jeudi 22 août 2019

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Un jeune homme de 23 ans, C., est poursuivi pour violences volontaires sur un nourrisson de 9 mois.

 La prévention

Lucie est née en mai 2013. Moins d'un an plus tard, elle est conduite à l’hôpital à 1 heure 30 du matin, où les médecins constatent une fracture « en bois vert » au bras gauche.
Un examen médical plus poussé montrera une fracture plus ancienne au radius droit, ainsi que dix hématomes bleu-nuit au niveau de la face, pariétaux, temporaux.
Lucie est un bébé que son père n'a pas reconnu. Sa maman est très jeune. C., en les rencontrant, investira affectivement la mère et l'enfant, du moins on le comprend comme ça, puisqu'il donnera son nom à l'enfant. Pour autant il est poursuivi pour violences volontaires : on le soupçonne d'avoir cassé le bras de l'enfant volontairement, et on s'interroge sur les traces de blessures antérieures. Autant le dire tout de suite : on n'aura pas de réponses sur ce point.

 Le prévenu 

C., déjà condamné à deux mois avec sursis pour conduite sans permis quelques années auparavant, est donc prévenu de « violence sur mineurs de moins de 15 ans ayant entrainé une ITT de 32 jours, par personne ayant autorité sur la victime, commis courant janvier 2014 et jusqu’au 11 avril 2014 ».
C. a une histoire, et elle n'est pas apaisée. Son père, alcoolique, et violent, est mort à 42 ans. Le garçon a néanmoins conservé des relations avec sa mère.
La mère de l’enfant s’est portée partie civile, ainsi que ses parents chez qui elle avait dîné la veille de l’incident avec C.. Ils sont représentés par Maitre Quoizola.
Elle s’étonne à la barre du silence de deux mois de son ex-compagnon. Elle fait des démarches pour que sa fille change à nouveau d'état civil.
Les grands parents eux, expriment leur mécontentement de cette affaire qui dure depuis maintenant 2 ans.

Déroulement 

C. maintient avoir juste joué à la balançoire avec sa fille vers 1 heure du matin, avoir entendu un craquement, et pensé qu’elle s’était tiré un muscle. Il a recouché sa fille qui ne pleurait pas, mais « ne rigolait plus ».
Quelques minutes après, Lucie commence à crier, réveille sa mère et l’enfant est conduite à l’hôpital.
Lors de son audition en juin , C. déclare : « J’ai caché les choses à tout le monde, j’avais peur de la réaction de mes beaux parents et de ma concubine. J'ai pensé que ça allait passer, j'avais peur de me faire engueuler. »

Le frère de la maman a témoigné en sa faveur affirmant que venu jouer à la console quelques semaines auparavant avec  C., Lucie était tombée et s’était cogné la tête.
Malgré cela le jeune homme à la barre est peu disert, en fait il ne parle pas, il répond par monosyllabes aux questions du juge. L'expert le dit plein de regrets et de culpabilité.
Bien sûr, l'hôpital avait signalé la suspicion de maltraitance et l'enfant avait été placée, par mesure de sauvegarde. Elle va retourner chez sa mère. Le jeune père adoptif, peut-être meurtri, s'était montré agressif à l'annonce du placement.

Le Parquet 

La Procureur pense que le mouvement qui a fracturé le bras de la petite était "un geste d’agacement" et non un geste de jeu, que les rapports médicaux confirment que ce n’est pas une maladie qui est la cause des hématomes, même si les parents affirment que l’enfant marque facilement (sic). La petite n'a plus eu d'hématomes depuis son placement. 
Elle poursuit en s’étonnant que l'on réveille un enfant à une heure du matin pour "rigoler avec", et qu’on le recouche alors qu'on vient de lui faire mal, le tout sans rien dire. "Un enfant n’est pas un jouet."

La défense

Maître Dufour plaidera l'accident, et donc la relaxe. On fait passer son client pour le monstre qu'il n'est pas. C. souffre terriblement de ne pas voir sa fille, dix témoignages concordants le décrivent comme non violent. Son enfance fut difficile, inutile d'aller trop vite pour y voir l'indice d'une répétition inéluctable.

Verdict 

Reconnu coupable, C. est condamné à  6 mois de prison ferme pour violences volontaires, car, qu'il l'ait sciemment fait ou pas - car somme toute cela n'a pas été établi -, il n'en reste pas moins qu'un enfant n'est pas un jouet.

 

B. et B. LARRAN