jeudi 22 août 2019
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Marie-Noëlle Lienneman, Sénatrice ex Parti Socialiste (PS), et Bastien Faudot, Porte-parole du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), étaient à Mâcon ce mercredi soir pour présenter leur projet de parti politique qui fédérerait l’actuel MRC et le mouvement « Après ».


Les deux ténors sont venus à Mâcon à l’invitation du local Emmanuel Jallageas, délégué départemental du MRC, et de Denis Lamard, conseiller régional BFC, qui a récemment quitté le PS pour rejoindre notamment Marie-Noëlle Lienneman et Emmanuel Maurel au sein d’Après.

Environ 45 militants étaient présents à cette soirée-débat. Emmanuel Jallageas a introduit la soirée en remerciant les militants présents venus de Bresse louhannaise, de Dijon ou plus localement en rappelant l’existence du Collectif des Alternatives Sociales et Citoyennes qui fédère déjà les forces de gauche en Mâconnais.

Denis Lamard a ensuite pris la parole pour présenter le contexte. « Nous sommes en Saône-et-Loire sur les terres de Lamartine, Joxe ou encore Montebourg. Des résistants de la gauche n’ont parfois pas hésité à se dresser. Par exemple, à la fête de la Rose à Frangy en 2014 où les demandes d’infléchissement de la politique socialiste ont précipité la chute du Gouvernement de Manuel Valls et ont (malheureusement) vu l’arrivée d’Emmanuel Macron en tant que Ministre de l’Économie. J’ai moi-même pris congé du PS suite à la loi Travail et celle sur la déchéance de nationalité. »

« Je suis sorti récemment pour rejoindre « Après ». J’ai franchi ce pas avec grand plaisir. C’est une vraie respiration. Le congrès de septembre 2018 de « Causes communes » à Marseille, où on a eu une capacité à discuter avec les autres partis, n’a fait que confirmer mon choix. »

« Avec la gauche d’Après, on sait d’où on vient et on sait pour qui on se bat (Ndlr : les catégories les plus modestes). »


Pour Marie-Noëlle Lienneman, « un grand bouleversement est en cours. Personne ne voit la couleur de la mondialisation heureuse. Cette crise, à la fois sociale, écologique et des valeurs, va amener une recomposition politique nécessaire. La gauche, en France comme ailleurs, est défaillante. L’alternative tarde à émerger. On a le choix entre attendre que ça se passe et en être acteurs. Nous avons choisi la deuxième option en nous liant au MRC et en convergeant vers la France Insoumise (FI) de Jean-Luc Mélenchon. Il convient de créer ce nouveau parti politique avec optimisme et détermination pour aller vers un nouveau Front Populaire et lutter contre l’atomisation des forces de gauche. « 

« La gauche française a toujours été diverse. On doit s’unir sur un programme. Nous croyons aux corps intermédiaires et donc à l’avenir des partis politiques. Notre nouveau parti sera partie prenante de la FI sans être subordonnée à quiquonque. Il s’agit d’une convergence atypique dans une période qui l’est toute autant. »


Bastien Faudot a parlé de « crise de la pensée politique ». Selon lui, « l’idéologie libérale dominante est rabâchée comme un refrain depuis des années. Il convient de penser un autre modèle politique pour faire resurgir l’espoir. C’est une tâche immense où nous voulons apporter notre pierre. »

Le mouvement des gilets jaunes


Pour Marie-Noëlle Lienneman, « ce mouvement a un certain rejet du monde politique. Néanmoins, beaucoup de nos revendications sont communes telles que le Smic à 1 300 euros et la sauvegarde des services publics. Je suis une keynésienne, je crois à la relance par le pouvoir d’achat. Nous n’avons pas pour autant l’intention de tenter de récupérer politiquement le mouvement. »

Bastien Faudot a quant à lui essayé d’expliquer ce mouvement par les fractures au sein du pays. « D’abord des fractures territoriales, j’entends là les territoires ruraux mais aussi les banlieues, et ensuite la fracture sociale entre ceux qu’on prétend « assistés » et ceux qui contribuent à l’impôt. Ces différentes France souffrent tous les jours du libéralisme. Les revendications des gilets jaunes sont importantes. Ces militants ont également un besoin de reconnaissance certain. »

Essai de synthèse

Pour tous les intervenants, ce nouveau parti doit faire sortir la gauche française de l’ornière et fédérer. Ils ne demandent pas une révolution mais un « réformisme conséquent ». L’enjeu est fort face aux blocs libéraux et identitaires qui montent en flèche. Parviendront-ils à fédérer par un discours alternatif positif pour définir la gauche du 21ème siècle ?

Éric Bernet

 




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Marie-Noëlle Lienneman, Sénatrice de Paris

Bastien Faudot, élu belfortain et porte-parole du MRC 




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