dimanche 18 février 2018

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Violaine Gillet pour le PS a interpellé la majorité sur les enjeux et a offert un pins au Président Accary. Il lui a répondu avec des exemples concrets.

Après les femmes, l’environnement et le développement durable… C’est une obligation légale. Avant le vote de son budget 2018, le conseil départemental a examiné la question de l’égalité hommes/femmes, avant le rapport sur le développement durable.
Sur ce rapport présenté par Jean-Paul Becousse, Violaine Gillet, pour le PS, a accusé la majorité de faire preuve de légèreté. «Les appels ne sont pas entendus jusqu’en Saône-et-Loire. Votre rapport fait seulement deux pages», a-t-elle accusé en demandant plus de volontarisme du conseil départemental (lire son interventions ci-dessous).

C’est le Président André Accary qui lui a répondu et il n’a pas spécialement fait dans la dentelle : «Merci pour votre pins, même si il est dans un emballage plastic. On peut faire de grandes interventions. Mais ce qui compte ce sont nos compétences. Cela-dit l’attention toute particulière à la planète n’a pas d’étiquette politique.
Au niveau du département, tout ce que l’on peut faire, on le fait. J’ai lu vos interrogations sur le double vitrage, comme si on n’y avait pas pensé. En 2018, ce sont 11 millions d’euros qui sont fléchés.
Les voies vertes ça fait longtemps que cela a été mis en place. L’habitat durable on le soutient.
Pendant des années j’ai entendu parler des filières courtes. Qu’est-ce qu’on a fait. 31 collèges sur 50 travaillent déjà sur les filières courtes avec «Agrilocales» et la Région nous a rejoint».
Juste avant, Jean-Paul Becousse avait lancé : «L’action du département est réelle. Pour preuve pour le zéro phytosanitaire nous l’avons mis en place un an avant. Les déchets».

Alain BOLLERY


L’intervention de Violaine Gillet

 

Monsieur le Président,


Pour commencer, je n’aurai pas du plaisanter concernant la dérive des glaces, le sujet est trop grave pour que l’on en plaisante.
Aujourd’hui, ce matin même, à Paris, a lieu une conférence de Didier Swingedouw, chercheur au CNRS, intitulée  « Le jour d’après est-il pour demain ? » organisée par le commissariat général au développement durable dans le cadre de ses rencontres de la recherche. Si vous ne connaissez pas ce film, « Le jour d’après », il s’agit d’un film catastrophe où la terre se recouvre de glace en un temps record suite à une inversion des courants marins. Le titre exact de la conférence est « Le jour d’après est-il pour demain ? Quels risques pour le climat en cas de changement rapide de la circulation océanique en Atlantique Nord ?».

Ce n’est donc plus de la science fiction, ce scénario de ralentissement des courants marins  devient possible, en tous cas envisageable.
Depuis 1995 et la première COP, la terre s’est réchauffé de 0.4 ° en seulement 22 ans, en 22 COP. Le niveau des mers est monté de 8 cm. Les situations extrêmes s’enchaînent : sécheresse et inondations, incendies, tornades. Aujourd’hui  les preuves scientifiques du dérèglement climatiques s’accumulent, et ce n’est plus de réchauffement ni même de dérèglement qu’il s’agit, mais de PERIL climatique.
Ce n’est pas moi qui le dit, je ne fais pas de catastrophisme. Je relais les appels,  comme celui  des 15000 scientifiques qui ont poussé un cri d’alarme le lundi 13 novembre 2017 sous le titre « Mise en garde des scientifiques à l’humanité : deuxième avertissement ».  Ou l’appel de l’ONU le 31 octobre qui alertait solennellement sur l’écart « catastrophique » qui existe entre les engagements des Etats et les réductions des émissions de gaz à effet de serre qu’il faudrait opérer pour maintenir le réchauffement au-dessous de 2 °C. Des appels qui ne semblent pas entendus jusqu’ici…

Aujourd’hui M. le président vous nous présentez un rapport sur le DD que vous choisissez de réduire à 2 pages, bref une annexe simplement du rapport d’activités.
Une approche décevante de ce qui pourtant devrait guider notre action. Pas un mot dans ce rapport sur les 17 Objectifs de développement durable pourtant signés par 193 pays sous l’égide de l’ONU en 2015 et qui ne concernent pas que les états. C’est un langage commun pour toutes les parties prenantes, privées, publiques, entreprises, collectivités. La Région s’en est d’ailleurs saisie et lancera des actions pour réaliser ces objectifs de développement durable. Elle a par exemple déjà annoncé sa volonté d’isoler les lycées de la Région en utilisant des isolants issus du bois local, dans une logique à la fois d’économie circulaire et d’efficacité énergétique.

Dans le rapport que vous nous présentez, faute de portage politique, de volontarisme, les références sont restées bloquées à l’agenda 21 de 2010. Certes la définition de Mme Gro Harlem Brundtland, 1er ministre norvégien en 1987 du développement durable n’a jamais été aussi vraie, je cite : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Mais depuis l’agenda 21 nous sommes en 2016 passés à l’Agenda 2030, composé des 17 ODD dont je viens de vous parler.
Qu’attendez vous pour intégrer dans ce rapport les objectifs de développement durable ? Pour intégrer dans vos marchés de véritables clauses environnementale, pour favoriser l’économie circulaire, développer les économies d’énergie dans notre domaine immobilier ? Bref, pour conduire une stratégie réelle d’accompagnement de la transition écologique dans ce département ?
Ce rapport reflète votre approche du sujet : une simple obligation règlementaire. Vous poursuivez la dynamique existante et en cela les actions sont vertueuses.  Nous pouvons être fiers de nos espaces naturels sensibles, des ballades vertes ou de la mise en œuvre des obligations comme le zéro phyto.
Mais ces actions et les moyens consacrés ne sont pas à la hauteur des enjeux.  Nos villes et leurs habitats concentrent un quart  des émissions de Gaz à effet de serre (GES) liés à la rénovation thermique.  L’agriculture par la fermentation entérique a également une forte empreinte carbone. Les énergies fossiles émettent non seulement des gazs à effet de serre mais également des particules fines,  cause d’un quart des cas d’alzheimer.

Dans ce département, le passage à des énergies renouvelables aura des conséquences sur les 10000 salariés du nucléaire, la baisse de consommation de produits carnés sur les éleveurs, la rénovation thermique et le passage à d’autres énergies nous concernera tous. Sans parler de ces viticulteurs bourguignons qui ont déjà acheté des terrains dans le sud de l’Angleterre  en anticipation du réchauffement. Le département n’a pas de dérogation, il n’y a pas de plan B ou de 2eme planète, nous sommes tous concernés et si nous ne contenons pas le réchauffement en deçà de 2°, nous ne savons pas comment le climat évoluera mais ce qui est certain c’est que les famines, les catastrophes et les déplacements de population qui s’en suivront nous concerneront tous.
Alors, M le Président, pour l’année qui vient,je l’espère, vous aurez envie de planter les graines de l’avenir, de semer avec tous les élus ici présents les conditions de la transition , des graines que nous ne verrons pas grandir, en espérant que nos enfants en récoltent les fruits. Et comme tous ceux qui se sont engagés dans la mise en oeuvre des objectifs de développement durable s’identifient par le logo des ODD, je vous offre ce pin’s aux 17 couleurs des 17 ODD, fait en France !»

 

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