vendredi 23 août 2019
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Au cours d’une bagarre un 31 décembre, « le légionnaire » asphyxie sa victime, causant une invalidité définitive. Il comapraissait ce mercredi. Récit.  

 

Quinze mois de détention préventive et pas un seul parloir, pas une seule visite. Gérald, dit Gégé, a choisi la rue, depuis 20 ans. « Choisi » est un grand mot : né en 1975 de père inconnu, il n’a jamais pu obtenir la moindre information à ce sujet, et cela le taraude : « De qui suis-je le fils ? ». Son beau-père est violent avec lui, le frappe. Sa mère est « inaffective ». Dès l’âge de 14 ans, il commence à déserter l’école, vers 16 ans il rencontre les premiers SDF qui deviendront ses seules fréquentations. Il a fait l’armée, tout de même, au camp de la Valbonne, dans l’artillerie. Il aurait voulu être légionnaire, et il avait signé, mais il n’a pas été engagé. Du coup, vêtu d’un treillis, il retrouve la rue, l’alcool, et se surnomme « le légionnaire ».

 

Le 31 décembre 2013, au Carrefour de l’Europe, il rejoint Didier, qui, lui, n’est pas sans domicile, mais bien fragilisé et sous tutelle. C’est son frère, tuteur, qui vient l’évoquer à la barre, rendant hommage à ce qu’il fut, bien avant les coups : « Il est très intelligent, il a été chef d’équipe dans une usine de tréfilerie, en Alsace. Et puis il a construit une maison, tout seul. Il savait faire beaucoup de choses. » Mais Didier perd son emploi, puis il perd sa compagne, puis il fait un AVC, et, mis sous protection (la tutelle), fit moins de choses. Désormais, il ne peut plus rien faire du tout, pas même s’asseoir : le 31 décembre 2013 marque la fin de sa vie valide.

 

Les alcooliques boivent beaucoup, et boivent sans heure. Les premières bières sont absorbées dès le matin. Le 31 décembre 2013 vers 13 heures, Gérald avait déjà plus de 2.5 grammes d’alcool dans le sang, quand, raconte-t-il, il but d’une traite la bouteille de rosé de Didier. Celui-ci, bien imbibé également, le prend mal et l’insulte. Gégé qui ne sait pas qui est son père et qui en souffre, ne supporte pas bien qu’on le traite de « fils de pute », ni qu’on touche à la Légion, à laquelle il s’identifie. Il porte deux coups « pas forts » à Didier, qui tombe. Puis il se met à califourchon dessus et lui sert le cou, « pour le maintenir ». Didier au bout de quelques secondes ne bouge plus : asphyxie, arrêt cardiaque.

Gégé file à Leader Price essayer d’appeler des secours, « mais j’étais comme un fantôme, je demandais qu’on me prête un portable, et personne ne me voyait ni me répondait ». Lorsqu’il revient sur les lieux, un passant a commencé un massage cardiaque sur Didier, les pompiers prennent le relais, la police arrête Gégé qui ne se soustrait pas, qui ne résiste pas.

« J’allais pas le laisser comme ça. Je vais pas mettre quelqu’un comme un légume pour une bouteille de rosé. Je n’avais pas l’intention de lui faire ça, je voulais juste le maintenir. 

- Vous avez l’air un peu blindé émotivement, lui dit le Président. On vous parle d’un homme en état semi-végétatif et vous restez froid. »

Le coup porte, la respiration du prévenu s’accélère, ses traits se ramassent, son visage devient soucieux : « C’est pas vrai, Monsieur le Président, je ne voulais pas qu’il devienne un légume. »

 

Le Parquet lui fait crédit sur ce point : ce n’est pas une tentative de meurtre. Mais les faits sont là, et le casier judiciaire de Gégé n’est pas vierge, la Procureur requiert 7 ans de prison ferme.

Lorsque le frère de Didier vient à la barre s’exprimer au nom de celui qui ne le peut toujours pas, il brosse un tableau clinique dans un silence écrasant : « Il est impotent, incontinent, soit couché soit assis, mais toujours attaché pour ne pas tomber. Ses enfants (15 et 20 ans désormais) sont en photo à son chevet, il ne les reconnait pas toujours. Il n’est pas dans le temps présent. » Silence. Public et Tribunal semblent boire ses paroles, tant on s’identifie facilement aux tragédies qui consistent à être en vie sans pouvoir « vivre », et tant l’écart entre la cause et la conséquence est important, incommensurable. Comme certains accidents de voiture : il s’en faut « de peu », et voilà. Didier n’est pas mort, mais il est définitivement dépendant.

Les expertises psychiatrique et psychologique de Gérald retiennent une « altération modérée du discernement » à cause de l’imprégnation éthylique. Elles soulignent un « vécu de persécution », un « vécu abandonnique » marqué, et indiquent que « la dangerosité à la sortie de prison » existe car Gégé est « désocialisé ».

« La question de votre désocialisation est quand même un problème, non ? demande le Président. »

Ça doit être une question trop vaste, et un problème trop complexe : le prévenu regarde le juge, mais ne répond rien.

 

« Le légionnaire » des bas quartiers est défendu pied à pied par une avocate qui souligne chaque point pouvant jouer en sa faveur, et en particulier le gouffre entre les faits, les gestes, et leurs conséquences, qui n’étaient pas intentionnelles. L’invalidité étant irréversible, irréparable, 7 ans de prison c’est peu. Et du même coup, c’est trop : en 15 mois de détention préventive, pas un seul incident disciplinaire. Gérald travaille et se soigne. Et qu’on n’oublie pas : il n’a pas fui, il a voulu prévenir les secours.

Les prévenus comme Gérald (aucun ancrage familial, presqu’aucun sur le plan social, privés de père, brutalisés, violentés pendant l’enfance, jamais placés) fantasment souvent l’armée, ce grand corps dans lequel se fondre, pour exister, cette « famille », qui a le sens de l’honneur et celui de la discipline, qui vous prend en charge, et fait de vous « un homme ». Ils ont soif d’institution, alors qu’ils mènent des vies erratiques et délinquantes, violentes et toujours alcoolisées.

Il n’est pas rare, donc, que ces hommes-là, enfants meurtris par les coups, les humiliations, n’ayant visiblement jamais accroché un regard aimant, disent leurs regrets, leur douleur, de ne pouvoir être reconnus par cette famille-ci.

La maison d’arrêt, a contrario, c’est la honte. Mais c’est aussi un cadre qui a le sens de la discipline, dans lequel on est pris en charge, et, ma foi, pour des hommes cassés à l’entrée, il y a peut-être quelque chose à prendre, surtout quand il n’y a aucun lien dehors ?

 

En état de récidive, Gégé est reconnu coupable. Il est condamné à 5 ans de prison dont 1 an avec sursis et 3 ans de mise à l’épreuve. Son corps s’agite. Il pleurera, mais en dehors de la salle d’audience. Au passant qui tentait de réanimer le pauvre Didier, il disait : « Moi j’ai fait la Légion pendant 5 ans, et on y apprend à ne pas pleurer. »

Florence Saint-Arroman

 

Gégé est également condamné à verser 10 000 € de provision pour les préjudices subis par la victime. Les comptes se feront fin septembre pour les autres demandes. La CPAM qui a une créance de 185 221.35 €, créance provisoire représentant le coût des soins reçus par la victime à ce jour, voit ses droits réservés jusque là.

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