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Le délégué interministériel à la Sécurité routière était présent ce matin à Mâcon, en préfecture, pour porter la parole de l'Etat et faire oeuvre de pédagogie en matière de Sécurité routière. Il va dans tous les départements, 40 entre mars et juin. Un travail de conviction.

Et une nécessité biensûr, au regard du vent de protestation et de polémique qui souffle dans le pays depuis l'annonce de la baisse de la limitation de la vitesse autorisée à 80km/h. Et c'est évidemment là-dessus qu'ont insisté le délégué et le préfet de Saône-et-Loire Jérôme Gutton ce vendredi, en précisant tout de même que cette mesure est une parmi 17 autres !...

 

Mais c'est elle qui cristallise les passions, forcément. « J'entend parfois le mot racket... c'est très excessif. Je vous donne deux chiffres : le produit des amendes routières par radar en France est de 1 millard d'euros. Le coût des accidents pour la société est estimé entre 35 et 50 millards d'euros. Et depuis trois ans, le nombre de personnes tuées sur les routes est reparti à la hausse. L'Etat se devait donc d'agir pour réinverser la tendance, il le fait, au risque de l'impopularité. »

 

Autre chiffre éloquent comparativement, celui du nombre de morts sur les routes en France, en moyenne, pour 1 million d'habitants : il est de 53. « En Saône-et-Loire en 2017, pour 555 000 habitants, il était de 46. Il est donc de mon devoir de faire en sorte que la Saône-et-Loire prenne toute sa part dans le travail pédagogique à faire auprès de la population » a appuyé le préfet.

 

A la question de l'amende vécue comme injuste pour un dépassement de quelques kilomètres/heure, le délégué interministériel est allé chercher Voltaire : « Dans une avalanche », disait le philosophe, « aucun flocon ne se sent responsable. » Cela pour mieux dire que pour lutter contre ce fléau des morts sur la route, chaun à sa responsabilité. « La Sécurité routière est un plan de masse. Pensez que si quelqu'un jette un papier de bonbon par la fenêtre, la planète peut s'en remettre. En revanche, si nous sommes des milliers, voire des millions à le faire, le problème change complètement de dimension. Il en va de même pour sauver des vies sur les routes. »

Ceci étant dit, « la plupart des radars fonctionnent avec une marge technique de 5km/h. Si le conducteur reçoit une amende, c'est qu'il dépassait la vitesse autorisée d'au moins 6km/h » ajoutait le délégué.

 

Et de convoquer le passé : « en 1972, nous avions 18 000 morts sur les routes. L'Etat a rendu le port de la ceinture obligatoire et imposé le port du casque et le contrôle technique pour les véhicules, instauré le permis à point, limité la vitesse autorisée etc. A chaque fois, la protestation était au rendez-vous. Mais au bout du compte, tout le monde a accepté et il y a eu une forte baisse de la mortalité sur les routes, heureusement pour tout le monde. Ces politiques ne sont pas vaines, au contraire. »

 

L'objectif annoncé est de sauver 300 à 400 vies par an sur les routes de France. Dont acte.

 

La RCEA dans tout ça

Définie comme route non pardonnate en cas de faute de conduite (au contraire des autoroutes, routes pardonnantes car très sécurisées), la Route centre europe atlantique a la particularité d'avoir des portions limitées à 90km/h, d'autres, en 2x2 voies, limitées à 110. Les portions à 90 seront évidemment concernées par l'abaissement à 80km/h. Le 110 ne sera pas abaissé. « Les Départements ont consenti des investissemetns suffisament importants pour que ces portions à 2x2 voies soient toujours limitées à 110. »

Rodolphe Bretin

 

 

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Emmanuel Barbe et Jérôme Gutton, préfet de Saône-et-Loire