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Il y a un an, la dernière campagne présidentielle battait son plein. Les sondages, unanimes, pointaient la montée en flèche du taux de pourcentage de voix favorables à Jean-Luc Mélenchon.

 

« Je serai le dernier président de la Ve République… On va gagner… », déclarait le candidat au poste suprême. Ainsi commence le documentaire de Gilles Perret. Le réalisateur était au Cinémarivaux lundi soir pour présenter « L'Insoumis » à près de 150 personnes.

 

De février 2017 au soir du 23 avril 2017 (date du premier tour de l'élection présidentielle), Gilles Perret s'est attaché aux pas de l'homme politique et lui a pratiquement « collé aux fesses », selon ses propres termes. « J'étais tout seul avec ma caméra pour être le plus proche possible de lui, pour que vous, spectateurs, ayez l'impression d'être avec lui. »

 

Pour filmer le leader de la France insoumise, aucune directive n'a été formulée, aucun interdit, à une exception près : ne pas franchir le seuil de la sphère privée. Consigne rigoureusement respectée par le documentariste, qui a ainsi pu évoluer librement dans les coulisses d'une campagne électorale pas comme les autres. « Il n'y a pas beaucoup de responsables politiques qui auraient accepté une telle liberté », reconnaît Gilles Perret, qui a navigué sans entraves de meetings en plateaux télé, de visites d'entreprises en réunions privées, de train en train. « J'ai pu être présent sans filtre à tous les moments importants de cette campagne », insiste-t-il.

 

Il faut bien en convenir, la campagne du premier insoumis fut exemplaire, atypique, innovante, sans précédent. Alliés à son érudition, ses talents d'orateur ont séduit les foules. Son éloquence mise au service de ses convictions politiques a attiré nombre d'électeurs, dont des jeunes. Surtout, estime Gilles Perret, Jean-Luc Mélenchon a réhabilité la politique française, et la caméra a fixé ce moment-là. « Un documentaire, c'est un travail sur le temps long, pas sur l'éphémère. J'essaye de faire ce que je peux avec mes films dans le sens de ce qu'on appelle pompeusement l'éducation populaire. »

 

« Le propos de ce film est de montrer ce que j'ai vu de l'intérieur avec le maximum de sincérité et sans artifices, sans musique ni voix off. Le résultat, je pense, c'est que ceux qui aiment Jean-Luc Mélenchon vont le trouver formidable, et ceux qui le détestent vont continuer à le détester », avance le réalisateur, qui se défend d'avoir fait œuvre de propagande : « J'ai fait ce film pour tout le monde et certainement pas pour les gens de la France insoumise ou pour faire un film de discours politique. Je laisse au spectateur la possibilité de se faire sa propre opinion. »

 

Un an après sa défaite au soir du 23 avril 2017, l'ex-candidat Mélenchon semble faire encore peur à quelques-uns. Officiellement sorti le 21 février, « L'Insoumis » a été refusé dans de nombreux cinémas, voire cavalièrement déprogrammé à la dernière minute, notamment dans les salles « art et essai ». « C'est comme ce qu'il se passe avec Mélenchon : les coups ne viennent pas forcément de là où on les attend », glisse avec un zeste d'amertume le réalisateur.

 

Reste une certitude : au vu du documentaire, on ne peut douter de la sincérité politique du premier des insoumis, de l'authenticité de ses emportements comme de ses émotions, ni du professionnalisme de Gilles Perret.

 

R. A.