mardi 21 mai 2019

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C'est un homme blessé par une injustice flagrante qui a donné sa démission au début de l'été après avoir passé 5 ans à la tête du club et opéré des montées successives. Il s'est confié à macon-infos. Un témoignage exclusif.

 

A l'origine de cette décision, deux épisodes douloureux tant pour les joueurs que pour les dirigeants et le coach. D'abord un comportement douteux de l'arbitre lors d'un match dans le Chalonnais en novembre 2017, suivi d'une surdité hallucinante de la commission de discipline du district ; puis un second épisode en Mâconnais en mars.

 

En novembre, « le sporting de Mâcon mène 1-0 à Crissey. Le coach fait entrer un joueur à la 80ème minute et... coup de théâtre ! l'arbitre siffle un pénalty imaginaire » raconte Philippe Alvès. « Imaginaire oui, car la soi-disant faute n'est pas commise dans la surface de réparation et le contact entre les joueurs n'est absolument pas flagrant. Forcément, la fin du match se passe mal. Un de nos joueurs avait pris un carton blanc et l'arbitre oublie de le faire revenir sur le terrain. 

Nos joueurs étaient abattus par ce pénalty imaginaire, découragés par un tel arbitrage, qui commençait par l'expulsion injustifiée d'un de nos valeureux, sur faute légère, même pas en position de dernier défenseur, et sur un joueur en position de hors flagrant.

Les Crissotins reviennent à 2-1 et gagnent le match !... »

 

« Après la rencontre, le coach se rapproche de l'arbitre pour lui dire ce qu'il pense, sans aucune agressivité. Il est ancien entraîneur de Bourg-Péronnas, donc pas né de la dernière pluie » ajoute le président Alvès. « Là-dessus, l'arbitre décide de rédiger un rapport. Nous passons en commission de discipline.

J'avais pris soin de recueillir quelques témoignages pour défendre notre cause, notamment celui du président du club de Crissey, tout aussi surpris du pénalty. Notre défense est rejetée en bloc. La commission nous inflige une sanction de 8 points.

Nous étions premiers, nous jouions la montée, et nous nous retrouvons 3èmes. »

 

Plus tard dans la saison, en mars, le Sporting s'en va jouer un derby en Mâconnais. Un joueur est blessé au cours de la rencontre : fracture ouverte. « Le joueur en cause prend 15 matchs de suspension, s'entend être traité de sale nègre, et nous perdons encore 6 points. Au total, l'addition s'élève à 44 matchs de suspension. Résultat, nous somme rétrogradés en seconde division départementale alors que nous jouions la montée en 3ème division régionale.

J'ai pris un avocat, monté un dossier, sollicité le président du District, rien n'y a fait ! »

Une chape de plomb qui l'a conduit a démissionné, de guerre lasse.

Dans la foulée, l'entraîneur a également démissionné.

 

Résultat d'un racisme patent couvert par le corps arbitral du district ? La question est posée compte tenu du profil du Sporting et des deux joueurs en cause, et attend des explications de la part des instances dirigeantes départementales.

Le racisme dans le « football de village » est un fait ordinaire, confirmé par un récent article de Libération sur un club alsacien, et l'interview de Lilian Thuram. La coupe du monde n'y aura sans doute rien changé, même si aujourd'hui tous les Français sont Bleus et pas noirs, blancs ou beurre.

A nous tous de ne pas l'accepter, en suivant l'exemple de Philippe Alvès.

Rodolphe Bretin

 

Photo D.R.