vendredi 26 avril 2019

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RECTIFICATIF - L'accusation a été déboutée de ses demandes. Le prévenu a été relaxé.

Il a la cinquantaine, les cheveux courts, barbe de trois jours et porte costard et lunettes - à première vue, il a tout d'un homme d'affaires sérieux. Et pourtant...

Il a dû se présenter aujourd'hui au tribunal de Mâcon car on lui reproche d'avoir détourné 270.271 € appartenant au Golf de Mâcon La Salle dont il était gérant entre 2011 et 2014.

 

Une suspiscion de détournement de fonds importants

 

Le Golf de Mâcon La Salle se trouve à une dizaine de minutes au nord de Mâcon et comprend un terrain de 18 trous, un bar, un restaurant, une boutique d'articles de golf et 9 salariés. Lieu idyllique est-on tenté de croire. Mais très vite après l'ouverture du procès, une autre image se dessine : Alcoolisme, comptabilité désastreuse, reproches, des faits qui serait en fait des rumeurs et vice-versa, et difficultés de paiement. Et parmi tout cela le gérant, Monsieur M., complètement dépassé par la situation. C'est pour cela qu'il quitte sa fonction en 2014 après trois ans de gérance.

 

Ce qui est reproché à Monsieur M. aujourd'hui est l'utilisation d'une somme de 270.271 € à des fins personnelles. L'affaire est déclenchée par un contrôle fiscal en 2014 qui met en évidence des grandes négligences en terme de comptabilité : des factures manquantes, l'impossibilité de savoir à quoi correspondent les dépenses et revenues. Le fisc conclut : minoration du chiffre d'affaires et détournement d'articles destinés à la vente. La fraude porterait surtout sur les articles de golf et l'alcool dont les revenus réels représenteraient le double de ce qui a été déclaré. Le fisc refait son calcul et conclut qu'un chiffre de 270.271 € a été détourné, chiffre – il convient de le préciser approximatif car aucun document prouve aujourd'hui son exactitude.

 

Au sujet de la mauvaise situation financière de l’établissement, il est d'abord nécessaire de déterminer si celle-ci était due à une mauvaise gestion de la part de Monsieur M. Cette mauvaise situation serait, selon lui, dû à la structure-même de l’établissement : « Si j'avais des difficultés énormes, c'est parce que les charges fixes étaient bien trop élevées pour la structure. Je vois pleins de golfs qui sont dans la même situation : de nos jours il y a juste beaucoup trop de Golfs pour la quantités de golfeurs. »

 

« J'étais obligé de remplacer de plus en plus mes salariés moi-même parce que je n'arrivais pas à les payer. J'ai appelé au secours à plusieurs reprises auprès de l'unique actionnaire de la société mais je n'ai reçu aucun soutien. » Il lui aurait demandé la permission de licencier du personnel, ce qui lui aurait été refusé. « A la fin de mon mandat, j'étais à bout de mes forces », se confie-t-il.

Un gérant donc qui luttait seul contre la faillite, sans soutien de l'actionnaire de la société ?

 

Alcoolisme et mauvaise gestion

 

Ce n'est pas exactement cela si l'on en croit les témoignages des employées. Il aurait eu un grand problème avec l'alcool : « Il pouvait boire dès 10h du matin au bar et je ne l'ai jamais vu payer ses consommations » l'accuse par exemple un jardinier. Témoignage qui revient à plusieurs reprises. Il aurait consommé des grandes quantités d'alcool et avant tout du Ricard avec les barman, son « compagnon de boisson » qui lui non plus n'aurait pas payé ; à un tel point que même le comptable commençait à remarquer les quantités élevées de Ricard qui étaient commandées régulièrement.

Monsieur M. se défend : « J'avoue que je consommais trop de Ricard à cette époque, j'étais dans une mauvais passe, mais j'ai toujours tout payé et j'ai essayé de me prendre en main depuis. » Le barman, quant à lui, aurait effectivement bu sans payer, mais « dès que je l'ai su je l'ai tout de suite averti ».

 

S'ajoutent à ce fait les nombreux témoignages d'une mauvais gestion des articles de golf. Monsieur M. aurait fait des soldes toute l'année allant jusqu'à 50% sur approximativement 20 à 30% du stock, ce qui rendait les marges très faibles. « Ne pourrait-on pas appeler cela brader ? » se questionne le juge. « Peut-être, mais si on doit payer ses salariés et qu'on a pas de trésorerie, on fait ce que l'on peut puisque je ne pouvais pas licencier. », répond l'ancien gérant. Reste le problème du salaire de jusqu'à 3000 € brut par mois que s'est versé Monsieur M. en dépit de la situation financière critique.

 

« On ne m'a pas donné les moyens de mieux gérer la société »

 

« Tout cela ne donne pas une bonne image de votre gestion », conclut le juge. La difficulté est en effet de savoir « où est la frontière entre une mauvaise gestion et une gestion frauduleuse ». « Est-ce que vous pensez que vous avez mal géré la société ? » demande le juge. « Je ne pense pas, j'étais en situation de défense. J'ai des compétence mais on ne m'a pas donné les moyens de mieux gérer la société. J'ai par exemple demandé un logiciel de comptabilité pour améliorer la traçabilité des flux financiers mais on me l'a refusé. » répond Monsieur M. calmement.

Une mauvaise gestion due aux moyens financiers si l'on en croit cet ancien gérant. Et pourtant, certains points donnent à réfléchir aux juges. Par exemple : le fait que lui seul aurait eu accès aux comptes. Il aurait soit disant essayé de cacher la mauvaise situation. Par exemple, il aurait refusé à plusieurs reprises la demande de la secrétaire d'avoir plus de responsabilité dans la gestion des fonds – ce que Monsieur M. nie d'ailleurs.

Gérant alcoolique, irresponsable et profiteur ou combattant solitaire pour maintenir une structure vétuste ? Les versions dépeintes par certains témoignages d'employées et celle que présente Monsieur M. au juge ne se ressemblent guère. « Un règlement de compte » de la part de certains salariés selon l'ancien gérant, et pas plus que des « rumeurs » selon la défense.

 

Qu'en est-il ?

 

Reste à régler la question : où est allé tout cet argent ? La somme, estime le procureur, serait probablement « bien plus modeste que la somme de 270.271 € ».

L'enquête n'a montré aujourd'hui aucune traces de mouvements d'argent. Ni sur le compte de Monsieur M., ni sur les comptes des membres de la famille un seul centime de cette somme n'a été trouvé. Le prévenu a été relaxé.

Delphine Nölke

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