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Trois ans après les faits : « Ma crainte, c'est qu'un jour on revienne et qu'on casse tout parce qu'on n'aura rien trouvé à voler. » Une des victimes de cambriolages perpétrés en avril 2014 dans des villas à Mâcon est à la barre. On entend assez rarement les victimes s'exprimer.

Se tenir devant un tribunal est chose éprouvante, impressionnante, quand bien même on est du côté des parties civiles, donc écouté et soutenu par l'ensemble des magistrats. La solennité du lieu, la disposition des places de chacun, les robes, les codes,... comme le rappellent parfois les juges « on n'est pas au café ». Il est fréquent que des victimes déclinent l'invitation à venir porter leur parole, leurs avocats s'en chargent, mais l'effet n'est pas le même.

3 villas cambriolées en avril 2014

En avril 2014, 3 villas sont la cible de cambriolages rapprochés, du côté de la rue Théodore Monod à Mâcon. Le mode opératoire est le même : effraction par pesée sur des entrées discrètes, par le garage, ou des portes latérales. Les pièces sont à chaque fois retournées, fouillées. Au pied de la porte du garage de la première maison, la police trouve une pince coupante, portant une empreinte ADN répertoriée au FNAEG, celle de Y.X. En mai 2016 celui-ci est interpellé à son domicile dans l'Ain. Lors de la perquisition les policiers retrouvent dans le garage un manche d'aspirateur du même modèle et de la même marque que celui volé chez l'une des victimes, des montres de marques, des bijoux en nombre, dont certains portant des initiales sans rapport avec le suspect ou sa famille : « Ma femme les a trouvés sur une brocante », déclare-t-il lors de son audition. Son ADN sur la pince coupante : « Je n'ai rien à dire. C'est un outil que j'ai pu toucher chez quelqu'un, et il s'en est servi pour les cambriolages. »
Le prévenu n'est pas là en ce jour d'audience.

Chez monsieur et madame D. on a raflé tous les bijoux : « Mon mari n'a pas pu se libérer, j'ai fait l'effort de venir, je suis déçue qu'il ne soit pas là. On nous a volé tous nos bijoux, et chez nous les bijoux racontent l'histoire de la famille, il y avait des choses irremplaçables. Une pièce en or que mon grand père, une gueule cassée de la guerre de 14, m'avait offerte quand j'étais petite (sa voix s'étrangle brièvement). Chaque année mon mari m'offrait un bijou en or, tout est parti. On avait en dépôt tous les bijoux de ma belle-mère : partis. Ma fille ne recevra rien, par transmission, et désormais elle refuse d'avoir des bijoux en or, par peur qu'on les lui vole. En dehors de ça, écoutez, tout va très bien, moi aussi je fais les brocantes, mais je n'ai aucun bijou portant des initiales qui ne sont pas les miennes. Je regrette qu'on n'ait pas eu un coffre en banque. Je n'arrive pas à entrer dans une bijouterie sans en être angoissée. »
Maître Raynaud de Chalonge prendra acte de la plaidoirie de sa cliente : « Elle est infirmière, habituée aux situations d'urgence, et pourtant, 3 ans après, elle est toujours insécurisée. Ces vols ont atteint toute une histoire familiale. » L'avocate demande des indemnités qui compléteront celles déjà versées par les assurances, pour arriver à hauteur des estimations, mais bien sûr, un pan du dommage restera irréparable.

Le prévenu ne s'est pas présenté...

Ne pas répondre à une convocation de la justice, c'est toujours une mauvaise idée, le parquet ne manque pas de souligner l'absence du prévenu et demande au tribunal d'en tenir compte.
Le tribunal condamne Y.X. à 12 mois de prison dont 6 avec sursis, reçoit la demande de partie civile de monsieur et madame D. qui recevront des indemnités dont 1 000 euros au titre du préjudice moral, et 600 euros au titre de l'article 475-1, pour leurs frais de justice.
Or l'avocat de Y.X. arrive alors que l'audience est levée. Furieux, il expose une erreur dans l'heure de sa convocation. Il devrait faire appel du jugement.

F.S-A