lundi 25 mai 2020
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À la lecture de l’article paru le 6 mars sur le projet de centre éducatif fermé de Chardonnay, nous souhaitons apporter les précisions suivantes.

En tant que parlementaires, il est de notre rôle d’être à l’écoute des maires et de leurs préoccupations.

 

Dès que nous avons été saisis, en juillet 2018, par Paul PERRE, maire de Chardonnay, et les élus des communes environnantes, nous nous sommes inquiétés, tout comme eux, du sort réservé au Château de Montlavillle, bâtiment historique datant de 1870, et de la pertinence du choix fait par l’association « La Sauvegarde 71 » de transformer cette demeure en un centre éducatif fermé, destiné à accueillir 12 jeunes âgés de 13 à 18 ans impliqués dans un parcours de délinquance.

 

Ce n’est évidemment ni le travail de l’association, que nous saluons, ni l’objectif du programme, promu par le ministère de la justice, pour une alternative à l’incarcération des mineurs, que nous mettons en cause mais bien la méthode et le lieu.

Ce projet est né, dans l’urgence, après que le bail du CEF, situé à AUTUN, n’ait pas été reconduit par le maire, Vincent CHAUVET, du fait de nombreux incidents - insultes et violences - enregistrés depuis l’ouverture, en 2005.

 

Dès lors, il est bien légitime, dans un système démocratique, que nous interrogions sur l’opportunité du transfert d’un tel établissement, au sein d’un château, dans une petite commune rurale de deux cents habitants, dont la vocation est plutôt de se tourner vers le développement de l’œnotourisme et le monde du vin, grâce à la renommée mondiale de son cépage CHARDONNAY.

Soucieux de l’efficacité et de la maîtrise des budgets, nous nous interrogeons également sur les coûts d’une telle opération. Au montant d’acquisition du bien immobilier, 600 000 €, s’ajoutent en effet des travaux conséquents qui s’élèveraient à trois fois ce prix d’acquisition. Quant aux frais de fonctionnement, il est rappelé que le coût de prise en charge est de 700 € par jour et par jeune.

 

Aujourd’hui, il n’est pas avéré que la construction d’un bâtiment neuf soit plus onéreuse. Cette solution présente l’avantage d’une structure plus adaptée, en termes de surface et d’environnement, et mieux située, à proximité des centres urbains et économiques, comme le prescrivent, eux-mêmes, les services judicaires de la jeunesse, afin de favoriser une insertion progressive sur l’extérieur.

 

C’est pourquoi, les propositions de terrains d’assiette faites par les communes d’EPERVANS et de VARENNES-LE-GRAND restent d’actualité pour implanter ce centre, dans le respect du cahier des charges qui ne nous a toujours pas été communiqué, malgré notre demande lors de notre rendez-vous au ministère.

Le Département de Saône-et-Loire s’intéresse aussi au projet de reconversion du Château de Montlaville, en partenariat avec la filière viticole, et des pistes pourront être évoquées dans les prochaines semaines.

 

Aussi, il est urgent de retrouver la sérénité qu’impose ce dossier. Il est nécessaire de dégager une solution viable pour le bien-être des mineurs concernés, pour le succès de la Sauvegarde 71 dans sa mission de service public, et pour la commune qui accueillera le CEF par choix dans un projet de territoire. C’est le sens de nos démarches et de notre engagement.

 

Marie Mercier, Jean-Paul Emorine et Jérôme Durain 

Sénateurs de Saône-et-Loire

 

 

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