Communiqué de presse

La presse locale a publié le 21 mars dernier, un article très intéressant consacré aux indemnités perçues par des élus de Mâcon et du Mâconnais.
Alors que les collectivités locales sont appelées à faire des efforts réguliers, alors que les besoins de nos concitoyens les plus démunis sont de plus en plus pressants, alors que les impôts augmentent de 10 % à Mâcon, nos concitoyens découvrent que les élus sous l’autorité de M. Courtois, maire de Mâcon et Président de la communauté d’agglomération Mâconnais Beaujolais Agglomération, vivent grassement des indemnités qu’ils cumulent. Les élus de Mâcon se sont réservés la grosse part du gâteau pour des raisons stratégiques et politiques évidentes et n'ont laissé que quelques miettes aux maires des communes rurales ou péri-urbaines membres de la nouvelle agglomération. Stupéfiant !

Dans cette longue liste de 19 élus, 17 sont de droite et sont tous cumulards. Les 2 restants, sont des élus de gauche qui n’exercent qu’un seul mandat.
Certains et certaine(s) disposent jusqu’à 3 mandats tout en exerçant une activité professionnelle à plein temps. Aux indemnités s’ajoutent des salaires allant jusqu’à 6 fois le SMIC ! Comment peuvent-elles accomplir correctement leurs missions, professionnelles et politiques ?
Il est surprenant que les fonctions d’élu local représentent presque le double de celle  de Conseiller Régional, huit départements à parcourir ? Il est aussi étonnant de constater que ce ne sont pas nécessairement les personnes les plus présentes et les plus actives qui sont le mieux indemnisées. Quant aux élus d’opposition, il ne touche aucune indemnité. Monsieur Courtois n’aime pas l’opposition !

Les grands bénéficiaires de ces rentes de situation, expliqueront que tout cela est conforme à la loi. Sauf qu’ils ne diront pas que la loi fixe des plafonds et ne définit pas ce que devrait être une juste rétribution. Une situation qui doit changer.
Nos concitoyens ont deux droits. Ils doivent interroger les élus sur la justification qu’il donne de leur rente de situation. Ils doivent aussi veiller à choisir des représentants qui s’engagent à  les respecter.

Une loi de 2013 a tenté de mettre un frein à ces pratiques mais elle ne s'applique en réalité qu'aux députés et aux sénateurs. Sa portée est donc insuffisante. A l'heure où l'on constate une volonté de renouvellement et de rajeunissement des élites, les élus locaux devraient également se demander s'ils vont pouvoir encore longtemps cultiver leur entre soi. La démocratie par délégation ne signifie pas qu'ils peuvent indéfiniment poursuivre ces pratiques désavouées par tous nos concitoyens. Ces pratiques conduisent immanquablement à l'augmentation des abstentions et à la détestable sensation du « tous pourris ». La droite parle énormément de la nécessaire moralisation de la vie politique, encore faut-il savoir balayer devant sa porte.

 

Rodolphe MARTIN
Secrétaire de la section PS de Mâcon