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Le vol avait été perpétré le 26 juin dernier - Actualisé avec le récit de la comparution immédiate

Nous l'avions écrit... "Ça pèse 50 batteries... la voiture est basse et ça se voit. Ça se voit et les policiers l'ont vu, la nuit dernière. Quatre personnes se trouvaient à l'intérieur du véhicule qu'ils ont contrôlé. Ils ont trouvé toutes sortes d'outils et 50 batteries !
Par ailleurs, un vol avait été commis à Dompierre les Ormes... dans un garage.
Les quatre individus ont été placés en garde à vue. L'un d'eux est déjà défavorablement connu des services de police."

 

Actualisé - Le récit de la comparution immédiate du 29 juin

Le rappel des faits : Le 26 juin vers 4 heures du matin, les policiers de la BAC remarquent une Ford, rue de Lyon, dont l’arrière touche le sol. Contrôle. Ils demandent au conducteur d’ouvrir le coffre : 13 batteries dont certaines sont étiquetées du nom d’un garage de Dompierre-les-Ormes cambriolé avec effraction, 2 gros seaux d’outils, un coffret de pinces, un coffret de clés, un coffret de tournevis… ils procèdent alors à une fouille du véhicule et comptent 8 autres batteries au pied de la banquette arrière, ainsi que des gants noirs, un bonnet, des tee-shirts noirs noués pour se masquer le visage. Ils interpellent les 4 hommes et les placent en garde à vue. L’un d’entre eux est traduit en comparution immédiate, les 3 autres repartiront, convoqués devant le Tribunal en septembre. Ce qui les différencie : leurs casiers. Trois d’entre eux n’en ont pas (encore), le quatrième a fait 3 de prison, de 2010 à 2013 pour vols et recel aggravés. Il avait une amende de 30 000 € dont il ne s’est jamais acquitté. Il est en état de récidive.

 

Romica I. est roumain, il a 41 ans. C’est un homme au corps sec et musclé, qui prétend ne pas parler français malgré ses 3 années d’incarcération, et qui, c’est la loi, bénéficie d’une interprète. Il vit à Villeurbanne, dit gagner de l’argent en réparant des voitures et en les revendant, au noir. Sa femme est enceinte, et devrait accoucher en août. Il a fait plusieurs tentatives de suicide en prison, car « incarcéré injustement ».

Le garagiste de Dompierre a reconnu son matériel, et a récupéré ce qui lui appartient. Sur le cambriolage qui lui est reproché, voici ce que déclare Romica I. :

« On est passés à côté de son garage, il faisait nuit, j’étais fatigué. Mes amis m’ont demandé qu’on s’arrête à une déchetterie. Ils sont descendus de voiture et ont chargé des batteries, des batteries usées. Ils ont aussi chargé des outils mais je ne sais même pas à quoi ils servent. »

Pas d’aveu.

La Procureur a apporté avec elle un carton contenant quelques scellés, et les sort un par un par, en les décrivant : « Nous avons 5 paires de gants noirs, des rouleaux de scotch, une lampe frontale, soit la panoplie du parfait cambrioleur. Ce ne sont pas des voleurs à l’étalage. Le véhicule utilisé, et dont Monsieur I. n’est pas le propriétaire, avait déjà fait l’objet d’une immobilisation judiciaire à Saint-Etienne. » Elle parle d’association de malfaiteurs et requiert 1 an de prison avec maintien en détention.

Maître Gemma ne conteste pas la culpabilité de son client mais s’élève sur l’injustice qui est faite de le juger seul : comment distinguer et graduer les responsabilités des uns et des autres ? De surcroît, les 3 autres, partis en indiquant « Lyon » en guise d’adresse, ne se présenteront pas à l’audience de septembre, elle parie là-dessus.

Romica I. a la parole en dernier, et celle-ci est un aveu par défaut : « Je n’ai pas cassé la vitre du garage. »

Verdict : un an de prison ferme, maintien en détention.

F. Saint-Arroman