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Freddy Mouchard a échangé avec les spectateurs, beaucoup d’entre eux pèlerins du chemin de Compostelle, lors de la projection de son film au Cinémarivaux le soir du 5 avril. 

On a découvert certes un croyant, un pèlerin, mais aussi un cinéaste qui a voulu délivrer sa version sur ce pèlerinage sans l’étouffer sous un discours religieux :

« Il y a eu pas mal de films sur Compostelle, mais j’avais envie de raconter le chemin sur un autre angle, celui de l’intérieur du marcheur. Quand le pèlerin prend le chemin de Compostelle il connaît une vraie transformation. Lorsqu'on marche un mois et demi, il se passe des choses en soi, et ce qui m’intéressait c’est d’observer, de regarder à travers différents pèlerins quel phénomène s’opère quand on marche sur ce chemin : il y a les doutes, les peurs, il faut dépasser la difficulté physique, les rencontres avec les autres, la nature. Tout ça je voulais l’étudier et je l’ai fait à travers différents pèlerins qui donnent leur témoignage de manière un peu originale avec une caméra qui vraiment donne toute la place au chemin. Le personnage principal c’est le chemin. »

« Compostelle, le chemin de la vie » est un plaidoyer pour la résilience face aux aléas de la vie et on y trouve même un discours écologique.
« On entend dire que ce chemin est un chemin exclusivement religieux, ce n’est pas le cas, c’est un chemin qui est beaucoup plus vaste que ça. Il y a à la fois des marcheurs qui le font pour des raisons sportives, certes parfois religieuses mais spirituelles, de développement personnel. Il y a pas mal de pèlerins qui ont connu ou connaissent dans leur vie un peu de changement ou une page qui va se tourner et ils prennent ce temps nécessaire pour aller marcher, pour se retrouver, pour retrouver les autres, quelque chose de plus grand qu’eux, mais dans le calme et la sérénité. Je suis marcheur et pèlerin depuis des longues années et j’avais envie de raconter les joies qu’on peut vivre quand on marche. Avec ce film j’ai trouvé le bonheur de quelque part. C’est vraiment un sujet parfait pour ça. » explique le réalisateur.

« Le message est qu’il est bon de passer par la marche, par la réconciliation avec la nature avec les autres marcheurs au-delà de l’aspect religieux. On se rend compte qu’on rentre en religion mais dans le sens premier du terme. Religare, en latin, c’est relier. Si on doit entrer en religion c’est qu’on rentre en reliance avec la nature, avec les éléments, avec ce qui dépasse l’homme individuel. On entre dans un autre monde, une autre perception du monde. A la fin du film il y a un gros plan sur le regard et je pense vraiment que le pèlerin porte à la fin du chemin un autre regard sur le monde. »

Selon Freddy Mouchard, le film sorti en 2015 a été très bien reçu par les associations de marcheurs. « Dans son genre il devient une référence parce que c’est vraiment un point de vue très différent, un point de vue d’auteur, artistique, poétique, spirituel et ça va au delà d’un film de voyage. »

« Compostelle, le chemin de la vie » est sur les écrans du Cinémarivaux jusqu’au 11 avril.

 

Cristian Todea

 

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