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Je le confesse, je n'avais jamais entendu parlé de la « Grande peur » issue de la révolte de ceux qu'on appelaient les « Brigands ». C'était en 1789 ! Il faut croire qu'à l'école, c'est comme sur certaines chaînes de télé parisiennes, on a le sentiment qu'il n'y a que Paris et la Bastille qui comptent...

 

Mais non ! Au hasard d'une recherche sur le lavoir d'Igé, pour lequel des bénévoles, constitués en association, se mobilisent afin d'en assurer la restauration, je tombe sur un site internet répertoriant le "petit patrimoine" local. Le site évoque une révolte paysanne en Mâconnais. Celle qu'on a appelé la Grande peur dans les provinces françaises avait atteint le Mâconnais.

Evidemment, en cette fin d'année marquée par les manifestations des gilets jaunes, cette révolte historique locale de juillet 1789 m'intrigue et m'interpelle.

A la lecture d'un document d'archive, je découvre en effet que les Mâconnais étaient révolutionnaires, et pas qu'un peu... A l'époque, ils pillent et saccagent à peu près tous les châteaux de la région, symboles de féodalité. Igé, Lugny, Péronne, Cormatin, Pierreclos, Saint-Point etc. L'abbaye de Cluny fut elle aussi menacée par une troupe de six cents hommes. Une milice bourgeoise assurera sa défense.

« La révolte des paysans fut particulièrement grave en Mâconnais » peut-on lire sur ce document d'archive. « Les paysans, écrasés de misère dans une région où le régime seigneurial était particulièrement dur, profitèrent d'une vague rumeur selon laquelle le roi et l'assemblée toléreraient la destruction de ce régime pour s'attaquer aux châteaux, aux presbytères, parfois aux maisons bourgeoises. »

L'époque n'avait pourtant pas facebook et les fake news...

La révolte commença à Igé le dimanche 26 juillet pour durer cinq jours.

La Grande peur est celle de la population bourgeoise, qui réagit à cette violence en constituant un comité pour condamner les paysans révoltés à mort. Vingt-sept furent pendus à Mâcon, Cluny et Tournus début août 1789.

À l'origine déjà, les impôts et taxes qui pesaient sur une population de paysans pauvres et misérables.

A côté de ces paysans révoltés, les gilets jaunes à Mâcon et dans bien des petits coins de France sont des gentils.

A bon entendeur.

 

Rodolphe Bretin

 

Cliquez ici pour lire l'intégralité du document d'archive qui raconte la Grande peur en Mâconnais