samedi 20 avril 2019

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Il y a 3 semaines Mustapha S., 31 ans, domicilié dans le centre de Mâcon, comparaissait dans le cadre d’une comparution immédiate pour violences conjugales, et demandait un délai pour préparer sa défense. Le Tribunal le plaçait sous contrôle judiciaire, avec interdiction de contact avec Nadia C., la victime, laquelle, ce jour-là, était encore hospitalisée : nez et côtes fracturés.

 

Or l’audience de jugement s’ouvre sur un coup de théâtre : l’avocat de M. S. déclare que jeudi dernier, son client est venu le voir accompagné de… la victime. « Je ne savais pas qui elle était, je ne l’ai compris qu’au bout de quelques minutes. Elle gérait son agenda. Et j’apprends aujourd’hui qu’elle se constitue partie civile. Je sais qu’il y avait interdiction de contact, mais elle est venue de son plein gré. »

L’avocat demande un renvoi, explique qu’il se trouve en porte-à-faux. Sa consœur, avocate de la victime, ne s’oppose pas à sa demande : « J’ai été saisie ce matin », confirme-t-elle.

Le Tribunal ne veut pas renvoyer, Mustapha S. est jugé.

 

Les faits

Dans la nuit du 31 mars dernier au 1er avril, vers 3 heures du matin, une voisine de Nadia C., qui vit à Saint-Albain, appelle les secours : elle a entendu des cris, des coups, des cris. Elle a entendu des choses comme : « Enlève les mains de ton visage. », comme : « Pose tes mains sur le sol. » Quand les policiers arrivent, ils trouvent Nadia C. qui saigne, et qui répète : « Il va me tuer, il va me tuer, il… » Sa fille de 5 ans doit dormir, puisqu’elle est présente, mais on ne l’évoque pas davantage.

 

A partir de là, Mustapha S. va raconter la soirée. La victime, bien que présente dans la salle, secouée et très nerveuse, ne veut pas s’exprimer.

Mustapha va raconter comment il est rentré ce soir-là à minuit au lieu de 22 heures, et comment sa compagne l’envoie dormir sur le canapé. Comment il revient vers elle à plusieurs reprises, parce qu’ils allaient se fiancer 8 jours plus tard, et qu’il ne voulait pas que leur situation s’enkyste de cette façon, et comment, alors qu’il s’était finalement assoupi sur le canapé, il la trouve environ 1 heure et demie plus tard assise vers lui, et comment, au moment où il ouvre les yeux, elle lui jette à la figure des boîtes de médicaments. « Elle était hystérique, complètement à l’ouest, je me suis levé, je lui ai mis trois gifles. Elle est revenue de la cuisine avec un couteau, disant qu’elle allait s’ouvrir les veines. J’ai pas voulu, et on a roulé à terre. J’ai réussi à lui enlever le couteau. Je l’ai poussée et elle s’est cassé le nez sur la table. Je l’ai posée sur le lit, avec une serviette pour l’essuyer. Elle m’a demandée une autre serviette, et quand je suis revenu, elle voulait se jeter par la fenêtre, et je l’ai rattrapée. »

 

Pourquoi n’avoir pas raconté tout ça lors de l’audition avec la police ? « C’est une histoire de cœur, et quand j’aime, j’aime plus que tout. » Pourquoi n’avoir pas appelé les secours si elle tentait de se suicider ? Il murmure : « J’ai pas appelé les secours, parce que j’ai déjà perdu mon fils, et je sais ce que ça fait, une TS. » Il l’a frappée, il le reconnait, mais en même temps ne voulait pas qu’en passant à l’acte elle alerte les services sociaux. C’est la police qui est venue.

« Ça aurait pu être dramatique, conclut le Président. »

Le Président a le cuir tanné, parce que, dramatique, pour la salle, ça l’est déjà.

 

Le contexte

En effet, Mustapha S., qui n’a que 31 ans, perçoit l’allocation pour adulte handicapé depuis 2013. Il a 5 mentions à son casier judiciaire dont 2 pour violences. Sous traitement substitutif pour toxicomanie, il dit avoir arrêté de prendre du Subutex depuis 2 semaines. Le souci c’est qu’il avait arrêté sont traitement pour « bipolarité » (diagnostic posé en 2007) quand il était tombé amoureux de Nadia. « Quand je suis amoureux, je me sens bien. » Aujourd’hui il est à nouveau sous traitement, il pleure énormément, il est calme, « éteint », dit son avocat.

Cinq fois hospitalisé à sa demande en hôpital psychiatrique, il a un fils de 10 ans qui est élevé par ses grands parents maternels, il le voit les mercredis après-midi. Voilà pourquoi il dit avoir « perdu son fils ».

La victime, Nadia C. : une belle jeune femme qui semble vivre sur les nerfs. Agitée de tremblements pendant l’audience, elle s’est vêtue d’une longue tenue blanche, très estivale, qui évoque une robe de mariée : vu le dossier, on se doute que les fiançailles n’auront jamais lieu. Elle « fait de la dépression », et prend des tas de médicaments. Elle est très seule, « isolée », dit son avocate. Elle a, on l’a vu, une petite fille de 5 ans, mais on apprend que le conseil de la propre mère de Nadia a écrit au Tribunal pour dire qu’elle demandait la garde de sa petite fille… c’est compliqué, évidemment.

 

La problématique/le sens

« La victime elle aussi change dans ses déclarations. Un coup elle parle de coups de barre de fer, elle prend plein de médicaments, et le lendemain ne se rappelle plus de rien. Leur problématique m’apparaît démente, mais dans leur univers ça doit avoir du sens. » L’avocat de Mustapha S. soulève une question, celle du sens, et c’est une bonne question à laquelle personne n’est en mesure de répondre, ni le prévenu, ni les juges.

 

Le Parquet fait une lecture réaliste du dossier, contestant la version de Mustapha S. qui n’est pas cohérente avec les faits. Mais sur les autres points : que Mustapha ait empêché Nadia de faire une tentative de suicide, que celle-ci soit venue à son domicile une nuit, malgré le contrôle judiciaire et l’interdiction, qu’elle l’ait accompagné chez son avocat, qu’elle y ait mené l’entretien, et ne se soit constituée partie civile que ce matin, personne ne dit mot. Tout le monde est conscient du paquet de nœuds, mais le dossier ne contient aucun élément supplémentaire pour en débattre. Maître Rollet a beau demander des expertises psychiatriques des deux parties, pour « expliquer un peu » et savoir si Mustapha S. souffrait d’une altération du discernement au moment des faits, la Justice va passer.

 

Verdict

15 mois de prison dont 6 mois avec sursis mise à l’épreuve pendant 2 ans, obligation de soins, de réparer les dommages, interdiction de paraître à Saint-Albain, et interdiction de contact avec Nadia C., pour la protéger, au besoin « malgré elle » avait dit la Procureur.
Ce sevrage forcé sera peut-être difficile : ils sont accrochés l’un à l’autre, accros.

F. Saint-Arroman

 

Renvoi sur intérêts civils pour septembre, et expertise de la victime, en vue d’évaluer les préjudices physiques et moraux.

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