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A l'invitation du maire Yves Andreux, une centaine d'habitats est venue en juillet échanger sur les pratiques viticoles, en présenc de Jacques Tourny, maire délégué de Loché et conseiller départemental de Saône-et-Loire, et Jérôme Chevalier, président de l'UPVM.

Le maire a souhaité cette rencontre avant que ne naissent ou ne s'installent trop de malentendus et de polémiques. A ses côtés, Jacques Tourny, maire délégué de Loché, et de nombreux vignerons dont Richard Goyat, président de la cave coopérative opérant sur les deux communes.

 

C’est donc Benjamin Alban, responsable du service Vigne et Vin à la chambre d’Agriculture de Saône-et-Loire qui ouvrit le débat avec un historique pour rappeler les bases du métier. La "vigne", c’est une histoire qui dure depuis au moins 8.000 ans ! Les terres en Bourgogne sont largement occupées par leur exploitation. Le travail manuel représente à l’année 350 heures par hectare et seulement, 35 heures pour la partie mécanique !

 

Après avoir rappelé ces repères pour que tout le monde est les mêmes bases pour discuter, Jérôme Chevalier, président de l’Union des producteurs de vins mâcon (UPVM) et président délégué de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) entra dans la partie délicate des traitements. Avec cette question centrale pour tous : comment bien vivre ensemble ?

Car évidemment, la pierre d'achoppement à l'heure actuelle porte sur les traitements phytosanitaires et plus particulièrement sur les effets possibles des produits sur la santé (environnement, humain...). Il est pourtant nécessaire de rappeler que les vignerons ne traitent pas par plaisir mais par obligation. La vigne sans traitement produirait de faibles volumes et de qualité médiocre. Ce qui signerait la fin des bonnes bouteilles sur nos tables...

 

Plus de droit à l'erreur

 

Concrètement, les traitements sont indispensables. Ils s’étalent  sur une centaine de jours avec une moyenne de sept à huit passages en conventionnel, selon la pression maladies, ravageurs.... Avec une météorologie compliquée ces dernières années, les vignerons connaissent d'ailleurs de plus en plus de difficultés à lutter contre les maladies de la vigne. Cette année à mildiou le confirme. Evidemment, les vignerons ne font pas ces traitements de gaîté de coeur et ils sont informés et conscients des conséquences.

Tout en traitant moins ou mieux, ils cherchent simplement à préserver leur récolte. Reste que, à Vinzelles et à Loché comme ailleurs, il arrive qu’il y ait - quelques fois - un manquement aux règles en la matière.  Une charte départementale et une charte régionale, chacune signée par différents organismes de la viticulture en Saône-et-Loire ou en Bourgogne et Franche-Comté, sont là pour le rappeler à tous les vignerons et... citoyens.

 

Ces chartes se veulent le début d’un dialogue constructif. Appliquées avec bon sens, elles pourraient être l’amorce d’une meilleure pratique des traitements avec le souci de protéger l’environnement, les écoles,  les personnes sensibles.... Là encore, il faut remettre le travail sur l'ouvrage en respectant les règles de base: respecter la météo. Le vent tout particulièrement est devenu un ennemi redoutable lors des pulvérisations. Le matériel est aussi parfois dans le collimateur. Le pulvérisateur à canons devrait disparaître, selon la CAVB !

 

Au cours du débat avec le public, plusieurs questions avaient leur importance : notamment, celle de pouvoir dialoguer avec les occupants proches des vignes. Communiquer avant de traiter et jouer la transparence. Le « bio » est-il l’avenir ? Mieux connaître le produit et sa dangerosité ! Que sont ces fameux médicaments de la vigne ? Pourquoi sont-ils encore en service. ?Benjamin Alban et Jérôme Chevalier répondirent d’une même voix : " aujourd’hui nous n’avons pas d’alternative, les laboratoires intensifient leurs recherches, les ministères de l’agriculture et de la santé sont en alerte. Le risque sanitaire existe ".

 

Les maires de Vinzelles et Loché sont conscients de cette situation et sont d’accord pour renouveler, si besoin, ce genre de réunion avec les populations des deux communes afin de permettre ainsi, à tous, de suivre la progression de la protection de nos villages et de notre santé.

Michel Moreau

 

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