mardi 23 octobre 2018

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On dit que les voyages forment la jeunesse. Ils peuvent aussi conduire à la formation d’un tsunami. Car c’est bien un tsunami qui s’est soulevé dans l’hémicycle de la communauté d’agglomération de Montbéliard, où le Conseil Régional de Bourgogne – Franche-Comté tenait, ce vendredi, une session décentralisée.

Un tsunami avec deux vagues. La première emportant vers la sortie François Sauvadet et les troupes de la droite et du centre. La seconde emportant les élus du Front National canal historique, à savoir les troupes drivées par Julien Odoul.
De sorte que sont restés seulement les élus de la majorité, les huit élus patriotes, Sophie Montel en tête, et deux ex-FN devenus sans étiquette. 
En fait les germes du cyclone ont pris naissance en fin de matinée sur la question du contrat social qui, pour résumer les choses, verra 59% des employés de la nouvelle région avoir une augmentation de salaire au nom de l’harmonisation, et les autres avoir des revenus identiques. Une situation dénoncée par un front syndical avec une grosse manifestation devant le siège de la réunion à Montbéliard, en véritable état de siège, avec Police mobilisée ainsi que des vigiles.
Michel Neugnot avait été accusé par l’opposition, défendu par sa Présidente, et à l’heure du vote, la première surprise était venue du radical Patrick Molinoz, qui avait décidé de s’abstenir, tout comme la socialiste Nisrine Zaibi.

 

Mine de rien, un joli coup de Sophie Montel...


Alors que l’opposition de droite et du centre annonçait qu’elle aller voter contre, compte tenu de la mobilisation syndicale unie et «de beaucoup d’incompréhensions sans doute», avait expliqué François Sauvadet, c’est Sophie Montel qui allait provoquer la première grosse émotion de la journée. «Oui je vais voter, car 10 semaines de congés par an, c’est quand même beaucoup mieux que ce que vivent les employés de Peugeot», s’était-elle justifiée.
Une position qui en fait s’avéra de nature à troubler un peu Madame Dufay. En effet, malgré les deux voix en moins de sa majorité, à quarante neuf partout, sa voix devenait prépondérante et elle n’avait donc pas besoin du «coup de pouce» conscient ou inconscient de Madame Montel… Mais voilà qui était de nature à faire flamber l’ambiance et le repas de midi n'y changea rien… C’est à se demander si l’excellente crème brûlée à l’absinthe servie en dessert n’aura pas finalement chauffé les têtes.
Car le temps de la digestion n’était pas écoulé que le ton monta très fort dans l’hémicycle. François Sauvadet avait envie d’en découdre après l’épisode du matin. Et c’est ainsi que Sophie Montel, la banie du FN, y alla d’un couplet saillant : «Si je vous comprends, je me serai corrompue pour 5 minutes de temps de parole».
Après quoi elle cibla très clairement les élus de droite pour dénoncer leur proposition d’accorder des subventions aux entreprises, avec des attaques non voilées contre François Sauvadet qui répliqua :  «Je vous demande, Madame la Présidente, d’appliquer le règlement. J’aimerai bien que sur les mises en cause personnelles vous rappeliez le règlement. Communiquez nous aussi le courrier que vous avez adressé à Madame Montel».

 

François Sauvadet accuse Marie-Guite Dufay de mensonge


Pas du goût de Marie-Guite Dufay répondant : «Vous êtes d’une mauvaise foi infime. Je vous avais dit que je me réservais la possibilité de laisser intervenir Madame Montel, car elle avait conduit la liste. Nous en avions parlé ensemble…»
Le sang de François Sauvadet ne fit qu’un tour : «Vous mentez Madame Dufay. Il était convenu que l’expression préalable était confiée aux Présidents de groupe. Jamais vous n’avez eu mon accord. Je prends à témoin Monsieur Durain. Je vous demande le respect du règlement intérieur. Et je me répète : Y a-t-il eu un courrier ?
J’ai dit non à Monsieur Neugnot. Pour qu’on puisse sortir de l’organisation de nos travaux.
C’est honteux de donner la parole deux fois à des gens qui vous ont, qui nous ont injurié».
Le leader de la droite et du centre demanda alors une suspension de séance. Et de retour il annonça que son groupe avait décidé de quitter la séance».
Les élus de droite et du centre quittèrent alors l’hémicycle dans une ambiance électrique et survoltée. La Présidente Dufay se montrant de toute évidence marquée par cette première vague de départ.
Jérôme Durain, président du groupe socialiste monta alors au front pour lancer : «Je regrette que Monsieur Sauvadet ne soit pas resté. On a vu ce matin le groupe de Monsieur Sauvadet, assez triomphant, croyant qu’il pouvait ébranler la majorité sur la question sociale. Il n’y est pas parvenu. Je suis assez mordant sur le fait qu’il y aurait une collusion entre la majorité et Madame Montel, c’est indigne.

Le triste spectacle n’est pas à la hauteur des enjeux . Se donner en spectacle sur un mode désuet, cela renvoie à un ancien monde. L’instrumentalisation d’une concordance de votes est déplacée, nulle et non avenue. On ne sert pas l’intérêt de la démocratie avec ces vieilles méthodes».
Marie-Guite prit alors la parole pour assurer : «J’avoue que je n’ai pas tout compris. Madame Montel a rappelé que je lui ai adressé un courrier. J’ai en fait répondu à sa demande de formation de création d’un groupe. Je lui ai dit non. Je suis Présidente, je suis en capacité de donner la parole à qui bon me semble. Madame Montel, je ne vous ai pas donné la parole au moment des propos préliminaires. Là je vous ai donné la parole, parce que vous n’êtes pas interdite de parole».

 

«Pour attiser le feu dans les rangs du FN...»


Malheureusement pour la Présidente, le feu n’était pas éteint, et c’est du camp du groupe FN qu’une nouvelle attaque arriva, par la voix de son président de groupe Benjamin Odoul : «La scène à laquelle nous venons d’assister est affligeante. En conférence des Présidents il n’a pas été question de donner la parole à Madame Montel. Ce que Monsieur Sauvadet a dit et dénoncé est vrai. Nous assistons à des petites manœuvres. C’est une parodie de démocratie. Nous quittons aussi l’assemblée».
Le temps pour Nisrine Zaibi de suggérer une sanction financière pour les «sortants» du jour et c’est Karine Champy, indépendante ex-FN, qui ajouta une nouvelle couche en
lançant : «Vous avez laissé la parole à Mme Montel pour attiser le feu dans les rangs des élus FN. Il y a un déni de démocratie dans cette assemblée». Ambiance, ambiance…
En 2016 à Nevers, le FN s’était distingué par son absence. En 2017 à Montbéliard, le FN et les exclus du FN ont joué une autre partition et ont mis le feu au débat. Sans se concerter, Madame Montel comme Monsieur Odoul ont finalement fait tomber droite, centre et gauche, dans le panneau… Avec des attitudes et comportements différents.

Alain BOLLERY
avec Nicolas RICHOFFER

 

 
 
 
 
 
 
 
 

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