mercredi 18 juillet 2018
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Mâconnais

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K.C., 30 ans, 16 mentions au casier judiciaire. Son avocat le compte en page – 5 en tout ! retraçant le parcours d'un individu qui, manifestement, a du mal à gérer ses pulsions agressives...

 

Malgré 21 mois de prison ferme et de nombreuses alternatives à l’incarcération, cet homme originaire des Vosges et domicilié dans le Mâconnais depuis 2010, a été jugé ce lundi, en comparution immédaite, pour violences en état d'ivresse commises le 11 mai à Cruzille.  

Sa victime, un jeune de 21 ans, s'est retrouvé à l'hôpital de Dijon pour une intervention chirurgicale de toute urgence après avoir subi, selon elle, un coup de genoux dans le visage de la part du prévenu. De nombreux hématomes, une hémorragie à l'œil gauche ainsi que plusieurs fractures au même niveau lui ont valu 15 jours d'ITT (Incapacité totale au travail) avec un risque sérieux d'atteinte du champ visuel.

 

Le prévenu nie les faits malgré des témoins

 

La scène s'est déroulée le 11 mai dernier à Cruzille, au Nord de Mâcon. Le jeune homme, F.G., participe à une fête à la salle des fêtes du village, organisée par son employeur en l'honneur de son fils. L'alcool coule sans doute à flots, ce qui ne convient pas à tout le monde : c'est dans ce contexte qu'une altercation a lieu entre l'organisateur de la soirée et la victime, qui n'avait a priori pas été invitée. Mais la querelle sera vite réglée, sans conséquence.

C'est à ce moment que, d'après des témoins et la victime, le prévenu serait intervenu en écartant le jeune du groupe vers un petit escalier à l'abri des regards. Quand F.G. revient après quelques minutes, son visage est en sang ! « Son visage paraissait comme enfoncé » témoignera son père plus tard. Personne n'a réellement observé la scène et, alors que le témoignage de la victime est corroboré par la déclaration de trois autres personnes, l'agresseur, lui, nie toute implication dans cette histoire. « Je ne le connais même pas ! Quand j'ai vu que le ton de la soirée montait, j'ai préféré partir » s'est-il défendu devant le tribunal de grande instance, en suggérant que le jeune homme ait pu tombé dans les escaliers.

Pourtant, pour la procureure, « la temporalité ne laisse que peu de doutes sur le déroulement des faits ».

 

Un complot maléfique contre la victime ?

 

Deux autres explications se présentent : l'agresseur encore présumé subissant un traitement médicamenteux lourd, notamment pour gérer ses pulsions agressives ainsi que pour des crises épileptiques, la procureure émet l'hypothèse d'une crise épileptique et d'un oubli de ses actes - « je ne pense pas » dément l'accusé ; ou bien les 18 cachets que ce jeune homme prend tous les jours n'ont pas fait bon ménage avec l'alcool et occasionné une perte de contrôle - « mais je n'ai pas bu d'alcool, j'étais au jus d'orange » dément-il une nouvelle fois, alors que des témoins ont indiqué l'avoir vu consommer de l'alcool.

 

Et si tout cela n'était finalement qu'un complot pour nuire à l'accusé ? En tout cas, c'est l'hypothèse que l'avocat de la défense soutient lors de sa plaidoirie : « J'ai bien dit à mon client qu'avec un casier pareil, il ne faut pas jouer le malin, donc ça ne lui servirait à rien de mentir » a-t-il souligné, convaincu de l'innocence de son client.

« L'ambiance n'a pas été creusée, les trois seuls témoins interrogés sont des amis de la victime » a-t-il déployé, en laissant entendre que ceux-ci se seraient mis d'accord pour nuire à K.C., le prévenu. « Au vu des incohérences, des ressentiments et de la proximité entre les témoins, je vous demande de faire preuve de scrupule juridique sur le plan des preuves » s'est-il adressé au juge. « Le casier, suffit-il pour décider de sa culpabilité ?... » a-t-il interpellé.

 

En face, son confrère qui défend les intérêts de la victime, a une réponse : « Son dossier parle contre lui ! » a-t-il fustigé, en traitant l'accusé de « manipulateur ». « C'est une personne dangereuse, pour elle, pour les autres, pour la société ! » a-t-il affirmé, se désolant que l'accusé n'ait à aucun moment « assumé la responsabilité pour ses actes ». Il est rejoint par la procureure qui voit « une nécessité de protéger la société » contre cet homme qui, malgré son casier bien rempli, était, selon plusieurs rapports, sur une voie positive ces dernières années, notamment grâce au soutien de son employeur viticulteur, qui avait adressé au juge une lettre élogieuse dans laquelle il décrit un jeune homme « fiable, sérieux et indépendant ».

 

Mais le tribunal n'est pas convaincu. Après le délibéré, il requalifie les faits en violences volontaires, sans état d'ivresse et déclare le prévenu coupable.

Il le condamne à 15 mois de prison ferme et révoque un sursis d'une condamnation de 2016, ce qui ajoute 3 mois. Il devra également payer un accompte de 2000 € à la victime pour le préjudice subi en attendant une expertise médicale qui servira lors du renvoi en procédure civile pour déterminer la somme finale de l'indemnisation.

 

Le prévenu, incarcéré depuis le 3 juin, est maintenu en détention et laisse derrière lui trois enfants en bas âge ainsi que sa compagne qui était financièrement dépendante de lui. Il lui est toutefois possible de faire appel dans un délais de 10 jours.

Delphine Noelke

 

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