Communiqué

 

Quoi que l’on pense de l’homme ou du ministre, il faut écouter et se saisir du message que Nicolas Hulot a voulu envoyer par sa démission :  la planète brûle et nous regardons ailleurs.

 

Les propos tenus pendant l’interview ne sont pas seulement extrêmement alarmistes, ils décrivent la nécessité et l’urgence de «  changer de paradigme  », c’est-à-dire de décider d’arrêter «  d’emprunter un chemin tragique  ».

 

 

Dans une longue énumération des reculs et des échecs –  « Est-ce que nous avons commencé à [...] la réponse est non  ! » - Nicolas Hulot pose comme objectifs cruciaux pour ne pas basculer dans  « la tragédie climatique  » le fait «  d’enrayer l’érosion de la diversité  » et celui «  d’arrêter l’artificialisation des sols  ».

Le ministre de l’écologie démissionnaire reproche aussi bien au monde politique qu’à la société dans son ensemble de se faire complice de cette pente vers l’abîme civilisationnel par son «  refus de remettre en cause le modèle dominant  ».

 

Toutes ces considérations ne peuvent que  nous ramener aux projets aberrants de Center Parcs en Bourgogne Franche Comté et ailleurs  qui s’inscrivent totalement dans la logique décriée par N. Hulot.

Pour des considérations économiques de court terme – créer quelques dizaines d’emplois dans des zones rurales – et sous la pression des lobbyistes d’une multinationale du tourisme,  des élus locaux et régionaux sont prêts à laisser artificialiser des centaines d’hectares de zones naturelles forestières riches de leur biodiversité.

Déforestation, imperméabilisation des sols, atteintes aux zones humides, destruction d’habitats fragiles sont au programme  dans le but de faire venir sur des espaces naturels encore intacts les dizaines de milliers de touristes destinés à gonfler le PIB des secteurs concernés.

Vouloir mener à terme ces projets de Center Parcs correspond très exactement à ce que le ministre de l’écologie a voulu dénoncer  :  une vision de courte vue qui choisit de sacrifier l’avenir au profit de considérations économiques de court terme. Une pensée bloquée incapable de remettre en cause le modèle de consommation dominant et de voir le lien entre les dégradations du climat et de la biodiversité et le mode de " développement " qui les provoque.

   

Nicolas Hulot a encore ajouté que  « la responsabilité, elle est collective, elle est collégiale, elle est sociétale  ».

Il est temps de prendre nos responsabilités.

Il est temps de reprendre la main et d'arrêter le saccage de notre environnement.

 

Des citoyens aux Président-e-s de Région, en passant par l’ensemble des élus locaux, nous attendons  qu’ils disent haut et fort au promoteur bétonneur de forêts : « les Center Parcs, c’est fini, aujourd’hui nous savons le risque, nos forêts valent plus que vos bénéfices.  » 

 

Jacquy Lièvre

pour Savoir-Comprendre-Agir