samedi 20 juillet 2019
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La fin de la Fonction publique ?

 

En affirmant début février souhaiter faire voter avant l’été 2019 une réforme de la fonction publique, une remise à plat du statut de fonctionnaire, une augmentation du nombre de contractuels dans les services publics, une réduction drastique, encore, du nombre de postes, le gouvernement ne remet pas simplement en question le statut de celles et ceux qu’il emploie, il remet aussi directement en question le bien-fondé des services publics.

 

Alors que l’État est le pire employeur qui existe, se permettant des pratiques que n’importe quel juge des prud’hommes condamnerait sans réserve et lourdement s’il s’agissait d’une entreprise privée, le gouvernement, par la voix de son Ministre de l’action et des comptes publics, proposait en octobre déjà des pistes de réforme totalement illégales comme remplacer les fonctionnaires par des contrats de 5 ou 10 ans, par exemple.

Alors que les policiers attendent toujours le paiement de leurs heures supplémentaires, et que les enseignants réclament leur traitement en temps et en heure, le gouvernement continue son travail de sape à l’égard de la fonction publique, continuant ainsi de contribuer à réduire la qualité des services publics. Le seul but étant la suppression du statut lui-même et d’un nombre conséquent d’agents.

 

Pourtant, aujourd’hui, il y a besoin, dans l’éducation, de moyens humains supplémentaires pour les élèves en difficultés, il y a besoin de professionnels formés dans les établissements publics, il y a besoin de reconstituer le corps des médecins scolaires, largement insuffisants aujourd’hui pour permettre le lien entre les diagnostics extérieurs et la prise en charge scolaire des particularités des élèves, il y a besoin de renforcer le corps des infirmiers et infirmières scolaires pour des missions essentielles et une permanence plus importante auprès d’adolescents nombreux dans les établissements, il y a besoin de reconstituer le corps d’assistants et assistantes sociales, de conseillers et conseillères d’orientation psychologues présents dans leur CIO (fermés à la prochaine rentrée), pour accompagner les enfants sur des problématiques qui ne sont pas du ressort des enseignants.

Ce ne sont pas des algorithmes qui peuvent pallier ces manques. Développer également la formation des enseignants, aujourd’hui réduite à peau de chagrin, avec alors la nécessité d’un corps de formateurs et la nécessité de temps de formation.

Le remplacement de fonctionnaires par des contractuels est au contraire une manière de considérer la formation comme inutile, quelles que soient les missions. Alors que le nombre d’élèves continue d’augmenter, avec des effectifs déjà lourds dans les classes, alors que le nombre d’enseignants est déjà bien insuffisant au regard du nombre d’enfants, du nombre d’étudiants, réduire les effectifs dans l’Éducation nationale, dans l’Enseignement supérieur, à tous les niveaux, est une catastrophe pour l’avenir de notre société.

 

Alors que l’hôpital souffre, qu’un recrutement massif est nécessaire, une réduction des effectifs et une remise en question du statut ne sont qu’un déni de l’importance de ces personnels, comme si partout les fonctionnaires n’étaient qu’une variable d’ajustement pour donner l’espoir abstrait d’une croissance économique en berne et d’un pouvoir d’achat qu’on peine à augmenter par de menus bricolages inefficaces. C’est le fonctionnement d’une justice qui devrait être garante des libertés de tous, que le gouvernement continue de remettre en question, avec des moyens humains largement insuffisants, avec une justice à plusieurs vitesses, au détriment des citoyens.

Alors qu’on manque partout de personnels administratifs, de personnels techniques, d’agents d’entretien, déjà actuellement en sous-effectifs, ce serait une nouvelle saignée dans le service public que de subir cette nouvelle réforme. Une baisse des effectifs ne peut que venir dégrader le service public,voire l'amener très vite à totalement dysfonctionner sans que le développement de quelques services numériques soit un argument, tant le besoin humain reste essentiel, partout. Une réforme des statuts, si elle semble pouvoir contenter ceux qui veulent casser la fonction publique et continuer à nourrir des préjugés , ne serait finalement qu’une façon de mépriser un ensemble de professionnels qui ont une idée haute de leur mission, et qui déjà depuis plusieurs années voient leur grille salariale gelée, sans aucun espoir de carrière financièrement attrayante .

 

Partout le handicap doit être mieux pris en compte par un personnel spécialisé, partout les citoyens ont besoin d’une présence publique humaine pour les accompagner dans des démarches administratives complexes qu’un tutoriel en vidéo ne peut seul satisfaire, beaucoup de nos aïeux ont besoin d’un personnel public au quotidien pour les aider. Le gouvernement choisit avec un cynisme inouï d’appliquer des mesures politiques et technocratiques désastreuses, à partir desquelles il sera difficile de rebondir.

Tout citoyen doit pouvoir disposer de services publics de qualité, quand certains d’entre nous, malgré eux, dans la maladie, dans la misère, dans la difficulté, ont besoin d’un État fort pour les soutenir envers et contre tout. C’est aujourd’hui la force de l’État qui est amenée à disparaître à travers la suppression progressive de sa fonction publique.

Les fonctionnaires ne sont pas responsables de la dette de l’État, ils ne sont pas responsables des écarts de salaire connus dans le privé entre employés et employeurs, entre salariés et patrons, ils ne sont pas responsables de la baisse des retraites, ils ne sont pas responsables des gabegies du gouvernement pour financer à perte des multinationales non viables.

Correctement formés, les fonctionnaires sont une richesse nationale, ils incarnent la santé, la sécurité, l’éducation, l’administration au quotidien, mais ils ne peuvent assurer leurs missions en sous-effectif et avec un État qui les méprise au point de contribuer à ce que le reste de la population les pointe du doigt comme s’ils étaient eux-mêmes un gâchis d’argent public.

 

C’est dans ce contexte que le Parti de Gauche 71, les groupes d’action de la France Insoumise du Mâconnais et le groupe d'action de la France Insoumise « Chalon l'Insoumise » soutiennent la pérennité de la Fonction publique au cœur de l’État, avec des moyens à la hauteur des besoins, avec un statut réaffirmé des fonctionnaires, au service de toutes et tous.

 

Le Parti de Gauche 71, La France Insoumise su Mâconnais et du Chalonnais