Communiqué

 

L’appel :

"Les hommes, les femmes et les enfants enfermé·e·s dans les centres de rétention administrative français* sont dans une situation de désespoir rarement égalée. Des personnes étrangères s’automutilent ou tentent de se suicider dans les centres de rétention administrative. Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie.

Ces actes qui se multiplient à une fréquence inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à une situation extrêmement alarmante.La Cimade, qui intervient dans 8 centres de rétention administrative pour accompagner les personnes enfermées dans l’exercice de leurs droits, prend l’initiative d’interpeller publiquement le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, premier responsable de ce choix d’utiliser l’enfermement en rétention comme outil principal d’une politique d’expulsion. Cette politique du gouvernement banalise la privation de liberté des personnes étrangères.

22 organisations engagées en faveur des personnes migrantes et réfugiées se sont associées à cette lettre ouverte qui pointe du doigt les effets catastrophiques de la loi Asile et Immigration de septembre 2018, qui a notamment doublé la durée maximale de rétention. Cette loi permet désormais d’enfermer toutes les personnes visées durant trois mois, ce qu’aucun gouvernement français n’avait jamais jusqu’alors proposé. Or, les statistiques sont formelles : enfermer plus longtemps ne permet pas d’expulser plus.

En revanche, être privé·e de liberté derrière des barbelés pendant 90 jours, c’est subir une machine à enfermer qui brise des vies, notamment celles d’enfants, dans un environnement carcéral oppressant.

 

La Cimade, avec 21 organisations, interpellent le ministre de l’Intérieur pour lui demander de :
• Faire cesser cette politique du tout enfermement qui conduit à la maltraitance de personnes étrangères ;
• Proscrire tout enfermement d’enfants en rétention ;
• Assurer la protection des personnes les plus vulnérables, parmi lesquelles les personnes malades ;
• Mettre un terme aux pratiques illégales de l’administration.

 

Lettre ouverte et pétition initiées par La Cimade avec le soutien de Médecins du Monde, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Amnesty International France, le GISTI, le CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Comède, le Secours islamique, ADDE, le MRAP, l’ACAT, le Syndicat de la magistrature, le Secours Catholique – Caritas France, l’Uniopss, la Fasti, Le Collectif des morts de la rue, Emmaüs Solidarité, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau et l’Anafé.Vous pouvez consulter le lien ci-dessous pour de plus amples informations :
https://www.lacimade.org/agir/petitions-appel/monsieur-castaner-votre-politique-denfermement-en-retention-a-franchi-la-ligne-rouge/Pendant ce temps ...

 

A Mâcon, on peut laisser des enfants dormir dehors pendant la canicule comme on a pu les laisser dans le froid et la neige il y a deux ans. A Mâcon aussi, on envoie certains en centre de rétention en séparant parfois des familles, (*Rétention administrative : enfermement des personnes étrangères (hommes, femmes et enfants) pour le seul fait qu’elles ne sont pas en règle d’un point de vue strictement administratif. En vue de leur expulsion, elles sont privées de liberté par l’administration et subissent un traitement carcéral, alors qu’elles n’ont commis aucune infraction au sens pénal). On utilise des mesures de justice appelées "mesures utiles" (occupation de l'espace public), sans respect des obligations de l’État concernant le droit d'asile, obligeant des familles à se déplacer d'un lieu à l'autre dans une errance mortifère et insalubre en attendant le traitement légal de leur situation.

Mais samedi 29 juin, au Spot, un magnifique moment autour de Lamartine nous a rappelé avec émotion ce que pouvait être le rôle d'un élu de la République.
Alors plaçons nous sous l’égide de celui qui a honoré notre ville de son humanisme éclairé. Lamartine qui écrivait "je suis de la couleur de ceux qu'on persécute" aurait sans doute été attentif à ceux prêts à affronter les pires difficultés, emportés par une espérance tragique.

 

L'égoïsme et la haine ont seuls une patrie ;
La Fraternité n'en a pas.
Alphonse de Lamartine


Signataires : Ligue des droits de l’Homme, RESF Mâcon Cluny, Collectif Monnier, Collectif JEM, Groupe ASTI Mâcon.