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Dans le cadre du projet « Intrapreneur » pour promouvoir la culture entrepreneuriale auprès des jeunes, Virginie De Battista, chargé du développement économique à la Ville de Mâcon, a invité Jean-Louis Étienne.

C’était un pari risqué que d’inviter un tel homme, bourré de talents, de compétences, où ses exploits n’auraient pu que masquer la réalité entrepreneuriale de la vie de l’explorateur.

On ne présente plus Jean-Louis Étienne : successivement tourneur-fraiseur, médecin, explorateur, écrivain… et l’on peut ajouter : conférencier hors pair, qui a su capter l’attention des tout petits comme celle des adultes, et donner, par petites touches successives, les clés de sa fantastique réussite.

Sans le travail, il n’y a pas de satisfaction personnelle

Dans un premier temps à MOSAIC, une invitation presse s’est rapidement transformée en mini conférence par un échange étroit avec les enfants (de 6 à 14 ans), ravis, qui avaient préparé une belle surprise en offrant à l’explorateur un immense journal qu’ils avaient confectionné.

Jean-Patrick courtois, maire de Mâcon, a remercié le docteur d’avoir « répondu à l’invitation de ses adjointes et de venir à Mâcon pour faire part de ses expériences et de son expérience personnelle, de réussite intellectuelle et personnelle puisque c’est l’aboutissement d’un rêve qui vous a amené sur le pôle et à en voir l’évolution. Merci aussi de nous montrer le monde tel qu’il est, avec tous les problèmes écologiques qui se posent…

… Des mots que vous avez eus tout à l’heure en répondant aux questions des enfants, j’ai retenu une phrase : « sans le travail, il n’y a pas de satisfaction personnelle ». Effectivement, et c’est le but de chacun, et c’est naturel, et c’est la satisfaction des enfants que de réussir leur vie, mais je crois qu’il faut qu’ils se rendent compte qu’il n’y aura pas de satisfaction personnelle sans travail. Plus le monde évoluera, plus la société se transformera, plus la notion de travail individuel deviendra fondamentale.

C’est la notion d’avoir sa propre vie, telle qu’on y crois, tel qu’on la voit, avec les idées que l’on peut avoir, quelles que soient ses options philosophiques, religieuses, politiques, on peut, avec le travail, réussir sa propre vie. Merci d’avoir été parmi nous, je sais que votre passage laissera une trace extrêmement importante dans ce quartier. »

 

Inventer sa vie… grâce à la persévérance

 

Jean-Louis Étienne (JLE) est revenu souvent sur la notion de « persévérance ». Le plus difficile est de trouver le chemin. Trouver le bout de la pelote… le plus important est de savoir ce que l’on veut faire.

Par défaut, Jean-Louis Étienne, n’ayant pas satisfait aux critères d’entrée en sixième, a été orienté sur une filière professionnelle pour être tourneur-fraiseur. Ce qu’il a fait. Il dit qu’il en a retiré une confiance en lui, car, avec un métier on acquière une structure de vie, un squelette, qui permet de bâtir sa vie.

Une fois déterminé, il faut poursuivre avec persévérance, sans écouter les détracteurs (il y en a toujours : c’est trop dur, tu n’y arriveras jamais, tu n’en as pas les moyens, Etc.) Tout n’est pas facile ! Il faut se donner les moyens de la réussite par soi-même. Se donner son capital à soi (petits boulots) pour être le plus indépendant possible.

Il faut aussi se battre, contre les incompréhensions, les blocages administratifs et autres. Monter une expédition, c’est comme monter une entreprise avec des compagnons de diverses spécialités, avec son lot de tracasserie administrative (Urssaf, assurances, payes…), trouver les financements, et bien d’autres choses encore.

Toujours avancer, jour après jour, sur le chemin tracé avec ce plaisir énorme « d’avancer » dans l’accomplissement de la tâche que l’on s’est fixé.

Il y a des hauts, et des très bas… Comme ces jours où, sur la banquise, au bord de l’épuisement, Jean-Louis Étienne a pensé renoncer… Mais comment faire ? Il aurait aimé avoir une jambe cassé : sortir sur une civière c’eut été glorieux ! Mais dire : j’ai trop froid… c’est nul ! Il lui a fallu persévérer dans l’effort qui, au final, l’a amené à la réussite de son entreprise.

En cours d’action, si l’on est saisi par le doute, le découragement, il faut remettre le rêve à la surface !

 

Un passeur d’informations

C’est tout le but de son action. Insuffler une dose d’espoir. Les expéditions sont avant tout une quête d’informations qu’il faut analyser et en distribuer les données, pour montrer la voie à suivre. On ne peut entraîner les populations sans leur montrer la voie… Et bien s’imprégner de l’idée que chaque décision prise, personnellement, a des conséquences.

Claude Lorius, glaciologue de renom, qui était présent dans la salle du pavillon, a dit de retour de la base Charcot en 1957 : Le changement est enclenché !

J.L.E dira : La terre, c’est comme le corps humain, il y a une température de bon fonctionnement. La température de la terre a augmenté globalement en 100 ans de 1 degré Celsius. Ça peut paraitre peu ! Mais pensons à l’analogie du corps humain 37° plus 1°… Nous sommes en état « fébricule » et la terre est dans cet état.

Le problème étant « l’effet de serre » généré par la combustion des énergies fossiles. En réponse à une question posée sur la pertinence des COP, JLE a indiqué qu’il était bon que ce fut cette année en Pologne, gros consommateur de charbon, comme beaucoup d’autre pays.

L’ennemi N°1 est le charbon. Il est souvent rétorqué que la fermeture des mines va mettre au chômage beaucoup de monde… Combien de morts sont dus au charbon pourvoyeur, en grande partie, de CO2, responsable du changement climatique qui entraîne les migrations, inondations, incendies, etc. ?

Nous ne savons pas traiter le CO2 généré. Il faut trouver des solutions alternatives, mais quand on voit les problèmes rencontrés pour implanter des éoliennes dans nos campagnes… Il faut lutter contre la déforestation, cesser d’agresser la nature, car, actuellement, il n’y a que la nature qui sache faire cela, en transformant le CO2 par la photosynthèse.

Chacun doit, à son niveau, réfléchir à chacun de ses gestes et décisions, à l’aune de la pollution au CO2. Pendant longtemps, nous avons cru que nous pouvions déverser nos déchets, en toute impunité, dans la terre, les océans, l’espace. Nous avons pris conscience de nos erreurs.

Chacun doit, à son niveau, réfléchir à chacun de ses gestes et décisions, à l’aune de la pollution.

Cette mémorable conférence s’est terminée par un grand moment de convivialité.

Gilles Lalaque

 

 

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Jean-Louis Étienne 

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Jean-Louis Étienne reçois les cadeaux des enfants de MOSAIC

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Madame De Battista et J-L. Étienne

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Claude Lorius

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Deux « monstres sacrés » de l’écologie, réunis: Jean-Louis Étienne et Claude Lorius

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Intervention de Jean-Patrick Courtois, maire de Mâcon

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