mardi 20 août 2019

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Les photos de la victime juste après les faits ont de quoi faire frémir : hématomes, nez cassé, visage couvert de sang.

 

Le 15 août à Sancé, un Mâconnais alcoolisé avait maltraité sa compagne lui assennant un coup de tête puis un coup de poing dans le visage entrainant une incapacité au travail de la victime de trois jours et une opération du nez.

  

Elle retire sa plainte

 

De quoi en vouloir à son conjoint pourrait-on croire. Mais non, cette victime s'est montrée plutôt indulgente avec son agresseur, en détention provisoire depuis un mois. Après avoir spontanément déposé plainte le lendemain des faits, elle a retiré aujourd'hui sa plainte, en indiquant qu'elle pensait que « ce mois de prison lui a fait du bien. Ce qui lui faut, c'est un traitement. Je voudrais que toutes ces histoires de tribunal cessent ». Interpellée concernant ses hématomes partout sur le corps, elle déclare souffrir d'anémie et, en conséquence, « marquer vite », puis : « J'ai des sujets plus brûlants à traiter ». A la question de savoir si elle projette de se remettre avec son conjoint, elle répond « on n'en est pas là », une réconciliation semble donc possible. 

 

Un effort pour « arrondir les angles »

 

« Madame, vous vous êtes vue sur les photos !? » interroge le juge. « N'y a-t-il que le tribunal qui ait mal pour vous aujourd'hui ? »

En effet, on avait la forte impression que la victime se donnait beaucoup de peine pour arrondir les angles suite à cette soirée qui a mal tourné après un different, chargé de 1,16g d'alcool par litre de sang à ce moment-là.

Voulant quitter l'appartement, il devient violent, même très violent : un coup de tête suivi d'un coup de point dans le visage défigurent la victime qui se réfugie chez la voisine du palier qui, elle, va faire intervenir la police.

 

Arrivée sur les lieux, celle-ci se retrouve face à un homme alcoolisé qui nie les faits avec différentes versions, dont une sera carrément de d'affirmer que sa compagne était déjà arrivée chez lui avec le nez cassé !

A la question des policiers de savoir s'il n'a donc pas remarqué tout le sang, il répond qu'il ne l'avait tout simplement pas regardée… Concernant les hématomes, les deux ont indiqué se donner régulièrement des coups dans les bras, « comme des potes », action que le prévenu a qualifiée de « chamailleries ». La procureure déplore une « violence banalisée » au sein du couple. 

 

Il ne se souvient de rien

 

Si sa compagne donne l'impression de vouloir au plus vite oublier ces événements, le prévenu se montre plein de remords. « J'ai un sacré problème avec l'alcool. Durant ce mois de prison, j'ai pris conscience de beaucoup de choses. J'ai beaucoup avancé avec mon psychiatre qui m'a prescrit un traitement, et aujourd'hui, je vois que trop de choses me paraissaient très normales, à tort ». « Le plus malheureux, c'est que je ne me souviens même pas des faits », a-t-il poursuivi très calmement. 

 

Un discours « auto-centré » ?

 

Mais le juge fait comprendre que des mots conciliants ne lui suffisent pas : « Je vois quelqu'un qui parle bien mais qui n'a peut-être pas pris conscience de la gravité des faits. » La procureure quant à elle voit dans le prévenu un « manipulateur » qui a tiré profit de la « vulnérabilité des la victime » qu'elle trouvait « très peu présente » dans le discours « auto-centré » du prévenu. « Sa vie est déjà assez compliquée, on se doit de poursuivre ces faits » lance-t-elle.

 

Côté défense, le discours change du tout au tout. Là où la procureure dénonce un « manipulateur », l'avocate du prévenu décrit un homme « gentil et sincère », qui a « ses fragilités » suite à une jeunesse compliquée. « Il faut le juger à la lumière de son histoire et de sa prise de conscience » poursuit-elle en pointant du doigt « un flou qui entoure les faits ». « N'oublions pas qu'il a envoyé à sa compagne une lettre d'excuses depuis la prison » réfute-t-elle les reproches de la procureure.

 

Dans son délibéré, le tribunal se montre ferme : Douze mois de prison dont six assortis d'un sursis avec deux ans de mise à l'épreuve et obligations de soins, ainsi que recherche de travail. Il a également révoqué le sursis de trois mois d'une condamnation antérieure, datant de 2016 pour faits similaires, et a ordonné un maintien en détention. Le prévenu retourne donc en prison. Il lui reste huit mois pour réfléchir sur ses actes.

 

Delphine Noelke