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Nathalie Tisserand est vidéaste. Elle réalise actuellement un film documentaire, baptisé « La ferme d’Émilie », qui traite de la protection et du bien-être des animaux d'élevage.

 

Face aux scandales de l'élevage intensif, du transport et de l'abattage violents des animaux, Nathalie confie s’être sentie « démunie, désemparée ». La lecture de « Lettre ouverte aux animaux et à ceux qui les aiment » du philosophe Frédéric Lenoir finit de la décider à mettre son métier au service de cette cause animale.

Ses recherches l’amènent à découvrir qu’une femme, Émilie Jeannin, éleveuse de charolaises dans l’Auxois (Côte d’Or), est en train de concevoir des camions d’abattage mobile selon le modèle suédois. « Là, ce n’est plus l’animal que l’on transporte mais l’abattoir qui vient à la ferme » explique-t-elle. Cette bourguignonne a fondé la marque « Bœuf Éthique », la première filière longue en France.

Nathalie la contacte aussitôt pour lui proposer de réaliser son portrait et, ainsi, d’expliquer son combat. « Émilie m’a reçu très chaleureusement. C’était le 28 mai, jour où, coïncidence, les députés ont rejeté tous les amendements concrets qui auraient pu faire évoluer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage des animaux sauf… l’expérimentation de l’abattoir mobile qui sera inaugurée par Émilie. »

Ensemble, nous avons souhaité que ce film soit beau, non violent avec, comme fil conducteur « si vous aimez les animaux, sauvez l'élevage vertueux ».

« La Ferme d’Émilie » a sa page Facebook qui suscite déjà beaucoup d'intérêt (près de 2 500 followers). Le film sera diffusé uniquement en ligne après deux avant-premières dans le Mâconnais, suivie d’un débat avec une personnalité publique, et à Paris. Cerise sur le gâteau, Frédéric Lenoir, avec son association « Ensemble pour les animaux » a accepté d’en être le parrain.

Le projet est également soutenu par l’Association en faveur de l’abattage des animaux dans la dignité (Afaad) pour qui « il est temps de porter cette voie du milieu entre l’industrie agro-alimentaire et le véganisme. »

« Même si la France compte 97 % d’omnivores et a une culture gastronomique, de nombreux français souhaitent que la souffrance animale cesse, explique Nathalie. En tant que consommateur, on a un pouvoir incroyable pour faire avancer l’abattage éthique (Ndlr : mobile) mais aussi l’étiquetage pour être mieux informé. »

Le projet de court-métrage a démarré cet été par le tournage qui s’est achevé le 1er novembre. « D’ici mi-février, j’espère avoir terminé le montage, l’étalonnage et le mixage » pense Nathalie Tisserand. « De toute façon, il faut qu’on ait un maximum d’abonnés avant de diffuser sur Internet. Les avant-premières auront ainsi probablement lieu au printemps. Je prévois également un lien en téléchargement gratuit pour les scolaires car beaucoup d’enseignants de collège sont intéressés pour diffuser et débattre du sujet dans leurs classes. »

L’équipe de tournage, composée de Nathalie Tisserand (réalisation et montage) et de trois associés, a décidé de céder ses droits d’auteur. Néanmoins, pour couvrir les frais incompressibles, un financement participatif est lancé depuis septembre dernier.

Elle est déjà notamment soutenue par les deux magasins Satoriz et la brasserie « Le Saint Laurent » (Chalon-sur-Saône) qui mobilisent ses clients pour la cagnotte.

Pour en savoir plus sur le projet et/ou participer à son financement, vous pouvez consulter la page Facebook « La Ferme d’Émilie ».


Éric Bernet

 

 

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