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Réunis en assemblée générale vendredi soir à Igé, les adhérents ont abordé la question de la main d'oeuvre, par les prismes de la formation professionnelle et de l'emploi. Avec une diatribe contre l'Education nationale...

 

On ne le dit jamais assez : l'artisanat du bâtiment est la 1ere entreprise de France. Cette assemblée générale a été l'occasion de le montrer encore une fois, tout en abordant des questions comme celles de la formation initiale et l'emploi. La démonstration était faite chiffres à l'appui. 549 969 artisans et petites entreprises en France, 4 096 en Saône-et-Loire ; 630 994 salariés en France, 6 000 en Saône-et-Loire.

Pour ces milliers d'entrepreneurs, c'est aussi un fait connu que la difficulté à trouver des ouvriers qualifiés et pourvus d'un savoir-être reconnu. Une table ronde avait d'ailleurs pour théme : « Comment faire face à la pénurie de main d'oeuvre ? » Question cruciale à l'heure de la reprise économique et des défis qui sont à relever pour l'amplifier, telles la transition écologique, la transition numérique, l'indépendance économique et la liberté d'entreprendre.

L'Education nationale en cause

Pour en parler, La directrice territorial de Pôle Emploi Linda Khenniche, le député Benjamin Dirx, le président du groupe Galilé 360 Eric Michoux, par ailleurs maire et chef d'entreprise dans la région chalonnaise.

Une chose a éclaté au grand jour par une diatribe contre l'administration de l'Education nationale : son manque d'ouverture au monde de l'artisanat du bâtiment. « L'administration est très peu ouverte aux artisans » a dénoncé vertement Emmanuel Leblanc, secrétaire général de la CAPEB 71 et animateur de la table ronde. « Nous avons demandé à ce que les collégiens puissent nous rencontrer pendant 2 heures dans l'enceinte des collèges pour parler d'avenir et découvrir nos métiers. Auncune réponse ! La réforme de l'apprentissage que le gouvernement prépare va plutôt dans le bon sens, mais si le coeur du réacteur bloque, c'est loin d'être gagné.

Il faut que l'Education nationale entende la supplique de la CAPEB. Ras-le-bol de cette attitude de mépris total. Nos métiers sont nobles et les parents doivent en avoir une belle image. Je sais que beaucoup d'enseignants aimeraient les proposer à l'orientation. Ce n'est pas eux que je vise en disant cela, mais bien l'administration. Il faudrait que la loi oblige les établissements à nous recevoir ! »

L'apprentissage pour soutenir les murs

Des propos qui arrivaient après le sujet de l'apprentissage. Un principe qui n'a pas toujours eu la côte mais a qui a fait la démonstration de son efficacité et donc de son intérêt. « 8 personnes sur 10 en apprentissage trouvent du travail à l'issue de leur formation » indiquait Stéphane Grimard, directeur du CFA du bâtiment à Autun, qui annonçait un « 90% de réussite aux examens ».

En France, 55 334 apprentis ont été formés par l'artisanat du bâtiment, soit 79%, dont 436 en Saône-et-Loire. Le BTP est le 1er secteur employeur d'apprentis de France.

Ce que beaucoup souhaitent néanmoins parmi les chefs d'entreprise, c'est que l'apprenti formé par l'entreprise reste un peu après son contrat d'apprentissage. « c'est un investissement, une confiance accordée » a dit Eric Michoux, « et cela fait souvent mal de les voir partir diplôme en poche. »

Si l'Education nationale ne marche, l'apprentissage est confirmé comme une voie royale vers l'emploi.

Bien plus de chômeurs actifs que l'inverse

Puis il y eu précisément cette fameuse question, l'emploi, avec le Pôle emploi en première ligne mais qui a, lui aussi, plutôt mauvaise réputation. Et pourtant... qu'on se le dise une bonne fois pour toute : les gens au chômage le sont rarement de gaité de coeur. Linda Khenniche l'a évoqué de façon chiffrée : « Nous avons conduit une analyse poussée sur les demandeurs d'emploi. Il s'avère que 14% de ces personnes ont été détectée effectivement en insuffisance de recherche d'emploi et ont été radiées. » Un chiffre qui a permis au député de rebondir et de lancer à l'assemblée : « Je ne suis pas à l'aise avec les attaques contre Pôle emploi. Je crois sincèrement qu'il faut vous adresser au 86% restant, et ne pas focaliser sur les 14%. »

La reprise au rendez-vous

Dans ce tableau de l'enseignement et de l'emploi (toujours en baisse en Saône-et-Loire avec 520 emplois perdus en un an) à dominante sombre, la couleur est quand même bien présente. La couleur de la reprise économique ! qui se traduit, en chiffres toujours, par la hausse de l'activité en 2017 : +3,5% en Bourgogne-Franche-Comté ; +15,7% de mises en chantier de logements ; +11,4% de permis de construire accordés ; 87 jours de carnets de commande contre 82 en 2016.

Quant à la démographie des entreprises du bâtiment, elle augmente aussi. Le solde est de +123 entreprises sur le département.

Avec une perspective de croissance en volume à +2,5% en 2018, les esprits devraient trouver — enfin ! de la sérénité. Si biensûr tous les acteurs jouent le jeu à fond !...

Rodolphe Bretin

 

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A gauche, le président Toni Spinazze, électricien, a déclaré son amour pour son métier :

"Oui, j'aime mon métier, pas ce qu'il y a autour, mais mon métier oui, depuis toujours"

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Une assemblée générale en présence du sénateur Jean-Paul Emorine

et du président du Conseil départemental André Accary

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