi 9, mercredi 10 et vendredi 12, une seule infirmière était en poste de jour en secteur d’hospitalisation au lieu de deux avec une moyenne de 10 à 14 enfants d’hospitalisés dont trois prématurés. Une question se pose, lors d’une situation de grève en service de pédiatrie, le service minimum assigné est de 2 infirmières et 2 auxiliaires de puériculture de jour et d’une infirmière et d’une auxiliaire de puériculture de nuit. Or, depuis une semaine, alors que la pédiatrie n’est pas en grève, l’effectif des soignants est inférieur au service minimum certains jours.

Dans cette situation, comment travailler dans des conditions optimales ? Compte tenu de la situation catastrophique vécue par l’équipe de pédiatrie/urgences pédiatriques le week-end dernier, il a été acté au CHSCT un poste supplémentaire d’auxiliaire de puériculture de nuit aux urgences pédiatriques à compter du 15/07. Cela nécessite le recrutement de 3 auxiliaires de puériculture qui pourra prendre un certain temps compte tenu des difficultés de recrutement évoquées par la direction. Cette création de poste correspond à l’une de nos revendications mais ne répond pas à l’ensemble de nos demandes, c’est pourquoi le mouvement de grève continue afin d’obtenir le personnel suffisant pour une prise en charge adaptée au flux en constante augmentation des urgences pédiatriques.

Devant ces situations critiques pour la prise en charge des enfants du bassin Mâconnais, un droit de retrait en matière de santé publique a été déposé à l'ARS afin de pouvoir apporter aux petits patients une prise en charge adaptée dans la sécurité et la sérénité qu’ils méritent. L’équipe des urgences pédiatriques est épuisée et ne sait plus comment faire pour continuer à exercer un métier de dévouement et d’empathie sans y laisser leur propre santé tant physique que morale. Nos enfants méritent qu’on les prenne en charge de façon optimale dans un moment qui pour eux est déjà suffisamment traumatisant pour ne pas l’accentuer avec des problématiques humaines qui ne les concernent pas.

Nous nous battons pour vous, pour vos enfants et pour pouvoir continuer d’exercer un métier que nous avons choisi et qui nous tient à cœur mais jusqu’à quand ?

 

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